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Ottawa doit suivre l'exemple de Biden et annuler Trans Mountain, plaide une coalition

Une lettre adressée au premier ministre Justin Trudeau le presse d'annuler l'agrandissement du pipeline Trans Mountain.

Des tuyaux du pipeline Trans Mountain.

Le projet d'expansion du pipeline Trans Mountain sème la controverse au pays.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Le Canada doit suivre l'exemple de Joe Biden, qui a révoqué le permis de construction du pipeline Keystone XL, et annuler le projet d’expansion du pipeline Trans Mountain, plaide une importante coalition pancanadienne.

Il y a un momentum aux États-Unis, croit le porte-parole de Greenpeace Canada, Patrick Bonin. L’administration Biden veut lutter contre les changements climatiques et pourrait être un partenaire du Canada pour se libérer des hydrocarbures.

Forte de près de 100 groupes écologistes, scientifiques, syndicaux et autochtones signataires, une lettre adressée au premier ministre Justin Trudeau fait valoir que le projet entre en conflit avec le plan climat, récemment annoncé par le gouvernement fédéral.

Le projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain, qui a été acheté par Ottawa en 2018, triplerait la quantité de bitume dilué acheminé par le pipeline entre l'Alberta et la côte du Pacifique.

Ce sont les mêmes raisons qui, selon nous, font que Biden rejette le projet Keystone XL, qui justifient un rejet de la part de M. Trudeau pour Trans Mountain, explique M. Bonin.

La coalition compte dans ses rangs l’Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique, la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ), Amnistie internationale Canada francophone et Greenpeace Canada.

Des travailleurs sur le chantier du pipeline Trans Mountain.

Les coûts de construction estimés du projet d’expansion de l’oléoduc sont passés de 7,4 milliards à 12,6 milliards de dollars au cours de la dernière année.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Le Canada doit « passer à la vitesse supérieure »

Jusqu’à présent, c’était facile pour M. Trudeau de se positionner en leader du climat lorsqu’il était comparé à M. Trump, soutient Patrick Bonin. Or, face à une administration plus progressiste sous Joe Biden, M. Trudeau devra s’élever et passer à la vitesse supérieure dans la lutte contre les changements climatiques.

Alors que l’administration Biden s’apprête à rejoindre l’Accord de Paris sur le climat et à dévoiler le plan climatique le plus ambitieux de l’histoire américaine, le Canada sera laissé pour compte s’il ne règle pas la contradiction qu’il ignore systématiquement depuis 2015, écrit la coalition dans sa lettre.

On ne peut résoudre la crise climatique tout en construisant de nouveaux pipelines qui entraîneront l’expansion de la production de pétrole des sables bitumineux, ajoute-t-elle.

« On est tanné de dire qu’il y a urgence d’agir; il faut de la cohérence sur toute la ligne de la part des gouvernements. »

— Une citation de  Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace Canada

Des retombées investies dans les énergies vertes

Le projet d'expansion de Trans Mountain, sous la propriété du Canada, générera des revenus qui contribueront à financer des solutions en matière d'énergie propre, soutient Ian B. Cameron, un porte-parole du Bureau du ministre des Ressources naturelles, Seamus O'Regan.

Le gouvernement s'est engagé à investir chaque dollar gagné dans des projets d'énergie propre, rappelle-t-il. 

« Le gouvernement est convaincu que le projet Trans Mountain est un investissement responsable pour les Canadiens et les Canadiennes. »

— Une citation de  Ian B. Cameron, Bureau du ministre des Ressources naturelles

Malgré l’interruption des travaux actuelle, ce projet a créé plus de 7300 emplois bien rémunérés de la classe moyenne, dont plus de 600 pour les travailleurs autochtones, note M. Cameron dans un courriel.

Vue aérienne du terminal de Burnaby.

La Ville de Burnaby, où est situé un terminal de Trans Mountain, s'oppose depuis longtemps au projet d'agrandissement du pipeline. Il augmenterait de beaucoup la circulation de pétroliers dans les eaux de la municipalité.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Un projet coûteux « qui n'est plus nécessaire »

Alors que le gouvernement fédéral a engagé 12,6 milliards de dollars pour augmenter la capacité de l’oléoduc, la coalition estime que le projet d'expansion ne convient plus à la réalité actuelle.

Le monde est un endroit nettement différent depuis que le pipeline Trans Mountain a été proposé pour la première fois : différent en termes de l'urgence climatique croissante et de l'évolution de la réalité économique, lit-on dans la lettre.

Même constatation dans un récent rapport du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA), pour lequel le projet d’expansion du pipeline Trans Mountain excédera les besoins et n’est donc plus nécessaire.

Certaines compagnies pétrolières ont annoncé que la demande de pétrole avait atteint un sommet et qu'elles sortaient du pétrole pour se tourner vers les énergies renouvelables, observe un professeur du programme de planification des ressources et de l'environnement de l’Université Simon Fraser, Thomas Gunton. 

« Ce que l'Alberta et le gouvernement fédéral devraient faire, c'est investir des fonds dans ce qui créera des emplois durables à long terme, et non dans la construction de pipelines qui ne sont pas nécessaires », dit-il.

Cet argent serait beaucoup mieux investi dans les solutions comme les énergies renouvelables et l’économie verte en émergence, croit également M. Bonin.

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