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Peu de Canadiens ont développé des anticorps contre le SRAS-CoV-2, selon une étude

Les taux de prévalence d'anticorps les plus élevés sont dans les Prairies.

Un homme fait un don de sang.

L'étude s'est penchée sur la présence d'anticorps chez les donneurs de sang.

Photo : Getty Images / Vesnaandjic

Seulement près de 1,5 % des Canadiens qui ont donné du sang en octobre et en novembre ont été exposés au SRAS-CoV-2, le virus responsable de la COVID-19, selon une nouvelle étude de la Société canadienne du sang et du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19.

Les quelque de 34 000 échantillons qui ont été analysés proviennent de Canadiens de toutes les provinces sauf le Québec, et aucun ne provenaient des territoires. La présence d’anticorps dans les échantillons laisse supposer une infection antérieure à la COVID-19.

Selon la Dre Catherine Hankins, qui est coprésidente du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19, l’étude propose un instantané de la prévalence du virus parmi les donneurs de sang, c’est-à-dire des Canadiens en bonne santé qui habitent des villes et âgés de 17 à 65 ans.

C’est une photo, mais ce n’est pas représentatif de la population en général, note-t-elle en qualifiant cette étude de morceau du casse-tête du nombre réel de Canadiens qui ont été infectés par la COVID-19.

Il est probable que les gens qu’on voit ici dans les chiffres, c’est des personnes qui étaient asymptomatiques, et ça reflète vraiment la transmission communautaire, explique la Dre Hankins.

Il est important de limiter la transmission communautaire, entre autres, puisque celle-ci peut mener à de nouveaux variants du virus, ajoute-t-elle.

La Dre Hankins affirme que le message le plus important de cette étude, c’est que malgré le fait que le taux ait doublé depuis les mois de mai et juin, il reste très très bas. Ça veut dire que la grande, l’ultra-grande majorité des Canadiens sont encore susceptibles d’avoir cette infection.

Ainsi, l’étude conclut que les autorités sanitaires devraient maintenir des restrictions, jusqu’à ce que la vaccination permette d’atteindre l’immunité collective.

Séroprévalence plus élevée chez les jeunes et les personnes racisées

Les donneurs âgés de 17 à 24 ans ont présenté les taux de séroprévalence les plus hauts, soit de 2,97 %, en novembre, et connu l’augmentation la plus importante depuis la première vague, comparativement aux autres groupes d’âge.

Ce sont des gens qui étaient probablement asymptomatiques, qui n’ont pas su qu’ils avaient le virus. C’est très important qu’ils se protègent et qu’ils protègent les autres autour d’eux, affirme la Dre Hankins.

L’étude montre aussi que les Canadiens racisés continuent d’afficher des taux de séroprévalence plus élevés (2,5 %) que ceux de donneurs s’étant déclarés blancs (1,35 %).

Selon la Dre Hankins, cela s’explique par le fait que les personnes racisées sont plus susceptibles d’être exposées au virus. Elle note qu’elles sont surreprésentées dans des secteurs d’emploi où se propage le virus, tels que les foyers de soins de longue durée, les hôpitaux et des emplois où elles doivent interagir directement avec le public.

Explosion de la séroprévalence dans les Prairies

On a vu, lors de la première vague, que les Prairies n’étaient pas beaucoup touchées, les taux étaient en dessous de la moyenne canadienne, rappelle la Dre Hankins.

Mais la province qui a connu la hausse la plus importante du taux de séroprévalence, donc où les donneurs ont développé le plus d'anticorps, est le Manitoba. De mai à juillet, seul 0,6 % des donneurs de sang avaient des anticorps contre le virus.

En octobre, ce chiffre a atteint 2,96 %, et en novembre 8,56 %. Le deuxième taux le plus élevé était de 4,17 %, en Saskatchewan. L’Alberta est classée troisième avec 1,79 %.

La Dre Hankins soupçonne que l’étude a permis de capturer l’étendue de la transmission communautaire au Manitoba, lorsque cette province était aux prises avec le nombre de cas actifs le plus élevé du pays.

Le Manitoba avait [le nombre de cas] le plus élevé par habitant, alors je pense qu’on a capté un peu ce qui se passait au mois de novembre chez les Manitobains, fait-elle valoir.

L’étude montre que la séroprévalence en Colombie-Britannique et en Alberta a presque triplé depuis la première vague.

Pas d’augmentation en Ontario

À l’inverse, aucune augmentation notable de la séroprévalence chez les donneurs de sang n’a été constatée en Ontario et dans les Maritimes. Cette conclusion surprend Catherine Hankins, étant donné que le nombre de cas était relativement élevé en Ontario.

Ce qui m’étonne un petit peu c’est l’Ontario, parce qu’en fin de compte ça n’a pas bougé, ni la province, ni Toronto et Ottawa. On a dû se pencher là-dessus pour essayer de comprendre, affirme-t-elle.

La Dre Hankins soupçonne des éclosions très localisées au sein des populations moins représentées parmi les donneurs de sang. Elle donne l’exemple des foyers des soins ou de certains quartiers défavorisés.

Par ailleurs, avec le début de la vaccination contre la COVID-19 au Canada, la Société canadienne du sang se penche sur l’utilisation d’un test qui permet d’analyser des échantillons de manière à distinguer une immunité acquise par infection d’une immunité acquise par un vaccin.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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