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Un appel à la prudence avant un assouplissement des mesures sanitaires dans la région

Une pancarte lumineuse indique la présence de la clinique de dépistage.

Il y a dix cas de COVID-19 de plus qui se sont ajoutés au bilan du Saguenay-Lac-Saint-Jean lundi.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que des élus, dont Pascal Bérubé du Parti québécois, demandent un assouplissement des règles sanitaires dans l'Est-du-Québec, la prudence est de mise au Saguenay-Lac-Saint-Jean, prônent plusieurs intervenants interrogés par Radio-Canada.

Ainsi, le député péquiste de Matane-Matapédia a pris la parole lundi matin à l'Assemblée nationale pour demander des assouplissements après le 8 février, notamment un retour au code de couleurs. Là, je demande qu'on puisse réadapter les couleurs selon le risque réel. Ça s'applique au couvre-feu. Je veux bien m'exprimer au nom du Bas-Saint-Laurent, a-t-il mentionné.

En ce moment, avec 10 cas qui se sont ajoutés lundi au bilan du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la moyenne sur 7 jours de nouveaux cas par million d'habitants se situe à 56,7. Rappelons que l'automne dernier c'est en franchissant la barre du 100 qu'une région était susceptible de passer en zone rouge. Pour passer du jaune au orange, la limite avait été fixée à 60. La décision n'était cependant pas que statistique et tenait compte de la situation épidémiologique et de l'état du réseau de la santé.

La crainte d'un virologue à la retraite

Selon Jacques Lapierre, virologue à la retraite, il faudrait cependant attendre avant de faire la demande du changement de couleur pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il ne faut pas laisser d'ouverture au virus, a-t-il d'abord prévenu. Il croit que le gouvernement pourrait bien assouplir progressivement les mesures après le 8 février, mais qu'il devrait commencer par les régions où le virus circule moins et surveiller les éclosions.

Est-ce que, aussitôt qu'on va mettre un petit peu de relâche, on va commencer à avoir des éclosions? C'est surtout de ça dont j'ai peur. Je ne voudrais pas que ça arrive. Je pense qu'on est tous tanné du virus aussi. Je pense qu'il faudrait peut-être être raisonnable encore pour un petit bout, a-t-il professé.

Les commerçants de la région rêvent de réouverture, mais aussi de prévisibilité. L'important, c'est qu'on soit certain qu'on est dans la bonne voie, qu'on est sur la bonne voie pour du long terme. C'est important qu'on puisse rouvrir les commerces et qu'on puisse les conserver ouverts, pas les refermer au bout d'un mois, un mois et demi, a indiqué Sandra Rossignol, directrice générale de la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord.

Pascal Cloutier en entrevue.

Pascal Cloutier, maire de Dolbeau-Mistassini

Photo : Radio-Canada

Des maires prudents

Des maires de la région aussi en appellent à la prudence, car ils craignent qu'un assouplissement des mesures ne fasse augmenter de nouveau les cas de COVID-19. Je comprends tout à fait les élus de la Côte-Nord, a débuté le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier. Moi, je pense que le système de paliers que le gouvernement avait mis en place, effectivement, après le 8 février, ce serait une bonne chose de revenir à ce système-là. Mais à partir de là, on y va avec le nombre de cas et on ne serait probablement pas au même niveau qu'eux au niveau des codes de couleurs. Selon les données publiés lundi, il y avait encore 188 cas actifs par 100 000 habitants dans le réseau local de services de Maria-Chapdelaine. Il s'agit du plus haut taux actuellement dans la région, même s'il est en forte baisse depuis une dizaine de jours.

Durant l'automne dernier, c'est le secteur d'Alma qui était le plus touché au Saguenay-Lac-Saint. Le taux par 100 000 habitants a même dépassé les 800 dans le RLS de Lac-Saint-Jean-Est, le 12 novembre. Le taux actuel n'atteint même plus 25. Nous, on nous dit que ça va bien présentement, a dit pour sa part le maire d'Alma, Marc Asselin. Alors je dis en gros titre : "Prudence". Il faut être prudent. Il est peut-être tôt, mais c'est quelque chose qui est de plus en plus regardé étant donné les bons résultats qu'on a.

Gaudreault pour une approche décentralisée

Pour sa part, le collègue de Pascal Bérubé dans la circonscription de Jonquière, Sylvain Gaudreault, ne sait pas si la baisse du nombre de cas actifs dans la région est suffisante pour réclamer des mesures sanitaires plus adaptées à la réalité. Sans se prononcer pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Sylvain Gaudreault soutient qu'il faut prendre des mesures décentralisées, à l'image de l'Allemagne par exemple.

Je pense que c'est quelque chose à examiner. Ce n'est pas à moi de le dire, ce n'est pas à moi de jouer le gérant d'estrade non plus là-dessus. Moi, ce que je veux rappeler, c'est le principe suivant, c'est qu'il y a certains pays à travers le monde qui ont mieux contrôlé la gestion de la crise, avec de la décentralisation, donc une gestion locale, territoriale qui tient compte des réalités de chaque milieu, a-t-il énoncé lors de l'émission Place publique lundi.

Une ouverture d'Horacio Arruda

En entrevue lundi matin à l'émission Première heure, le directeur national de la Santé publique avait démontré une certaine ouverture pour un retour au code de couleurs. Ce sont des régions, qui heureusement sont abaissées, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, on voit vraiment qu'il y a deux Québec, la région métropolitaine et le reste du Québec. Par contre, ces régions-là sont encore très fragiles et ça peut changer très rapidement et avec peu de cas, leur système de soins s'engorge. Il faut prendre ça en considération, mais on est très conscient de ce que ça peut représenter pour ces territoires-là et on regarde ça de façon très intensive, avait révélé Horacio Arruda.

D'après un reportage de Claude Bouchard

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