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« L’amour crisse » : plus de 82 000 $ récoltés pour les femmes victimes de violence

Les deux mots lancés par Louise Latraverse lors de l’émission En direct de l’univers sont devenus le moteur d’une campagne de financement.

La femme aux cheveux blancs sourit et ouvre ses bras devant le pas de sa porte.

Louise Latraverse porte un chandail avec ses propres mots.

Photo : Monique Giroux

Cecile Gladel

Les chandails « L’amour crisse », imaginés par Louise Latraverse et Monique Giroux, remportent un grand succès. En une semaine, ils ont permis de récolter 82 000 $ pour la Maison d’hébergement Simonne-Monet-Chartrand, qui aide des femmes victimes de violence conjugale.

En effet, les fonds recueillis par la vente de t-shirts et de chandails à capuchon serviront à offrir des services aux femmes qui vivront dans la future maison de deuxième étape de la Maison Simonne-Monet-Chartrand, visant à les aider à devenir financièrement autonomes.

Une décision prise après discussion entre les deux instigatrices de la campagne et la directrice générale de l’organisme, Hélène Langevin.  L’autonomie financière et l’éducation sont des préliminaires pour que les femmes soient libres. Toute la dynamique et l’aventure derrière la démarche sont porteuses de sens, explique cette dernière.

Un cri du cœur de Louise Latraverse

C’est lors de l’émission En direct de l’univers du 31 décembre dernier que cette activité de financement a pris naissance. Quand l’animatrice France Beaudoin a demandé aux personnes invitées ce que la COVID-19 ne réussira pas à leur enlever, la comédienne Louise Latraverse a spontanément répondu : L’amour crisse!

Puisque sa réponse faisait réagir sur les réseaux sociaux, Louise Latraverse et Monique Giroux ont eu l’idée d’en faire des chandails confectionnés par l’entreprise montréalaise Petite Gazelle Atelier et dont une partie des recettes de vente serait destinée aux femmes victimes de violence conjugale.

En date du 24 janvier 2021, 6608 t-shirts et chandails à capuchon ont déjà été commandés. Un chiffre qui augmentera sûrement après le passage de Louise Latraverse à Tout le monde en parle dimanche soir. Pour chaque t-shirt vendu, 10 $ est remis à la Maison Simonne-Monet-Chartrand, et 20 $ pour les chandails à capuchon.

La femme aux cheveux blancs et lunettes noires rit.

La comédienne Louise Latraverse sur le plateau de l'émission « Tout le monde en parle »

Photo : Karine Dufour

Simonne Monet-Chartrand était une grande amie de Louise Latraverse, ce qui a également contribué au choix de cette maison d’hébergement.

Hélène Langevin a hâte que les chandails soient produits et que les gens les voient au printemps, quand on enlèvera les manteaux. Car pour elle, l’amour est au cœur de sa mission.

 Il y a beaucoup d’amour dans la maison aussi. Si la COVID-19 peut nous avoir appris à revenir à l’essentiel et à la base. On est des êtres humains, on a avantage à s’aimer pour être capable d’aimer les autres. On ne pourra pas éradiquer la violence tant que les individus ne travaillent pas sur leur propre violence. 

Hélène Langevin

Plusieurs personnalités se sont prises en photos avec le chandail. Même le premier ministre, François Legault, a acheté son chandail et en a fait la promotion.

L’importance de l’hébergement de deuxième étape

Pour la Maison d’hébergement Simonne-Monet-Chartrand, cet argent et la visibilité qui vient avec étaient inespérés en ces temps de pandémie très difficiles tant pour les femmes que pour les activités de financement.

L’organisme prévoit d'ouvrir une nouvelle maison pour l’hébergement de deuxième étape de 16 unités qui accompagnera les femmes après l’hébergement de crise. Ce dernier est nécessaire lorsque les femmes victimes de violence doivent sortir de leur domicile pour garantir leur sécurité ainsi que celles de leurs enfants. Il dure de quelques semaines à trois mois.

Par la suite, les femmes se dirigent vers l’hébergement de deuxième étape pour se reconstruire et rebâtir leur vie. Le tout peut durer de quelques mois à deux ans. Mais Hélène Langevin souligne que les places pour ce type d’hébergement sont rares et que de nombreuses femmes n’en obtiennent pas.

Une femme n’est pas sortie du bois après trois mois, et les démarches avec l’ex-conjoint ne sont pas terminées. Il est nécessaire d’avoir de l’accompagnement, car elle est blessée et démunie.

Hélène Langevin

Après avoir obtenu 500 000 $ du Fonds du Grand Mouvement de Desjardins lors de l’émission Et si on se levait, animée aussi par France Beaudoin, la maison d’hébergement est heureuse de pouvoir compter sur l’argent de L’amour crisse  pour développer et personnaliser un service dans le but de développer l’autonomie financière des femmes.

Une autonomie financière qui tient à cœur à Louise Latraverse. L’artiste a souligné, lors de son passage à Tout le monde en parle, qu’elle avait toujours tenu à ne pas dépendre financièrement de son conjoint.

Un financement très difficile

Hélène Langevin avoue que le financement des maisons d’hébergement, de crise ou de deuxième étape, est un véritable chemin de croix. C’est le nerf de la guerre. On s’arrache les cheveux avec le financement, c’est notre plus gros problème. On entend qu’il y a de l’argent disponible, mais ça s’arrête souvent là. Quand il s’agit d’y avoir accès, c’est long et pénible, ou il n’en reste pas. Pourtant, il y a un programme de 40 milliards de dollars, mais c’est très compliqué. C’est beau quand on lance ça, mais non, il faut encore gratter les fonds de tiroir.

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