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Des infirmières auxiliaires néo-brunswickoises souhaitent toujours changer de syndicat

Quatre infirmières dans un corridor d'hôpital.

Des infirmiers auxiliaires du Nouveau-Brunswick trouvent que le SCFP ne comprend pas bien leur profession.

Photo : iStock / Photographerlondon

Radio-Canada

Les infirmières auxiliaires du Nouveau-Brunswick sont mécontentes de leur syndicat. À leurs yeux, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) ne les représente pas adéquatement.

Les quelque 2500 membres ont tenté en vain de se joindre au Conseil régional des charpentiers de l’Atlantique (CRCA). La Commission du travail et de l’emploi du Nouveau-Brunswick a toutefois rejeté la demande au début du mois janvier, expliquant qu'elles n’avaient pas démontré que le SCFP avait échoué à les représenter.

Marc Paradis, un infirmier auxiliaire au CHU Dumont de Moncton, se dit extrêmement déçu du refus de la Commission du travail et de l'emploi. C'est la décision qui a fait déborder le vase.

Le SCFP, qui représente 9000 travailleurs, perdrait 28 % de ses membres si les infirmières néo-brunswickoises quittaient le bateau.

L'organisme veut maintenant se montrer à l'écoute en faisant pression sur le gouvernement. Il lui demande de reconnaître leur statut au même titre que les infirmières accréditées et de réviser leur salaire.

Pour réaliser ces changements, le SCFP a entre autres demandé au premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, de se joindre à la table de négociations.

Le premier ministre Blaine Higgs, en janvier 2021.

Le premier ministre Blaine Higgs, en janvier 2021.

Photo : Radio-Canada

Une rencontre prévue avec le gouvernement provincial vendredi dernier a été reportée, en raison du confinement actuel dans la zone 4 du Nouveau-Brunswick.

La ministre de la Santé de la province, Dorothy Shephard, se dit consciente des crises de recrutement et de la pénurie de main-d'œuvre et prête à rencontrer les infirmières auxiliaires.

Lors du point de presse sur la COVID-19 lundi, elle a affirmé qu'une rencontre devrait avoir lieu dans un avenir proche.

Un salaire inadéquat?

Les infirmières auxiliaires autorisées au Nouveau-Brunswick sont les moins rémunérées en Atlantique, ajoute la présidente de la section syndicale, Norma Robinson. Leur salaire est inférieur de 14 % à celui de leurs homologues des autres provinces de l’Atlantique, mais le gouvernement Higgs refuse de l’ajuster, dit-elle.

Au Nouveau-Brunswick, le taux horaire se situe autour de 23-25 $ de l’heure, en comparaison aux 30 $ de l’heure offerts dans les deux autres provinces des Maritimes.

Une main d'infirmière tenant un stéthoscope.

Les infirmières auxiliaires du Nouveau-Brunswick ne gagnent que 64% du salaire des infirmières immatriculées.

Photo : iStock / FabioBalbi

En plus du salaire plus élevé, l’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse offrent aussi des primes de déménagement.

De plus, celles en milieu hospitalier affirment que 90 % de leurs tâches sont aujourd'hui semblables à celles demandées au personnel infirmier.

Un grand nombre d'entre elles, surtout en milieu hospitalier, se disent déjà trop frustrées ou déçues de ce qu'elles qualifient de manque de reconnaissance, de violence au travail, et de la charge de travail supplémentaire demandée au début de la pandémie.

Nous sommes les seules à ne pas être reconnues à travers le Canada comme des infirmières, nous devons régler le problème de recrutement et de reconnaissance au travail , indique Chantal Lagacé, infirmière auxiliaire accréditée, et membre du conseil exécutif de la section locale 1252 du SCFP. Ça fait des années qu'on le dit.

Chantal Lagacé, infirmière auxiliaire accrédité, membre du conseil exécutif du SCFP 1252.

Chantal Lagacé, infirmière auxiliaire accréditée, membre du conseil exécutif du SCFP 1252.

Photo : Radio-Canada

Selon cette dernière, de nombreuses infirmières auxiliaires ont récemment signalé leur intention de travailler dans d’autres secteurs si rien ne change.

Le Nouveau-Brunswick ne peut se permettre de perdre des infirmières auxiliaires en pleine pandémie, ajoute-t-elle.

Une profession mal comprise par le SCFP?

Marc Paradis croit que malgré la récente bonne volonté du SCFP, ces derniers ne comprennent pas ce qu'est une infirmière auxiliaire, et qu’il est temps que les travailleurs négocient directement pour voir s’effectuer des changements efficaces.

Ce n’est pas une question de salaire. Nous autres, c’est une question de représentation.

On a eu des discussions, mais rien n’est arrivé. On a pris notre décision : 85 % des auxiliaires au Nouveau-Brunswick travaillent dans les hôpitaux. On a besoin de notre propre syndicat, dit Marc Paradis.

Ce problème n’a pas commencé seulement depuis deux ans. Ça fait depuis 2006 qu’on a fait des démarches pour avoir des discussions avec eux pour des changements, considérant nos changements dans notre profession.

Les infirmières auxiliaires, sans contrat de travail depuis deux ans, demandent maintenant une reclassification au gouvernement pour pouvoir sortir du SCFP et créer leur propre syndicat.

Elles aimeraient rejoindre le CRCA, un syndicat néo-écossais qui a des sections locales dans les quatre provinces, tout en gardant leur propre local.

Higgs visé par la section syndicale

La présidente de la section locale 1252 du SCFP, Norma Robinson, reproche aux gouvernements successifs au Nouveau-Brunswick de ne pas valoriser le travail des infirmières auxiliaires autorisées.

Un exercice de révision de la classification des infirmières auxiliaires a commencé en 2017 à cause de l’évolution de leurs tâches et pour ajuster leur salaire, mais cette étude n’est toujours pas terminée, déplore Mme Robinson. Elle accuse le gouvernement Higgs de retarder les choses depuis 2019 en refusant de reconnaître des changements indiqués dans l’étude.

Norma Robinson donne une conférence de presse

Norma Robinson, présidente de la section locale 1252 du SCFP.

Photo : Radio-Canada

Toujours en 2017, le gouvernement et le syndicat ont créé un comité conjoint pour réviser les conditions de travail des infirmières auxiliaires et les politiques en matière de santé mentale afin de produire des recommandations pour améliorer les choses.

Le gouvernement dispose du rapport depuis novembre 2019 et le syndicat dit n’avoir vu aucun signe de la mise en œuvre des 13 recommandations qu’il contient. Le SCFP a joué son rôle, mais non le gouvernement Higgs, lance Norma Robinson.

Le syndicat a rencontré des représentants du gouvernement à plusieurs occasions pour discuter du recrutement et des conditions de travail de toutes les classifications d’infirmières, mais le gouvernement Higgs, dit-elle, refuse de reconnaître le véritable problème.

Avec les informations de Nicolas Steinbach et de Pierre-Philippe LeBlanc

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