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Une clinique post-COVID pour éviter que des patients ne soient délaissés

Une femme assise devant un ordinateur portable se frotte les yeux en tenant ses lunettes d'une main.

La fatigue est le symptôme persistant le plus fréquent.

Photo : iStock

Radio-Canada

Une clinique de Sherbrooke a ouvert ses portes à une catégorie de patients qui auraient pu être « laissés pour compte » dans le cadre de la première vague de la COVID-19. Elle s'occupe de ceux qui ont connu une forme bénigne de la maladie, mais qui ressentent toujours des symptômes, plusieurs semaines après l'infection.

La Clinique ambulatoire post-COVID a ouvert en mai, pendant la première vague de la pandémie, alors que les séquelles de la maladie commençaient à peine à être connues. Elle se trouve dans des locaux de l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke.

C'est la première qui a ouvert au Québec. Il y a en quelques-unes ailleurs, au Canada. Il y a en une à Toronto, deux en Colombie-Britannique. Et plus récemment, au Québec, il y en a une à Chicoutimi qui a ouvert, et une à Montréal dans les deux dernières semaines, explique le Dr Alain Piché, infectiologue au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, et directeur de la clinique.

L'urgence du CHUS-Hôtel-Dieu de Sherbrooke.

La Clinique ambulatoire post-COVID se trouve à l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

Le Dr Piché explique que les patients atteints d'une forme grave de la maladie monopolisaient tout l'intérêt des cliniciens et des chercheurs, alors que ceux qui n'avaient pas besoin d'être hospitalisés étaient un peu mis de côté.

On s'est rendu compte que ces patients-là pouvaient quand même développer des manifestations à long terme, qui pouvaient être incapacitantes. Pour éviter que ces patients-là tombent entre deux chaises, c'était important, à mon avis, d'ouvrir ce genre de clinique là.

Une citation de :Dr Alain Piché, directeur de la Clinique ambulatoire post-COVID
Le Dr Alain Piché est le directeur de la Clinique ambulatoire post-COVID, à Sherbrooke.

Le Dr Alain Piché est le directeur de la Clinique ambulatoire post-COVID, à Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada

Pas d'hospitalisation, mais beaucoup de fatigue

Environ 250 patients ont visité cette clinique depuis son ouverture.

Ce sont des patients qui n'ont pas nécessité d'hospitalisation, parce que l'infection n'était pas suffisamment sévère pour qu'ils aient besoin de consulter ou d'être hospitalisés, explique le médecin.

Environ le tiers de ces 250 patients ont développé des symptômes persistants, c'est-à-dire qui persistent pendant plus d'un mois. Les manifestations et la gravité des symptômes sont toutefois très variables. Les deux tiers sont des femmes, et l'âge médian est de 50 ans.

Le symptôme principal persistant, c'est la fatigue. Certains de ces patients vont avoir une fatigue peu sévère, ayant peu d'impacts sur les activités de la vie. Par contre, il y a d'autres patients qui vont avoir une fatigue beaucoup plus importante, qui va avoir un impact sur leur qualité de vie.

Une citation de :Dr Alain Piché, directeur de la Clinique ambulatoire post-COVID

La perte de goût, d'odorat, c'est assez fréquent, ajoute-t-il. L'essoufflement à l'effort, c'est fréquent aussi, la persistance de la toux aussi, et il y a un bon pourcentage de gens qui vont conserver à long terme de la douleur dans les muscles et les articulations, ce qui peut être incapacitant.

Vers une prise en charge multidisciplinaire?

Les patients sont pris en charge par la clinique, qui va les adresser à des spécialistes, si nécessaire. Les patients sont également invités à participer à la Biobanque québécoise de la COVID-19, une banque panquébécoise rassemblant des échantillons biologiques de patients ayant été infectés par le coronavirus pour permettre des recherches plus poussées sur la maladie. Entre autres, les chercheurs pourraient se pencher sur les causes entraînant ces symptômes résiduels.

Le Dr Piché admet toutefois que l'aide, pour l'instant, reste limitée, car il y a encore des choses qu'on ne comprend pas. Tant que la pathophysiologie n'est pas bien connue, c'est difficile d'intervenir avec des médicaments quand on ne connaît pas bien la cause.

Le but, c'est de cibler le plus possible les consultants, pour que le patient puisse en tirer le plus de bénéfices possible, explique-t-il.

Il souhaite également que l'offre de la clinique devienne multidisciplinaire, et qu'elle intègre des physiothérapeutes et des ergothérapeutes, entre autres, ce qui n'est pas encore le cas.

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