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Un comité de réflexion sur le polyamour au Canada

Trois doigts illustrent le polyamour.

L’Association canadienne de reconnaissance du polyamour souhaite voir un comité de réflexion se former au sein de la Société canadienne de psychologie.

Photo : iStock

L’Association canadienne de reconnaissance du polyamour souhaite former un comité de réflexion sur la question des relations non monogames consensuelles à l’instar du comité permanent récemment instauré aux États-Unis.

L’une des raisons derrière ce désir est de parfaire les connaissances et l’éducation, autant de la population que des thérapeutes, entourant le polyamour et les autres formes de relations consensuelles multiples, illustre la co-coordinatrice de l’Association canadienne de reconnaissance du polyamour, Mel Cassidy.

Certains thérapeutes ont obtenu leur formation il y a des années et croient encore que le polyamour doit être considéré comme une pathologie.

Mel Cassidy, Association canadienne de reconnaissance du polyamour

Elle ajoute qu’il est crucial pour les personnes polyamoureuses d’avoir accès à plus de thérapeutes, de psychologues ou de conseillers qui les comprennent.

Il n’est en effet pas rare, selon la sexologue Erin Davidson qui pratique à Vancouver, de voir des personnes se présenter dans sa clinique après s’être senties jugées en raison de leurs relations polyamoureuses par de précédents thérapeutes.

La mise en place d'un comité de réflexion canadien apporterait certainement du positif, croit Erin Davidson qui est également l’autrice d’un livre sur les relations non monogames.

Il pourrait certainement y avoir plus de reconnaissance puisqu’il y a encore beaucoup de méconnaissance sur le sujet, dit-elle en expliquant que le polyamour peut prendre plusieurs formes différentes et n’est pas nécessairement relié purement à la sexualité.

L’Association canadienne de reconnaissance du polyamour souhaite voir ce comité de réflexion se former au sein de la Société canadienne de psychologie.

Or, lorsque contactée par Radio-Canada, la Société n’avait pas encore été mise au fait de ce projet et n’a donc pu commenter la formation d’un tel comité.

La complexité légale du polyamour

Au Canada, la polygamie, c’est-à-dire l’union d’une personne avec plus d’une autre personne, est toujours illégale. Le polyamour est toutefois est jugé légitime.

Mais la ligne entre les deux peut être mince au niveau judiciaire, explique le professeur adjoint à l’école de droit de l’Université de la Colombie-Britannique, Erez Aloni.

Pour autant que la justice souhaite distinguer les deux, la seule distinction est basée sur la tenue d’un événement sanctionné.

Erez Aloni, professeur adjoint en droit

Un groupe qui décide de souligner leurs unions communes avec une cérémonie pourrait ainsi se retrouver à contrevenir à la loi, selon lui.

Il ne s’agit pas de la seule difficulté juridique puisque le droit familial qui régit notamment la garde partagée, la pension alimentaire et la division des biens demeure basé sur l’idée d’une famille nucléaire.

Je ne dis pas que le polyamour est impossible, loin de là, mais le système est construit pour des couples et cela nécessitera certainement du travail et de la réflexion pour le changer, indique Erez Aloni en soulignant que ces lois diffèrent également d’une province à l’autre.

Par exemple, la Colombie-Britannique permet à un enfant d'avoir plus de deux parents ou tuteurs légaux, ce qui peut faciliter la vie de certaines familles non monogames qui souhaitent partager la garde de leurs enfants.

Pour la co-coordinatrice de l’Association canadienne de reconnaissance du polyamour, Mel Cassidy, la création d’un comité de réflexion aiderait surtout à réduire le stigma auquel peut faire face une personne dans une relation polyamoureuse.

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