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L'UE va contrôler les exportations de vaccins contre la COVID-19 hors de l'Europe

Choqué par les retards de livraison annoncés coup sur coup par Pfizer et AstraZeneca, l'exécutif européen mettra sur pied un mécanisme de transparence sur les exportations de vaccins.

Une infirmière vaccine une femme âgée, sous le regard de son mari.

Un couple de Britanniques reçoit le vaccin d'AstraZeneca, lundi, à Mansfield. Le Royaume-Uni a approuvé l'utilisation de ce vaccin à la fin du mois de décembre. L'agence réglementaire de l'Union européenne pourrait l'approuver vendredi.

Photo : Reuters / Joe Giddens/POOL

Agence France-Presse

Les fabricants de vaccins anti-COVID-19, bénéficiaires d'investissements massifs de l'UE, « doivent honorer leurs obligations », a averti mardi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, promettant un mécanisme destiné à contrôler les acheminements de doses hors de l'Europe.

L'Europe a investi des milliards pour développer les premiers vaccins et créer un véritable bien commun mondial. Maintenant, les entreprises doivent tenir leurs promesses, a-t-elle affirmé dans une intervention en vidéo au Forum économique mondial de Davos.

Déjà à cran après des difficultés d'acheminement du vaccin Pfizer-BioNTech, le premier déployé dans l'UE, Bruxelles est sous pression après l'annonce de retards dans la livraison de celui d'AstraZeneca, en raison d'une baisse de rendement sur un site de fabrication européen du laboratoire britannique.

Alors que le feu vert du régulateur européen pour ce vaccin est attendu vendredi, Mme von der Leyen a téléphoné lundi au patron d'AstraZeneca pour lui rappeler que l'UE avait investi d'importants montants (...) précisément pour s'assurer que la production monte en puissance avant sa commercialisation.

C'est pourquoi nous allons mettre sur pied un mécanisme de transparence sur les exportations de vaccins, a rappelé la cheffe de l'exécutif européen mardi dans son discours.

Ce mécanisme, dont l'élaboration doit se concrétiser cette semaine, exigerait des firmes pharmaceutiques qu'elles notifient les autorités européennes de leurs exportations hors de l'UE des doses qui y sont produites.

Bruxelles y voit une contrepartie après avoir pris sa part du risque pour être sûre que ces capacités soient là (...) C'est un investissement considérable, c'est donc normal et très raisonnable que la Commission puisse surveiller ce qui est fait avec les doses fabriquées en utilisant ces capacités de production financées par l'UE, a insisté un porte-parole.

« Les vaccins quittant l'UE ont besoin d'une licence afin que nous sachions au moins ce qui est produit et ce qui quitte l'Europe. Et s'ils quittent l'Europe, s'assurer qu'il y ait une distribution équitable. »

— Une citation de  Jens Spahn, ministre allemand de la Santé

Y a-t-il un lien avec les retards de livraison qu'annonce AstraZeneca? Le laboratoire, déjà convoqué lundi à deux réunions avec des représentants des États membres et de la Commission, devra s'expliquer à nouveau mercredi devant le même comité.

Nous cherchons à comprendre le problème, a observé un porte-parole de l'exécutif européen. Nous voyons que des doses sont livrées ailleurs. Or, nous avons signé un accord (avec AstraZeneca) dès août (2020), les États membres ont placé leurs commandes en octobre. Nous sommes maintenant fin janvier, ces doses devraient être prêtes à être livrées.

L'UE se défend toutefois de tout nationalisme vaccinal, rappelant contribuer à promouvoir le déploiement de la vaccination à l'échelle du globe, via le programme international Covax destiné à approvisionner les pays à faibles revenus.

Aucune entreprise privée ni autorité publique ne peut arriver seule au développement aussi rapide d'un vaccin, a également observé Mme von der Leyen, notant que le partenariat public-privé devait constituer un modèle pour les futurs risques majeurs.

L'UE a ainsi proposé en novembre de créer une nouvelle autorité, équivalant à l'Autorité pour la recherche et développement avancés dans le biomédical (BARDA) aux États-Unis, laquelle dispose de moyens colossaux pour collaborer avec les laboratoires.

Dans le cadre de cette agence, baptisée Health Emergency Response Authority (HERA), qui pourrait être mise sur pied en 2023, un programme de préparation de biodéfense public-privé associant industrie pharmaceutique et organismes de recherche sera établi pour se préparer aux prochaines crises sanitaires, a précisé mardi Ursula von der Leyen.

Doté d'un financement à long terme, ce programme permanent sera proactif, car nous ne pouvons attendre la prochaine pandémie pour commencer à nous préparer, a ajouté la dirigeante allemande. Il sera entièrement dédié à la découverte de pathogènes connus et émergents, ainsi qu'au développement et à la production de vaccins à l'échelle suffisante pour y faire face.

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