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GRC : une présumée violation du secret par un haut responsable jugée « grave »

Cameron Ortis regardant au loin.

Cameron Jay Ortis a été arrêté en septembre 2019.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

La Presse canadienne

De nouveaux documents démontrent que l'agence canadienne de cyberespionnage était tellement alarmée par les retombées possibles d'une violation présumée du secret par un haut responsable de la GRC qu'elle a révisé l'évaluation des dommages d'« élevée » à « grave » dans les jours qui ont suivi son arrestation.

L'ex-directeur général du renseignement de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Cameron Jay Ortis, a été arrêté en septembre 2019 pour avoir prétendument révélé des secrets à un destinataire anonyme et projeté de donner des informations classifiées supplémentaires à une entité étrangère non précisée.

M. Ortis, qui dirigeait le Centre national de coordination du renseignement de la GRC, est accusé d'avoir violé la Loi sur la protection de l'information, d'abus de confiance et d'une infraction de nature informatique.

Le Centre de la sécurité des télécommunications (CST) avait initialement jugé que les dommages potentiels de l'incident étaient élevés étant donné l'accès de M. Ortis à certaines des informations les plus classifiées au Canada.

Une note du CST, obtenue récemment par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, indique que l'évaluation avait été finalement classée comme grave lorsque l'agence a mené une analyse plus approfondie.

La note du 24 septembre 2019 indique que M. Ortis a eu accès à des informations désignées comme étant très secrètes. Il a également été autorisé à utiliser le Réseau canadien Très secret, qui contient une gamme d'informations, dont celles classées très secrètes.

Préjudice exceptionnellement grave à l'intérêt national

Si des informations désignées très secrètes étaient divulguées de façon non autorisée, on pourrait raisonnablement s'attendre à ce que [cela] cause un préjudice exceptionnellement grave à l'intérêt national, indique le document.

Une grande partie de l'information, si elle est divulguée de manière incorrecte, pourrait fournir un aperçu important des activités de renseignement du Canada et de celles de ses plus proches alliés, ajoute-t-on.

Compte tenu de la formation requise pour accéder et traiter correctement les informations [très secrètes], M. Ortis aurait été pleinement conscient du préjudice potentiel qu'une divulgation non autorisée apporterait aux capacités de renseignement existantes.

La note indique que la GRC a fourni au CST la documentation pertinente pour l'aider à évaluer les dommages.

Le document indique clairement que le préjudice causé par la divulgation des documents en question irait bien au-delà du simple contenu, exposant des sources et des méthodes classifiées cruciales.

La perte de capacités si chèrement acquises et coûteuses rendrait les organismes canadiens et alliés moins en mesure de produire des renseignements précieux pour les décideurs nationaux, souligne-t-on.

Le porte-parole du CST, Evan Koronewski, a déclaré lundi que l'agence n'était pas en mesure de commenter la note de service, car l'affaire est toujours devant les tribunaux.

Cameron Jay Ortis est détenu dans une prison d'Ottawa et son dossier complexe suit son cours.

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