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De nombreux Saskatchewanais à la défense de leur médecin hygiéniste en chef

Saqib Shahab porte le masque en conférence de presse le 9 décembre dernier.

Le Service de police de Regina et la GRC vont assurer la sécurité du Dr Shahab et de sa famille (archives).

Photo : Michael Bell

Après le premier ministre Scott Moe, samedi soir, c’est au tour du chef de l’opposition officielle, Ryan Meili, de se porter à la défense du médecin hygiéniste en chef, Saqib Shahab, qui a vu des protestataires manifester devant sa résidence samedi à Regina.

C’est une grande déception d’avoir des gens ici, en Saskatchewan, qui font des choses tellement stupides. Ça n’a aucun rapport d’aller chez quelqu’un qui travaille pour le gouvernement. Ça n’a pas d’allure.

Ryan Meili, chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de la Saskatchewan

Samedi soir, Scott Moe a dénoncé ce harcèlement inacceptable, écœurant et malsain, qualifiant la douzaine de manifestants d'idiots.

Après avoir passé des mois à travailler pratiquement chaque heure du jour pour protéger la santé et le bien-être des habitants de la Saskatchewan malgré cette pandémie, c'est la dernière chose que le Dr Shahab mérite, a indiqué le premier ministre dans une série de messages publiés sur Twitter, dans laquelle il mentionne que le Service de police de Regina et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) allaient tous deux assurer la sécurité du Dr Shahab et de sa famille.

Le médecin hygiéniste en chef affirme qu’il ne laissera pas cet incident le distraire de ses obligations ni de son travail.

Scott Moe regarde Saqib Shahab lors d'un point de presse, bien avant que la distanciation physique.

Depuis le début de la pandémie, Scott Moe (à gauche) a eu à se porter quelques fois à la défense de son médecin hygiéniste (archives).

Photo : La Presse canadienne / Michael Bell

Les propos des deux chefs de partis ont trouvé écho auprès de l’analyste politique Stephen Kenny. Ce dernier qualifie cet événement de totalement inacceptable. Selon lui, les manifestants sont allés trop loin en se présentant au domicile d’un fonctionnaire.

En Saskatchewan, nous avons beaucoup d’espace pour manifester notre désaccord avec le gouvernement et même avec les règles de la santé publique, mais ce n’est pas devant les maisons des individus que cela doit se faire.

Stephen Kenny, professeur émérite d'histoire à l'Université de Regina et observateur de la scène politique en Saskatchewan
Un homme est assis devant un micro à la radio.

L'historien et politologue Stephen Kenny est d'avis que les fonctionnaires, comme le Dr Shahab, ont droit à leur vie privée (archives).

Photo : Radio-Canada

Des citoyens ont également pris d’assaut les réseaux sociaux en publiant des gazouillis contenant le mot-clic #IStandWithShahab (traduction : Je suis aux côtés de Shahab). L’agricultrice Megz Reynolds, qui compte plus de 23 000 abonnés sur son compte Twitter, a écrit qu'elle était consternée par ces manifestants.

Nous devons arrêter de dire que "cela ne représente pas la Saskatchewan", puisqu’en tant que province, nous sommes la somme de notre population. Réalisons plutôt que le racisme et l’extrémisme existent et travaillons pour y mettre fin, pas à les balayer sous le tapis.

Incidents répétitifs

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, le médecin hygiéniste de la province et son équipe font des recommandations au premier ministre Scott Moe et au gouvernement de la Saskatchewan, qui prennent ensuite les décisions sur les politiques à adopter pour contrer la propagation du coronavirus.

Bien qu’il n’ait pas le dernier mot sur les recommandations, le médecin hygiéniste a été à quelques reprises la cible de protestataires. Au cours des dernières semaines, un groupe de citoyens en désaccord avec les mesures sanitaires a fait le pied de grue à l’assemblée législative, devant le bureau de Saqib Shahab et tout près de son véhicule, avant qu'il se rende samedi à son domicile. Il avait aussi été la cible de propos racistes lors d’un rassemblement contre le port du masque et les mesures sanitaires en décembre.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Alec Couros, professeur en information et en communication à l’Université de Regina, observe que cette protestation incroyablement perturbante est liée à QAnon, aux rassemblements contre le port du masque et au manque de leadership du gouvernement à fournir des informations claires, directes et concises depuis 10 mois.

Le professeur explique que cette confusion peut accentuer le doute chez les gens qui se méfient déjà du gouvernement et des médias, de sorte que la situation peut, petit à petit, devenir désastreuse.

Avec les informations de Charles Le Bourgeois et d’Emily Pasiuk

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