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Davantage de candidates, mais peu de minorités visibles à Terre-Neuve-et-Labrador

Kristina Ennis et Sarah Stoodley.

La candidate progressiste-conservatrice dans Saint-Jean Ouest, Kristina Ennis (à gauche), et la candidate libérale dans Mont Scio, Sarah Stoodley.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Plusieurs se réjouissent à Terre-Neuve-et-Labrador de la présence accrue de femmes et de personnes non binaires au sein des listes de candidats finalisées la fin de semaine dernière. Mais d’autres se désolent du manque de candidats issus des minorités visibles.

L'équipe libérale compte un nombre record de femmes et de personnes non binaires, qui représentent 38% des candidats libéraux. Alors que les progressistes-conservateurs font du surplace avec 23 % de candidates, chez le NPD, ce pourcentage à la hausse atteint 51 %.

C’est très important que les candidats reflètent la population en général, souligne la candidate libérale dans Mont Scio, Sarah Stoodley, en notant que les femmes ne représentaient que 25 % de l’équipe libérale en 2019.

Je sais que ça a été la priorité du [chef libéral] Andrew Furey, indique la candidate, qui est aussi mère d’un nouveau-né. Beaucoup de résidents ont des enfants et je connais les difficultés qu’ont ces électeurs.

Des listes très blanches

Malgré les progrès réalisés, des candidates comme la néo-démocrate, Amy Norman, une Inuk de Happy Valley-Goose Bay, au Labrador, soulignent le manque de personnes issues de la diversité dans les formations politiques. Environ 15 % des candidats néo-démocrates sont d’origine autochtone.

Depuis des années et des années, ici dans Lac Melville, c'est seulement des hommes vieux, dit-elle. Ils ne représentent pas vraiment la population ici.

Amy Norman

La candidate néo-démocrate dans Lac Melville, Amy Norman.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

La politologue, Amanda Bittner, estime également que les listes de candidats sont très blanches.

On voit que pour la plupart, maintenant, la diversité, c’est des femmes blanches. Alors on a encore beaucoup de travail à faire, explique-t-elle.

Elle ajoute que les partis doivent non seulement recruter une diversité de candidats, mais aussi mieux encadrer ces nouvelles recrues pour qu’ils puissent gagner. Pour y arriver, il faut bien financer leur campagne et s’assurer qu’ils ont une équipe de bénévoles pour les soutenir.

Mais crucialement, il faut aussi les placer dans des circonscriptions qu’ils peuvent remporter.

C’est le rôle du parti de décider où vont les gens […] Historiquement, les femmes sont placées dans les régions où elles perdent. Ce n’est pas très sérieux, le parti doit mettre quelqu’un là, alors on va sacrifier cette personne. Ça, c’est un problème, estime-t-elle.

Portrait d'Amanda Bittner

La politologue Amanda Bittner estime que les partis politiques à Terre-Neuve-et-Labrador ne font pas assez pour recruter de nouvelles candidates.

Photo : Radio-Canada

Il y a des partis partout dans le monde qui a des politiques où […] si un député sortant décide de démissionner, le parti doit faire beaucoup d’efforts pour recruter une personne issue de la diversité.

Il y a trois députés sortants à Terre-Neuve-et-Labrador qui ne se présentent pas aux élections générales, le 13 février. Parmi les trois circonscriptions qu'ils représentent, deux peuvent être considérés des châteaux forts.

Dans le château fort progressiste-conservateur de Cap St-Francis, dans le nord-est de la péninsule d'Avalon, le candidat Joedy Wall remplace le député sortant Kevin Parsons. Dans le château fort libéral de St. Barbe-L'Anse aux Meadows, la candidate Krista Howell remplace le député sortant Christopher Mitchelmore.

Harcèlement et commentaires sexistes

L'annonce des listes finales de candidats survient alors que plusieurs candidates racontent avoir été la cible de commentaires misogynes dans les médias sociaux — des actes condamnés par les leaders de tous les partis principaux.

Kristina Ennis, candidate progressiste-conservatrice dans Saint-Jean Ouest qui a 30 ans, explique qu’elle entend souvent des commentaires sur son âge lorsqu'elle fait du porte-à-porte et qu’elle éprouve un sentiment de solidarité envers les autres candidates qui subissent du harcèlement sur les réseaux sociaux.

Nous avons absolument besoin de ces nouvelles voix et de ces nouvelles perspectives, affirme Mme Ennis.

Je demande à tous les gens qui entendent ou qui lisent ces commentaires de les dénoncer, ajoute la libérale, Sarah Stoodley.

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