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Réouverture des lieux de culte au Québec : les hassidim se disent « confus »

Une mêlée de presse en hiver.

Abraham Ekstein a pris la parole lundi après-midi au nom du Conseil des juifs hassidiques du Québec devant la synagogue de la congrégation Yetev Lav Satmer, au coin de l'avenue Saint-Viateur et de la rue Hutchison.

Photo : Radio-Canada / Valérie-Micaela Bain

Le Conseil des juifs hassidiques du Québec et la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP) tentent de s'ajuster pour éviter que les rassemblements illégaux et les descentes policières de la fin de semaine dernière ne se reproduisent.

Lundi, la DRSP a admis que les directives qu'elle a données la semaine dernière aux leaders des communautés juives orthodoxes et ultraorthodoxes de Montréal sur les rassemblements dans les lieux de culte auraient pu être plus claires.

Dans un courriel obtenu par Radio-Canada, la Dre Mylène Drouin s'excuse d'avoir semé la confusion sur la réouverture partielle des synagogues, où le SPVM a dû intervenir à plusieurs reprises pour disperser des assemblées et distribuer des constats d'infraction.

Nous nous excusons sincèrement pour les allers-retours au cours des 48 dernières heures.

Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal

Le gouvernement provincial nous a informés que le décret autorisant les rassemblements d'un maximum de 10 personnes dans un lieu de culte NE permet PAS des rassemblements simultanés à la même adresse, a précisé la directrice régionale de santé publique.

Désormais, un seul rassemblement de 10 personnes maximum peut être autorisé à une adresse donnée à la fois, a-t-elle précisé.

Des policiers arrêtent un rabbin.

Plusieurs interventions policières ont eu lieu en fin de semaine dans des synagogues de Montréal pour des rassemblements illégaux.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Wagner

Nous sommes tous confus, nous ne savons plus sur quel pied danser, a déclaré en fin d'après-midi Abraham Ekstein, membre du Conseil des juifs hassidiques du Québec, lors d'une mêlée de presse devant la synagogue de la congrégation Yetev Lav Satmer, au cours de laquelle les journalistes n'ont pu poser aucune question.

C'est un jour triste, ici au Québec, quand nous devons expliquer pourquoi le droit d'acheter de l'alcool et du cannabis est plus protégé que le droit de prier de façon sécuritaire.

Abraham Ekstein, membre du Conseil des juifs hassidiques du Québec

Nous sommes en lien avec nos avocats et nos évaluons nos options, a-t-il ajouté.

Selon un communiqué publié plus tôt dans la journée par le Conseil, les synagogues des communautés juives hassidiques qui ont accueilli vendredi soir et samedi plus d'un groupe de 10 personnes pour les prières du sabbat l'ont fait en toute bonne foi.

Son relationniste, Alain Picard, a même transmis à Radio-Canada la copie d'un courriel acheminé dimanche soir aux leaders des communautés juives orthodoxes et ultraorthodoxes de Montréal dans lequel la DRSP confirmait qu'il était permis d'avoir plus qu'une salle dans un même édifice qui puisse accueillir 10 personnes par salle, pourvu que des entrées indépendantes donnent accès à ces salles de prière.

Le courriel, signé par le Dr David Kaiser, chef médical de l'environnement urbain à la DRSP, précisait que, dans les situations où il existe plusieurs zones non contiguës au sein d'un même bâtiment, des rassemblements simultanés de 10 personnes maximum sont autorisés à condition d'observer certaines mesures, soit :

  • que les rassemblements se déroulent dans des zones non contiguës avec des entrées complètement distinctes vers l'extérieur;
  • que des mesures soient mises en place pour éviter le mélange des groupes à l'arrivée et au départ;
  • et que les groupes n'entrent pas en contact à l'intérieur du bâtiment, les zones devant être complètement distinctes.

Il était également précisé que plusieurs pièces dans un bâtiment avec une entrée commune ne peuvent pas être utilisées et qu'une seule pièce ne peut pas être subdivisée en plusieurs zones.

Ces directives, cela dit, étaient erronées, à en croire la volte-face de la DRSP de lundi.

Toute cette confusion découle d'un arrêté ministériel publié vendredi dans lequel le gouvernement Legault permet aux lieux de culte (églises, synagogues, temples, mosquées) de rouvrir partiellement leurs portes jusqu'à concurrence de 10 fidèles.

Un maximum de 10 personnes peuvent faire partie de l’assistance d’un lieu de culte, sauf à l’occasion d’une cérémonie funéraire auquel cas la limite prévue est de 25 personnes, stipule-t-il, sans donner d’indications supplémentaires.

Cette précision a été partagée avec les membres de la Table de concertation interreligieuse du Québec, table sur laquelle siège un représentant de la communauté hassidique, a fait savoir lundi un porte-parole du MSSS à Radio-Canada.

Toutefois, cet assouplissement s’accompagnera de règles de conduite strictes, a-t-il précisé, soit que les leaders religieux encouragent leurs fidèles à respecter les mesures sanitaires en vigueur; que le chant ne soit pas permis; que le registre des présences demeure obligatoire; et que les lieux de culte ne puissent servir de refuges.

La règle des salles séparées, si elle n’est pas applicable en vertu du décret publié vendredi, a toutefois existé l'an dernier. Dans une lettre, datée du 25 novembre dernier, au secrétaire général de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, Mgr Pierre Murray, que Radio-Canada a obtenue, le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, écrivait que dans les lieux de culte où les salles sont séparées et ayant chacune un accès indépendant, c’est-à-dire un accès à la rue sans partager d’espace commun avec les autres salles, les limites du paragraphe précédent [NDLR : sur le nombre de personnes] s’appliquent à chaque salle.

Des rassemblements condamnés

Autant le Parti libéral (PLQ) que le Parti québécois (PQ) ont condamné les rassemblements de membres de la communauté juive hassidique, lundi matin.

En conférence de presse virtuelle, la cheffe libérale Dominique Anglade a dit comprendre que certaines communautés vivent les restrictions actuelles plus difficilement, mais elle a ajouté que les règles sont les mêmes pour tout le monde.

Je ne veux pas cibler un groupe ou un autre, mais un party dans un hôtel, des rassemblements comme on a vu durant les fêtes, ou un groupe religieux qui décide de se rassembler en contravention des mesures sanitaires, c'est un fait que ça vient contrecarrer les efforts de la quasi-totalité de la population, a déclaré pour sa part le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

D'autres rassemblements non religieux ont été réprimés de la même façon en fin de semaine, notamment à Mirabel, dans les Laurentides; à La Prairie, en Montérégie; et à Sainte-Catherine-de-Hatley, en Estrie.

Avec les informations de La Presse canadienne

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