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Radio-Canada : les producteurs francophones demandent des engagements clairs

Une caméra de reportage portant le logo de Radio-Canada.

Des producteurs veulent que le CRTC impose à Radio-Canada des obligations de dépenses et non d'heures de diffusion.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Les producteurs de l’industrie francophone du film, de la télévision et des médias numériques veulent faire partie du virage numérique de Radio-Canada, et pour y arriver, ils demandent au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d'imposer des obligations de dépenses et non d'heures de diffusion.

L'Alliance des producteurs francophones du Canada (APFC) témoignait lundi matin en cette troisième et dernière semaine d'audience devant le CRTC sur le renouvellement des licences de CBC/Radio-Canada.

Le diffuseur public a demandé une plus grande souplesse pour que le CRTC prenne en compte les contenus produits pour les plateformes numériques. Par contre, les demandes sont faites en fonction d'un nombre d'heures de diffusion.

Pour Carol-Ann Pilon, directrice générale de l'APFC qui représente les producteurs francophones dans les communautés minoritaires, ce concept n'est pas pertinent pour les plateformes numériques.

Dans son mémoire déposé au CRTC, l'APFC rappelle que la notion d’heures de diffusion – ainsi que ses différentes déclinaisons (heures de grande écoute, heures de diffusion en soirée, journée de radiodiffusion, semaine de radiodiffusion, etc.) – est intrinsèquement liée à la télévision linéaire puisque le nombre d’heures d’émissions ajoutées chaque semaine sur les plateformes [numériques] est indéfini, contrairement à la semaine de radiodiffusion qui est constante dans l’univers linéaire (toujours de 126 heures).

Un engagement exprimé en pourcentage des dépenses totales d’émissions canadiennes est le seul moyen de garantir qu’au fur et à mesure que s’opérera le transfert [...] vers les plateformes numériques, les dépenses resteront équivalentes.

Lorsqu'on met des conditions plus contraignantes, on commence à avoir des résultats, a affirmé Mme Pilon. Elle demande donc que Radio-Canada consacre au moins 9 % des dépenses totales d’émissions indépendantes de la production hors Montréal et qu’au moins 60 % de ces dépenses soient allouées aux producteurs des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM).

Il s'agit, selon elle, des moyennes historiques.

Je veux exprimer notre profonde déception de constater que la Société propose que ses obligations envers les producteurs des CLOSM soient confinées à sa plateforme traditionnelle en déclin et soient complètement évacuées des plateformes numériques en forte croissance qui représentent l’avenir, a affirmé Mme Pilon. De notre point de vue, c’est totalement inacceptable.

Elle rappelle que le diffuseur public prévoit d'augmenter les investissements dans les plateformes numériques de 258 %.

La direction de Radio-Canada répondra à nouveau aux questions du CRTC jeudi.

Plus de données, demandent les auteurs

La Writers Guild of Canada (WGC), qui représente plus de 2400 scénaristes professionnels de langue anglaise, a plaidé pour que le pont vers le futur proposé par CBC/Radio-Canada soit solide et qu'il ne laisse personne derrière.

On ne peut pas bâtir un pont vers le futur avec du matériel bancal et périmé, un bon pont doit nous permettre de traverser la rivière, a affirmé Maureen Parker, la directrice générale de la WGC. Ce pont est construit avec les données.

La WGC aimerait être en mesure d'avoir davantage de détails sur les dépenses de production du diffuseur public. Quelles sont les dépenses, plateformes, le type de programmation, les producteurs et le public? s'est questionnée Mme Parker.

Selon elle, toutes les émissions diffusées à CBC devraient être écrites par des auteurs canadiens. Elle aimerait donc que CBC divulgue davantage de données sur ceux qui occupent les rôles créatifs clés dans leurs productions.

Que le CRTC décide d'imposer des obligations réglementaires ou non ou qu'il inclue les plateformes numériques, nous ne devrions pas être au même endroit dans trois à cinq ans sans avoir les données dont nous avons besoin, a-t-elle ajouté.

La WGC a aussi appuyé la demande de l'APFC faite ce matin, rappelant qu'une heure d'émission diffusée aux heures de grande écoute à la télévision traditionnelle n'a pas la même valeur que cette même heure sur la plateforme numérique CBC Gem.

Rares voix en faveur de la publicité à CBC/Radio-Canada

L'Association des annonceurs du Canada et le Canadian Media Directors Council ont été parmi les rares voix à plaider pour le maintien, voire une hausse, de la publicité à CBC/Radio-Canada.

Les deux groupes ont expliqué que c'était essentiel qu'ils puissent continuer d'avoir accès à ces auditoires.

La semaine dernière, des intervenants, dont Québecor, ont critiqué le recours du diffuseur public aux revenus publicitaires, ce qui la place en concurrence directe avec les diffuseurs privés.

Alors que la CBC est importante au Canada anglais, Radio-Canada, comme deuxième diffuseur au Québec, avec des parts de marché de 21 %, est absolument crucial au Canada français, a soutenu Judy Davey, vice-présidente de l'Association des annonceurs du Canada.

Elle a ajouté que si Radio-Canada cessait de diffuser des publicités, l'autre diffuseur principal augmenterait inévitablement ses prix.

Les deux groupes ont aussi demandé de pouvoir diffuser de la publicité à la radio.

De plus, ils ont dit appuyer la décision de la direction de CBC/Radio-Canada d'aller de l'avant avec le controversé service de publicité de contenu Tandem, le qualifiant d'extension logique du mandat de CBC.

Ils demandent toutefois plus de transparence et de meilleures données sur le public.

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