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Pénurie de pharmaciens au CISSS de l’Outaouais

Un pharmacien tenant un flacon de médicament devant un ordinateur portable.

L’Outaouais se situe ainsi légèrement au-dessus de la moyenne provinciale (archives).

Photo : iStock / megaflopp

Radio-Canada

Les installations du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais doivent composer avec un manque de pharmaciens, selon l’enquête annuelle de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES).

En avril 2020, l’Outaouais enregistrait un taux de pénurie de 22 %. Sur les 49 postes de pharmaciens au CISSS de l’Outaouais, 11 en équivalent temps complet n’étaient pas pourvus à ce moment.

L’année précédente, entre le 1er avril 2019 et le 31 mars 2020, les services de pharmaciens dépanneurs ont été sollicités pendant 451 jours, selon l’APES.

L’utilisation de pharmaciens dépanneurs est synonyme d’une situation critique, a expliqué la pharmacienne et directrice générale de l’APES, Linda Vaillant, en entrevue mardi à l’émission Les matins d’ici.

C’est parce qu’on est sur le bord de la rupture de certains services de base qu’on veut absolument assurer, et c’est un coût supplémentaire aussi pour le réseau de la santé, a-t-elle dit.

Dans l’ensemble du Québec, l’étude révèle qu’un poste de pharmaciens d’établissement sur 5, soit 19 % était non pourvu. L’Outaouais se situe ainsi légèrement au-dessus de la moyenne provinciale.

Par voie de communiqué, l’APES demande que des actions soient prises afin d’éviter de nuire à la couverture de soins pharmaceutiques offerte aux patients hospitalisés, ambulatoires et hébergés en CHSLD.

L’association prévient que cette pénurie pourrait avoir plusieurs conséquences négatives :

  • Augmentation des risques d’incidents et d’accidents médicamenteux;
  • Allongement de la durée moyenne des hospitalisations;
  • Risques d’effets indésirables et d’interactions;
  • Retours à l’urgence et hospitalisations répétées;
  • Diminution de la qualité de vie des patients;
  • Coûts supplémentaires pour le système de santé.

Source : Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec

L’Association précise toutefois qu’il est impossible d’évaluer les effets de la pandémie de COVID-19 en raison de la période de l’étude, mais admet qu’elle a possiblement aggravé la situation.

Le CISSS de l’Outaouais dit de son côté vouloir prendre le temps de mieux comprendre les chiffres et l’étude avant de réagir.

L’APES est un syndicat professionnel incorporé en vertu de la Loi sur les syndicats professionnels […] [et] représente plus de 1700 pharmaciens travaillant principalement dans les centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS), les centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS) et les centres hospitaliers universitaires [CHU] du Québec.

Susciter l’engouement pour la pharmacie d’établissement

Cette pénurie est due à un problème de recrutement dans le milieu universitaire, soutient Linda Vaillant.

On attire suffisamment de jeunes vers les programmes de premier cycle en pharmacie, mais pour pratiquer en établissement de santé, il faut intéresser ces jeunes-là à continuer au programme de maîtrise qui est un [ou] deux ans supplémentaires et, ensuite, ça les forme pour travailler dans le réseau de la santé, a-t-elle indiqué.

Plus de 80 % des pharmaciens pratiquent dans des pharmacies de quartier.

Alors qu’une centaine de candidats à la maîtrise dans le domaine pharmaceutique par année serait nécessaire pour répondre aux besoins en établissement, on tourne plutôt autour de 65-70 depuis les 10 dernières années, a-t-elle poursuivi.

Mme Vaillant fait état d’un problème de concurrence sur le plan des salaires entre les pharmaciens de quartier et d’établissement.

Pour combler l’écart, des mesures temporaires ont été mises en place depuis plusieurs années. Ça peut représenter jusqu’à 50 % du salaire des pharmaciens, les mesures temporaires, donc c’est quand même significatif, a souligné la pharmacienne.

Linda Vaillant, directrice générale de l'Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES).

Linda Vaillant, directrice générale de l'APES (archives)

Photo : Radio-Canada / Lydianne Ouimet

Quand on commence à prendre un nouvel emploi ou qu’on veut se faire former pour aller travailler dans un secteur d’activité, on veut savoir combien on va gagner. On ne veut pas savoir combien on va gagner pendant 3 ans.

Linda Vaillant, pharmacienne et directrice générale de l’APES

Ce que l’APES souhaite, c’est que ces mesures deviennent permanentes, alors que certaines remontent à plus de 10 ans.

L'entente de travail entre les pharmaciens d’établissement et le gouvernement est venue à échéance en mars 2020.

L’APES estime qu’il s’agit d’une occasion pour susciter l’engouement de la relève à la pratique en établissement et de mettre fin à l’incertitude liée aux mesures temporaires.

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