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Présidentielle américaine : l'inspecteur général à la Justice fera enquête

L'entrée du siège du département de la Justice des États-Unis, dont la façade indique « Département de la Justice » et est ornée d'un drapeau américain.

Le siège du département de la Justice des États-Unis, à Washington

Photo : Reuters / Andrew Kelly

L’inspecteur général du département américain de la Justice (DOJ) a lancé une enquête pour déterminer si des personnes au sein du département ont cherché à invalider la victoire du démocrate Joe Biden après la diffusion d'informations allant en ce sens.

Dans un bref communiqué de deux paragraphes, le bureau de Michael Horowitz a indiqué lundi avoir ouvert cette enquête pour déterminer si des employés, qu'ils soient toujours au sein du département ou non, se sont livrés à une tentative inappropriée pour que le DOJ cherche à modifier le résultat de l'élection présidentielle de 2020.

L'enquête se limite aux agissements d'employés du département, précise-t-il. Elle ne cible donc pas les agissements de l'ex-président républicain ou de ses anciens collaborateurs à la Maison-Blanche.

Le New York Times a été le premier, vendredi, à rapporter que Donald Trump a envisagé de remplacer le procureur général par intérim Jeffrey Rosen par Jeffrey Bossert Clark, un responsable du DOJ très réceptif à ses allégations non fondées de fraudes électorales et prêt à évincer son patron pour aider le président sortant.

Le plan auquel souscrivait apparemment M. Clark, qui aurait essayé à plusieurs reprises de convaincre ses collègues d'aider Donald Trump à rester en poste, aurait avorté uniquement en raison de la menace de démissions massives de la part de responsables du DOJ, a rapporté le New York Times.

Les révélations du quotidien, confirmées entre autres par le Washington Post, ont suscité un tollé chez les démocrates. Le leader de la nouvelle majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, avait d'ailleurs réclamé une enquête de l'inspecteur général du département de la Justice.

Avare de détails, l'inspecteur général a dit faire état de l'enquête pour rassurer le public sur le fait qu'une agence appropriée enquête sur les allégations.

M. Clark, qui travaillait au département depuis 2018, dirigeait la division sur les droits civiques de façon intérimaire depuis septembre 2020, jusqu'à son départ, le jour de l'investiture de Joe Biden, le 20 janvier.

Une bataille sur plusieurs fronts

Selon le New York Times, Jeffrey Bossert Clark aurait notamment tenté d'inciter des responsables du DOJ à affirmer publiquement – et faussement – que des enquêtes en cours jetaient le doute sur les résultats du Collège électoral.

M. Clark aurait également été prêt à utiliser les pouvoirs du département pour exercer des pressions sur les élus de la Georgie dans le but de faire rejeter les résultats électoraux de l'État, qui a été remporté par Joe Biden.

Pendant plusieurs semaines, l'ex-président Trump a publiquement, mais également en coulisses, exhorté les responsables – républicains – de la Georgie à rejeter la victoire de son adversaire dans cet État.

Le Washington Post a ainsi mis en ligne une conversation téléphonique entre le secrétaire d’État de la Georgie Brad Raffensperger et Donald Trump, dans laquelle ce dernier a demandé à son interlocuteur de « trouver » les bulletins de vote nécessaires afin de faire annuler sa défaite dans l’État.

Après la publication de l'article, M. Clark a assuré que le compte rendu de ses discussions avec Donald Trump était inexact et que leurs échanges étaient en accord avec la loi.

Les démocrates du Comité judiciaire du Sénat ont indiqué au cours du week-end qu'ils enquêteraient eux aussi sur les allégations stupéfiantes du New York Times.

Dans une lettre, ils ont officiellement demandé au procureur général par intérim, Monty Wilkinson, de conserver tous les documents liés à ces allégations.

Deuxième enquête sur la fin de mandat de Trump

Portrait de Donald Trump qui s'apprête à monter à bord d'Air Force One.

Donald Trump n'a jamais concédé la victoire.

Photo : afp via getty images / Mandel Ngan

Il s'agit de la deuxième enquête ciblant les dernières semaines du mandat de Donald Trump lancée par le bureau de Michael Horowitz.

Plus tôt ce mois-ci, l'inspecteur général a entrepris une enquête pour évaluer si des responsables de la Maison-Blanche avaient exercé des pressions indues sur un procureur d'Atlanta qui a abruptement démissionné, en début d'année.

Selon le Wall Street Journal, il a été forcé par des collaborateurs de Donald Trump de quitter son poste parce qu'ils estimaient qu'il n'enquêtait pas suffisamment sur les allégations de fraudes électorales, brandies sans preuve par l'ex-président et ses alliés.

Les théories conspirationnistes de fraudes ont été réfutées à plusieurs reprises.

Le directeur de l'Agence de la cybersécurité et de la sécurité des infrastructures du département de la Sécurité intérieure (CISA) avait signé, avec les responsables de plusieurs autorités électorales nationales et locales, un communiqué commun assurant de l'intégrité et de la sécurité de l'élection, présentée comme la plus sûre de l'histoire. Ses démentis lui avaient valu d'être congédié.

En décembre 2020, celui qui était alors procureur général, Bill Barr, avait indiqué au cours d'une entrevue à l'Associated Press que le département de la Justice n'avait pas découvert de preuve de fraude électorale généralisée susceptible de modifier les résultats de l'élection présidentielle. M. Barr, qui avait jusque-là été l'un des plus fidèles alliés de Donald Trump, avait démissionné peu après.

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