•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Colchicine : médecins et pharmaciens appelés à la prudence

Des comprimés de colchicine, utilisés dans le traitement de la goutte.

La colchicine réduirait les risques de complications dues à la COVID-19.

Photo : getty images/istockphoto / Fahroni

Le Collège des médecins du Québec (CMQ) et l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) exhortent leurs membres à faire preuve d’« une grande prudence » dans la prescription de la colchicine pour traiter la COVID-19, même si une étude menée par l'Institut de cardiologie de Montréal (ICM) a produit des résultats préliminaires encourageants.

Dans un message analogue transmis lundi à leurs membres respectifs, les deux ordres professionnels rappellent que les conclusions de l'étude en question n'ont pas encore été formellement publiées. Et qu'elles doivent encore être corroborées par le milieu scientifique.

En ce sens, les 23 000 membres du CMQ et les 10 000 membres de l'OPQ sont invités à réfréner leur enthousiasme.

Bien que les résultats préliminaires [...] semblent encourageants pour les patients qui ont pris part à cette étude, nous vous rappelons que ces résultats n’ont pas encore fait l’objet d’une publication scientifique formelle ni d’une analyse détaillée de l’ensemble des données recueillies dans le cadre de l’étude, peut-on lire dans les communications obtenues par Radio-Canada.

Par conséquent, écrivent-ils, le CMQ invite les médecins à faire preuve d’une grande prudence s’ils considèrent prescrire de la colchicine à des patients atteints de la COVID-19, d’ici à ce que des directives claires soient émises par l’INESSS [l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux, NDLR].

Il est important de ne pas délivrer de la colchicine qui serait prescrite uniquement à titre préventif, pour un éventuel diagnostic de COVID-19.

Message adressé aux pharmaciens par leur ordre professionnel

Il n'a pas été possible d’obtenir plus de commentaires de la part du Collège des médecins et de l'Ordre des pharmaciens, lundi soir.

Craintes de pénurie

Selon nos sources, les deux ordres professionnels sont préoccupés par la gestion des stocks du médicament. Une pénurie pourrait frapper si le public se rue sur ce produit déjà disponible et peu coûteux, redoutent-ils.

Legault et Arruda enthousiastes

Cet appel à la prudence survient après les réactions enthousiastes qu'a provoquées la présentation vendredi dernier d'une étude menée par l'ICM démontrant que la colchicine – un anti-inflammatoire générique utilisé pour traiter la goutte et les péricardites – est efficace pour prévenir les complications liées à la COVID-19.

Les résultats de l’étude – menée auprès de 4488 patients au Canada, aux États-Unis, en Europe, en Amérique du Sud et en Afrique du Sud – ont démontré que la colchicine a réduit de 21 % le risque de décès ou d’hospitalisations chez les patients atteints de COVID-19 comparativement au placebo, a fait savoir l'Institut.

Chez les 4159 patients dont le diagnostic de COVID-19 a été prouvé par un test nasopharyngé, le médicament a même entraîné des réductions des hospitalisations de 25 %, du besoin de ventilation mécanique de 50 %, et des décès de 44 %, a-t-il précisé.

Cette découverte scientifique majeure fait de la colchicine le premier médicament oral au monde qui pourrait traiter les patients en phase préhospitalière.

Extrait du communiqué de presse de l'ICM

Même le premier ministre du Québec, François Legault, a partagé l'information sur Twitter, vendredi dernier, écrivant qu'il s'agissait selon lui d'une grosse nouvelle.

Depuis, l'engouement s'est propagé. Sur les ondes d'ICI Première, à Québec, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a affirmé lundi matin que l'utilisation de la colchicine pour combattre la COVID-19 pourrait bientôt être étendue partout au Québec.

Quand tu prends ce médicament-là, ça diminue de beaucoup le nombre d’hospitalisations, la nécessité d'aller aux soins intensifs et les complications, a-t-il dit. Ça agit sur les tempêtes pulmonaires. Donc, ça va diminuer l’impact sur le système de soins. C'est une excellente nouvelle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !