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Le gigantesque travail derrière les illustrations de la bande dessinée La bombe

La bande dessinée a nécessité quatre ans de travail pour les trois auteurs.

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Radio-Canada

Les illustrations de l’album de 450 pages sur l’histoire d’Hiroshima intitulé La bombe sont signées par le Québécois Denis Rodier. Elles ont nécessité un immense travail de quatre ans pour l’artiste.

La bande dessinée de Didier Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier est un ouvrage historique qui raconte les coulisses de cet événement dramatique au cours duquel 140 000 personnes ont perdu la vie.

Ce livre permet de voir une image plus large que ce qu’on connaît de la bombe atomique. Souvent, on commence la narration de cette histoire avec le projet Manhattan. Mais ça commence beaucoup plus tôt, avec des scientifiques, et c’est leur point de vue qu’on voulait souligner pour créer une image plus large de l’histoire de cette bombe atomique, explique Denis Rodier en entrevue avec le journaliste culturel Louis-Philippe Ouimet.

L'homme sourit. Il est à l'extérieur et de la neige tombe.

L'auteur de bande dessinée Denis Rodier en entrevue

Photo : Radio-Canada

L’album est paru en 2020, année du 75e anniversaire de l’explosion meurtrière. Vendu à 75 000 exemplaires, le livre a été traduit en huit langues. C’est inattendu et inespéré. Mais ça nous fait très plaisir, car on a travaillé d’arrache-pied pendant quatre ans sur ce projet, a déclaré Didier Alcante, en entrevue par Skype.

Ce dernier a été profondément marqué par cette histoire, après avoir rencontré un jeune Japonais quand il avait 8 ans. Puis, à l’âge de 11 ans, il a fait un voyage au Japon et il a visité le Musée de la paix, à Hiroshima. J’ai été marqué par un escalier où il y avait l’ombre d’un homme qui a été littéralement désintégré par l’explosion. Un processus physico-chimique a fixé son ombre sur l’escalier. C’est quelque chose qui m’a marqué et effrayé, raconte Alcante.

L'homme sourit en regardant l'écran de son ordinateur devant lui.

Le bédéiste belge Didier Alcante lors d'une entrevue Skype

Photo : Radio-Canada

Un travail de moine

Denis Rodier s'est fait connaître dans les années 1990 pour son travail à DC Comics, notamment pour ses dessins de Superman. Pour La bombe, il a travaillé avec le Français Didier Alcante et le Belge Laurent-Frédéric Bollée, qui ont écrit le scénario. Le bédéiste québécois a passé 4 ans à dessiner ce pavé de 450 planches. C'est grâce à une bonne discipline de travail que j'ai été en mesure de le faire, dit-il.

Ses images en noir et blanc montrent la découverte de l'uranium ainsi que le travail des scientifiques et des militaires pour fabriquer la bombe. Un travail méticuleux et de longue haleine qui a d’abord été fait par les scénaristes. J’ai réussi à condenser leur recherche pour en sortir l’information visuelle. Mais c'est colossal comme travail de simplement vérifier chaque petit détail, explique Denis Rodier.

Une femme a un tube dans les mains dans le dessin en noir et blanc.

Un extrait de l'album « La bombe », d’Alcante, de Bollée et de Denis Rodier

Photo : Glénat

Pour obtenir le plus de détails possible, Denis Rodier s’est aussi basé sur ses recherches en ligne. Ça n’aurait pas été possible il y a 25 ans. Mais le fait que cet événement a été aussi documenté nous a permis d’aller chercher plein de petits détails anodins qui font en sorte que la bande dessinée a des assises solides, explique-t-il.

Il a vraiment donné le meilleur de lui-même. Il a fourni un travail incroyable. Je ne sais pas comment il a fait et comment c'est possible.

Didier Alcante

Un voyage à Hiroshima

L'histoire du livre se termine par le bombardement atomique d'Hiroshima, où Denis Rodier s'est rendu en 2018 en compagnie des deux coscénaristes de la bande dessinée. En étant sur les lieux et en ayant accès au Musée de la paix, on a pu fouiller dans les archives et trouver des choses qui ne sont pas nécessairement sur Internet, précise-t-il.

Le fait d’être présents lors des commémorations de l’explosion au Japon leur a aussi permis de toucher au côté émotionnel de ce drame.

[Le bombardement atomique d’Hiroshima] fait partie de la mémoire. C’est la trace que les victimes ont laissée sur l’imaginaire collectif qui nous permet de ne pas oublier.

Denis Rodier

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