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L'importance des recensements de sans-abri pour comprendre l'effet de la pandémie

Une tente. Derrière on voit un immeuble à condos et la tour CN.

Le recensement de la population itinérante à Toronto est prévu en avril 2021.

Photo : Radio-Canada / Myriam Eddahia

Anne-Marie Trickey

Le dénombrement de la population itinérante à Toronto, prévu en avril 2021, montrera si le nombre de sans-abri a augmenté en temps de COVID-19. Plusieurs intervenants insistent sur l’importance de ne pas repousser encore une fois cette année cet exercice malgré les embûches.

Nous devons nous attendre à des chiffres difficiles, mais ce décompte doit se faire en avril cette année.

Une citation de :Keith Hambly, directeur général de l’organisme Fred Victor

Le sondage de la population itinérante à Toronto cette année est indispensable, lance le directeur général de l’organisme Fred Victor, Keith Hambly. Le dernier décompte à Toronto date de 2018.

Fred Victor offre plusieurs services à travers la ville de Toronto, ce qui inclut des refuges et des services en santé mentale, entre autres. C’est un organisme parmi tant d’autres qui participe à la mise en œuvre du recensement des sans-abri.

Selon M. Hambly, le recensement ponctuel prévu en avril aidera à confirmer à plus grande échelle plusieurs informations recueillies sur le terrain en ce qui concerne l'impact de la pandémie sur les itinérants torontois.

Un homme sourit.

Keith Hambly est le directeur général de l'organisme communautaire Fred Victor à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Trickey

Ce que ce dénombrement fera ressortir c’est ceux et celles qui ne sont pas dans les refuges. On voit plusieurs personnes, par exemple, qui considèrent que c’est plus sécuritaire de vivre dans la rue en temps de COVID-19, indique-t-il.

La directrice générale du Toronto Alliance to End Homelessness (TAEH) Kira Heineck croit également que ce dénombrement est essentiel, même en temps de COVID-19.

Le recensement cette année nous aidera à savoir qui est sans-abri depuis un certain temps et qui est possiblement devenu itinérant en raison de la pandémie. Nous avons une occasion de poser des questions pour mieux comprendre l’impact de cette crise sur ceux et celles qui vivent l’itinérance à Toronto, explique-t-elle.

Elle mentionne particulièrement l’augmentation des campements dans la ville.

Ce serait très utile d’en savoir plus sur ceux et celles dans les campements, de savoir pourquoi ils y sont et de quels services ils ont besoin.

Une citation de :Kira Heineck, directrice générale du Toronto Alliance to End Homelessness

Du côté de la Ville de Toronto, la directrice de l’Unité de planification des services et d’intégrité de la ville, Laural Raine, indique par communiqué que le dénombrement d’avril 2021 fournira des informations essentielles pour comprendre l’impact de la pandémie sur l’itinérance à Toronto.

Le dénombrement ponctuel de la population itinérante à Toronto est une exigence du programme fédéral Vers un chez-soi : la stratégie canadienne de lutte contre l’itinérance (Nouvelle fenêtre).

Selon une porte-parole d’Emploi et Développement social Canada, Marie-Ève Sigouin-Campeau, le gouvernement fédéral a investi plus de 400 M$ dans ce programme pour soutenir le secteur de l’itinérance dans l’intervention à la COVID-19.

Les recensements à Montréal et Vancouver

Vue sur Vancouver, où des immeubles se dressent sur la ligne d'horizon.

La Ville de Vancouver recense sa population itinérante annuellement depuis 2010.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Lamic

Tout comme la Ville de Toronto, Montréal et Vancouver profitent également du financement fédéral pour combattre l’itinérance.

La Ville de Montréal compte cependant reporter l’exercice du dénombrement 2021, en raison de la complexité de l’opération, selon la porte-parole Linda Boutin. Pour sa part, Mme Sigouin-Campeau d’Emploi et Développement social Canada explique que des discussions sont en cours pour déterminer la date du prochain dénombrement pour les communautés du Québec.

La Ville de Vancouver, quant à elle, recense sa population itinérante annuellement depuis l’année 2010. Le dernier dénombrement a eu lieu en début mars 2020, avant que la Colombie-Britannique déclare l'état d’urgence le 18 mars suivant.

La porte-parole pour la Ville de Vancouver, Sally Green, affirme que le dénombrement cette année est important puisque la pandémie a augmenté la précarité du logement pour plusieurs personnes. Selon elle, le recensement de 2020 n’a pas adéquatement reflété cette réalité pour la population itinérante de Vancouver.

Vers une nouvelle stratégie de collecte de données

Selon le professeur en psychologie à l’Université d’Ottawa Tim Aubry, le recensement ponctuel d’une population itinérante donne un profil démographique important des sans-abri qui vivent dehors.

Cependant, il indique qu’il y a plusieurs façons différentes de mettre en œuvre un tel décompte. La difficulté avec le recensement, c’est que ça varie de ville en ville. Ce n’est pas facile de trouver tout le monde, et le cycle se fait tous les deux ans, explique le chercheur au Centre de recherches sur les services éducatifs et communautaires.

M. Aubry constate que les meilleures données se trouvent dans les refuges, bien qu’elles ne considèrent pas les gens qui restent dehors. De plus, il signale qu’il y a des changements dans la stratégie de collecte de données de population itinérante.

C’est ce qu’explique Kira Heineck de Toronto Alliance to End Homelessness. Plusieurs communautés à travers le pays, dont Toronto, commencent à mettre en place des listes de personnes itinérantes, avec des identifiants uniques pour chaque personne, dit-elle.

Je crois qu’avec le temps, les recensements de populations itinérantes deviendront obsolètes.

Une citation de :Kira Heineck, directrice générale du Toronto Alliance to End Homelessness

Ces listes permettent la collecte de données en temps réel pour mieux servir les personnes sans domicile fixe, selon Mme Heineck. Les listes de noms nous permettront éventuellement d’avoir l’équivalent des dénombrements ponctuels chaque jour, dit-elle.

C’est d’ailleurs la stratégie que privilégie le gouvernement de l’Ontario pour les années à venir.

Plusieurs communautés utilisent maintenant des techniques de collecte de données en temps réel, comme les listes de noms, qui permettent une meilleure coordination de service pour les itinérants, explique un porte-parole du ministère des Affaires municipales et du Logement par communiqué.

Selon le porte-parole, le ministère introduira une telle stratégie de collecte de données à travers la province en 2021.

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