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Intimidation à l'école : « Il aura fallu la mort de Devan »

Des personnes se rassemblent avec une pancarte où il est écrit en anglais « Stop Bullying Spread ».

Le rapport émet une dizaine de recommandations et d'actions immédiates à mettre en œuvre pour lutter contre l'intimidation en milieu scolaire (archives).

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Thalia D’Aragon-Giguère

Plus d’un an après le décès tragique de Devan Bracci-Selvey, à l’extérieur de son école secondaire, la douleur demeure vive dans la communauté scolaire de Hamilton. Sa mort a toutefois laissé une trace indélébile. Elle a levé le voile sur le fardeau de l’intimidation.

Ils ont fait un excellent travail, indique Shari-Ann Bracci-Selvey, mère de Devan, au sujet du rapport publié lundi par le groupe de travail, formé après le décès de son fils. Ils ont mis tout leur cœur et toute leur âme, mais surtout ils ont écouté ce que les gens avaient à dire.

Devan Bracci-Selvey était âgé de 14 ans lorsqu’il a été poignardé à mort derrière l’École secondaire Sir Winston Churchill, à Hamilton, en octobre 2019.

Shari-Ann est triste et tient une bougie à la mémoire de son fils.

Shari-Ann Bracci-Selvey (archives).

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Mme Bracci-Selvey dit avoir été impressionnée par tous les témoignages déchirants d'élèves interrogés dans le cadre de la commission d'examen.

L’intimidation existe depuis des années, mentionne-t-elle. Je ne comprends pas pourquoi il aura fallu la mort de Devan pour que la situation soit mise en lumière.

Je suis heureuse que le nom de Devan soit rattaché au rapport, parce que grâce à lui d'autres personnes auront une voix et se sentiront moins seules.

Shari-Ann Bracci-Selvey

Le rapport révèle que l’intimidation est un enjeu majeur et systémique dans les écoles du Conseil scolaire du district Hamilton-Wentworth.

60 % des élèves ont déclaré avoir été victimes d'intimidation [...] et 20 % d’entre eux l’ont été de manière fréquente avant la COVID-19, a affirmé la Dre Jean Clinton, membre du comité, en conférence de presse lundi.

Plusieurs jeunes ont confié avoir été harcelés en raison de leur origine ethnique, de leur sexualité, de leur identité de genre, de leur religion, de leur statut de nouvel arrivant ou encore de leur identité autochtone.

Les conclusions démontrent toutefois que les nombreux appels à l'aide des élèves restent souvent sans réponse et qu'une culture de la peur les empêche de s'exprimer.

Par ailleurs, le rapport note que le personnel scolaire se dit parfois impuissant et ignore comment répondre aux actes de violence.

Il y a un manque de clarté, de transparence et de responsabilité au sujet des rôles de chacun lorsqu'il y a constat d'intimidation, a signalé la Dre Clinton.

Des actions immédiates contre l'intimidation

En décembre dernier, la commission d'examen a formulé ses recommandations au Conseil scolaire du district Hamilton-Wentworth. Elles visent des actions conjointes à différents niveaux, incluant les élèves, les parents, les écoles, le conseil scolaire, la communauté et le gouvernement.

Certaines recommandations prendront du temps à instaurer, a prévenu Brenda Flaherty, membre du groupe d'experts. Toutefois, une partie du travail peut commencer dès maintenant.

Le comité a défini 10 actions à mettre en œuvre immédiatement au sein du conseil scolaire afin de soutenir une approche systémique pour lutter contre l’intimidation.

Les actions immédiates réclamées par le groupe d'experts sont les suivantes :

  1. Partager publiquement les conclusions et les recommandations du rapport.
  2. Créer un poste dédié à la mise en œuvre des recommandations et à la lutte contre l’intimidation au sein du conseil scolaire public de Hamilton.
  3. Coordonner les efforts avec d’autres initiatives visant le bien-être des élèves dans les écoles.
  4. Prendre un engagement officiel en élaborant une déclaration qui fixe des échéances et des résultats clairs et mesurables.
  5. Assurer un soutien adapté aux élèves victimes d’intimidation en milieu scolaire.
  6. Augmenter la supervision en dehors des salles de classe.
  7. Collecter et diffuser des données sur l’intimidation dans les écoles.
  8. Élaborer et distribuer du matériel de sensibilisation à l’intimidation.
  9. Former un comité directeur de haut niveau avec une large représentativité, incluant des élèves, des parents et des enseignants, pour veiller à la mise en œuvre des recommandations.
  10. Former un comité indépendant, piloté par la communauté, pour conseiller sur la mise en œuvre des recommandations au sein du conseil scolaire.

L'administration du conseil scolaire public de Hamilton discutera des conclusions du rapport lors d’une réunion prévue lundi soir.

Advenant une approbation de la part du conseil d’administration, un plan de mise en œuvre des recommandations devrait être présenté ce printemps.

Entre-temps, Shari-Ann Bracci-Selvey espère que le rapport dédié en mémoire de son fils trouvera écho au-delà de l’Ontario.

C’est un travail qui devait être fait, dit-elle. Malheureusement, il aura fallu une vie pour en arriver là.

Avec des informations de Bobby Hristova de CBC News

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