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Des terres agricoles abîmées par des motoneigistes récalcitrants

Des traces de motoneige dans un champ.

Des traces de motoneige dans un champ agricole. (archives)

Photo : Facebook

L'Union des producteurs agricoles de l'Abitibi-Témiscamingue dénonce le comportement de certains motoneigistes qui quittent les sentiers balisés afin de s'aventurer sur des terres agricoles privées. Reconnaissant que seule une minorité de motoneigistes adopte cette pratique délinquante, l'UPA affirme toutefois que cela suffit pour causer d'importants dommages aux cultures.

Selon le président de l’UPA Abitibi-Témiscamingue, Pascal Rheault, les conséquences des actions de quelques motoneigistes viennent ternir la réputation de la majorité.

C’est une minorité. Le monde est quand même assez respectueux. Quand on parle de sentiers fédérés, ces gens-là restent dans les sentiers. C’est le phénomène hors route où il y en a plusieurs qui ne comprennent pas l’impact. C’est une minorité, mais il s’agit qu’il y en ait 100 qui passent à la bonne place, et qu’il y en ait deux qui vont s'énerver sur des balles de foin ou dans des cultures de blé ou de luzerne pour faire tout le tort et entacher les 100 qui sont corrects. C’est ça la problématique, dénonce-t-il.

D’après M. Rheault, certains types de culture sont beaucoup moins résistants au froid et au gel et sont ainsi beaucoup plus touchés par la compaction du sol que cause le passage de motoneiges.

Pour la production, c’est sûr que si tu as un secteur avec du blé d’automne et qu’il y a passé plusieurs motoneiges, tu arrives au printemps et tu n’as plus de culture, c’est juste des mauvaises herbes et il n’y a rien qui repousse. Le blé, la culture est morte en dessous de la neige parce qu’elle a été compactée et qu’elle a gelé. C’est des rendements moindres. C’est dur à quantifier. Est-ce que c’est 5 %, 10 %? C’est dur à évaluer, mais on sait qu’il y a des pertes et c’est nous qui les subissons, soutient M. Rheault.

Ces comportements délinquants sont également fortement dénoncés par les clubs de motoneigistes. Selon l’administrateur régional à la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec, Mario Poirier, d’importants efforts sont mis en place afin de sensibiliser les utilisateurs sur l’importance de demeurer dans les sentiers.

C’est excessivement déplorable ces gestes-là. Malheureusement, on ne peut pas contrôler l’entièreté des motoneigistes. Par contre, on met une emphase majeure, année après année, pour éduquer les membres afin qu’ils demeurent dans les sentiers. Surtout sur les terres privées, sur les terres agricoles, partout, d’ailleurs. On a construit un très beau réseau de 33 000 kilomètres de sentiers, il me semble que c’est la moindre des choses de rester à l’intérieur du réseau, affirme-t-il.

Producteur agricole établi à La Ferme, dans la MRC Abitibi, Denis Trépanier indique que le problème des motoneiges circulant sur ses terres agricoles persiste depuis plusieurs années. Les conséquences incluent des pertes de revenus et des répercussions sur l’alimentation des animaux.

Ce qui est plus facile à voir, c’est certaines plantes qui ont de la difficulté à survivre aux hivers trop froids. Comme la luzerne, qui est une très bonne plante fourragère, mais qui tolère mal la gelée. Quand la motoneige écrase la neige, ça fait descendre la gelée et souvent, ça fait mourir la luzerne. Ça a des répercussions sur l’alimentation des animaux et sur la quantité et la qualité de foin qu’on récolte, souligne-t-il.

D’après M. Trépanier, certaines périodes de l’année sont particulièrement dommageables pour les terres agricoles.

Les champs qui se situent entre la ville d’Amos et le lac Beauchamp, il y a un trafic énorme de motoneiges dans ces champs-là. C’est un problème assez gros parce que, prenons le temps des Fêtes, où on voit une recrudescence de motoneiges. Les gens se promènent plus, il y a plus de gens qui sont en vacances, alors on en voit plus dans les champs. La semaine de relâche, c’est une semaine catastrophique pour ça. C’est effrayant les motoneiges qui peuvent passer dans ces champs-là pendant cette période-là. Certains hivers, il y a assez de traces de motoneige pour faire atterrir un avion DC3, constate Denis Trépanier.

Selon lui, une cohabitation saine est possible, mais la solution passe par l’éducation. Il faut conscientiser les gens. Il y a des gens qui font ça parce qu’ils ne savent pas que ça a des conséquences. Pour eux autres, c’est de la neige il n’y a pas de danger. C’est pour ça qu’il faut éduquer la population en général là-dessus.

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