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COVID-19 : un retour aux paliers d'alerte régionaux exigé

Devanture de commerce avec une affiche où il est inscrit "Entreprise à bout de souffle".

De nombreux commerces et restaurants souffrent des mesures sanitaires imposées par le gouvernement Legault. Ici, le magasin Beaulieu Collections, à Rimouski (archives).

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

De plus en plus de voix s'élèvent dans l'Est-du-Québec afin que le gouvernement réinstaure son code de couleurs– et les mesures sanitaires qui y sont rattachées –en fonction de la situation épidémiologique de chaque région.

À l'instar des élus des Îles-de-la-Madeleine et de la Côte-Nord, la Chambre de commerce et de l'industrie de Rimouski-Neigette (CCIRN) et le député de Matane–Matapédia, Pascal Bérubé, considèrent qu'il est temps que les mesures soient assouplies dans l'est de la province.

Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 progresse lentement dans cette portion du Québec. Depuis le début de l'année 2021, près de 180 nouveaux cas ont été recensés au Bas-Saint-Laurent, moins d'une centaine en Gaspésie et seulement 37 sur la Côte-Nord. Huit personnes sont actuellement hospitalisées dans ces trois régions.

C'est pourquoi il est temps de donner un peu d'espoir aux propriétaires de commerces et de restaurants, estime le président de la CCIRN, Guillaume Sirois.

Un retour à la gestion des zones par couleurs pourrait permettre d’envisager une reprise des activités économiques de nos membres et ainsi éviter d’aggraver leur situation financière et psychologique.

Guillaume Sirois, président de la Chambre de commerce et de l'industrie de Rimouski-Neigette
Guillaume Sirois, souriant dans une rue du centre-ville de Rimouski.

Guillaume Sirois, président de la Chambre de commerce et de l'industrie de Rimouski-Neigette (archives)

Photo : Radio-Canada / Alain Fournier

La CCIRN précise que la santé de la population demeure une priorité absolue, mais qu'il serait aussi important de permettre aux commerçants de profiter des périodes névralgiques comme la Saint-Valentin et la semaine de relâche.

À l'approche du 8 février, moment où le deuxième confinement et le couvre-feu doivent en principe prendre fin au Québec, le député de Matane–Matapédia, Pascal Bérubé, demande lui aussi au gouvernement d'assouplir les mesures sanitaires dans les régions moins touchées par la pandémie de COVID-19.

Portrait en plan rapproché de Pascal Bérubé.

Le député de Matane–Matapédia, Pascal Bérubé, croit que les mesures sanitaires doivent être adaptées selon les régions (archives).

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Rousselle

Lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale lundi matin, M. Bérubé a affirmé qu'il faudra une approche différente pour les régions du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, de la Côte-Nord et de l'Abitibi-Témiscamingue.

Selon lui, le nombre de cas de COVID-19 ne justifie pas des mesures aussi contraignantes.

Si les citoyens sentent que c'est trop demander compte tenu des chiffres qui leur sont accessibles, ça va créer un effet négatif. Les gens vont être moins mobilisés [pour respecter les mesures sanitaires].

Pascal Bérubé, député de Matane–Matapédia

Le député a aussi réitéré la proposition qu'il avait faite au début de janvier, soit celle de remettre un barrage routier à La Pocatière afin de permettre à un certain nombre d'activités de se poursuivre et de créer une bulle entre les régions de l'Est-du-Québec.

Je plaide pour le Bas-Saint-Laurent et j'avais demandé le retour d'un contrôle routier à l'entrée de La Pocatière. Là, je demande qu'on puisse réadapter les couleurs selon le risque réel. Évidemment, ça s'applique au couvre-feu, a affirmé le député.

De l'autre côté du fleuve, le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, estime qu'il serait approprié de déconfiner tout ce qui n'implique pas de rassemblements.

Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier.

Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier (archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Il affirme que le bilan de la Côte-Nord est suffisamment stable et que Québec doit établir des balises claires afin de garder l'adhésion de la population aux mesures sanitaires.

Ce dont j'ai peur, c'est ce que la population se dise “pourquoi faire ces efforts-là s'ils ne sont pas reconnus?”

Réjean Porlier, maire de Sept-Îles

Bien qu'il comprenne que les mesures sont aussi là pour éviter les débordements dans les hôpitaux, il y va de cette proposition : Si on n'occupe pas les lits ou à peu près pas, si on est tant de jours sans propagation, est-ce qu'on ne pourrait pas avoir un petit quelque chose pour garder notre population dans le coup? dit-il.

Jusqu'à maintenant, Québec affirme qu'aucune décision n'est prise pour la suite des choses au-delà du 8 février. Le directeur national de la santé publique Horacio Arruda, a cependant affirmé que des assouplissements régionaux étaient envisagés pour les régions de l'Est-du-Québec.

Ce sont des régions encore très fragiles. Avec peu de nouveaux cas, leur système s'engorge. Il faut prendre cela en considération, mais on est conscients de la situation, a-t-il dit.

Des pertes importantes, une aide difficile à obtenir pour les commerçants

Qui plus est, de nombreux commerçants crient déjà à l'aide et se disent menacés de fermeture si les mesures doivent être encore prolongées.

Le propriétaire de Beaulieu Collections, une entreprise rimouskoise qui existe depuis 116 ans, considère lui aussi qu'il est urgent que le gouvernement adapte ses mesures et permette aux commerces de rouvrir leurs portes dans les régions où la situation épidémiologique est plus stable.

Le propriétaire de Beaulieu Collections, Jean-Martin Beaulieu, se dit à bout de souffle et invite les entrepreneurs qui sont dans la même situation à le signaler au gouvernement.

Jean-Martin Beaulieu, propriétaire de Beaulieu Collections

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Il explique que son entreprise a connu des baisses de revenus importantes et que les programmes d'aide du gouvernement ont des critères trop rigides.

On a vécu une baisse du chiffre d'affaires de 60 % pour les trois premiers mois et de 50 % pour les six mois au total. Donc, on ne se qualifie pas. La cible est de 70 % du chiffre d'affaires [pour bénéficier d'une aide au loyer], a expliqué Jean-Martin Beaulieu au micro de l'émission Info-réveil.

Notre entreprise familiale centenaire a traversé deux guerres mondiales, une grande dépression, plusieurs récessions, et c’est finalement un virus qui met dangereusement en péril la survie de l’entreprise.

Jean-Martin Beaulieu, propriétaire de Beaulieu Collections

Depuis plusieurs semaines déjà, le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et la Côte-Nord font partie des régions où le nombre de cas actifs est parmi les plus bas de la province en fonction du nombre d'habitants.

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