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Les défenseurs des sans-abri sonnent l'alarme avec l'arrivée du temps froid

Une tente. Derrière on voit un immeuble de condos et la Tour CN.

Toronto a ouvert quatre centres de réchauffement vendredi. C'est la première fois que la Ville en ouvre plus d'un.

Photo : Radio-Canada / Myriam Eddahia

Le nombre d'engelures est à la hausse chez les itinérants de Toronto, selon des travailleurs de proximité, puisqu'il y a moins d'endroits pour se réchauffer depuis l'instauration de restrictions liées à la pandémie.

Le temps froid inquiète, surtout à l'approche de températures sous la barre du 0°C prévues pour cette semaine.

La Ville devra agir vite, sinon elle aura un désastre entre les mains. Il y a plus d'engelures que jamais, lance le porte-parole de la Coalition interconfessionnelle pour lutter contre l'itinérance, Rafi Aaron. Il ajoute que cette population est en croissance.

Même son de cloche du côté du réseau Encampment Support Network. Plusieurs infirmières nous disent qu'il y a plus de gens qui souffrent d'hypothermie et d'engelures qu'à l'habitude parce que les McDonald's et les Tim Hortons sont fermés, dit la bénévole Simone Schmidt qui distribuait du café et des chaussettes de laine aux dizaines de sans-abri dans le parc Trinity Bellwoods.

La Ville de Toronto estime qu'il y a entre 300 et 400 personnes qui vivent toujours dans des tentes cet hiver.

À Toronto, plus de 8000 personnes sont en situation d'itinérance, selon ses plus récentes données.

La Ville dit avoir orienté plus de 1200 personnes vivant à l'extérieur vers des espaces intérieurs plus sûrs et retiré près de 70 campements, depuis le début de la pandémie.

S'entraider pour survivre

Malgré le froid, certains sans-abri se sentent plus en sécurité dehors que dans les refuges en temps de pandémie.

Domenico Saxida est en situation d'itinérance depuis trois ans. Le froid est brutal, dit-il. Nous utilisons des réchauds de camping de butane au lieu d'utiliser du propane, ce qui cause plusieurs incendies. J'ai plusieurs extincteurs sur place au cas où, explique le Torontois.

Un homme porte un masque.

Domenico Saxida est en situation d'itinérance depuis trois ans. Il est devenu un leader dans sa communauté.

Photo : Radio-Canada

À l'aide de dons, il a construit une mégatente conçue avec deux tentes de six personnes et une tente de huit personnes. Neuf Torontois cohabitent dans cette installation munie d'un salon et de neuf chambres dans le parc Trinity Bellwoods.

Comme d'autres, Domenico préfère rester dehors que dormir dans un refuge. Il se prépare à l'approche de l'hiver depuis la fin octobre.

Nous sommes plus en sécurité ici. Les refuges sont dégoûtants. La nourriture est dégoûtante et le personnel nous traite comme des enfants.

Domenico Saxida, Torontois en situation d'itinérance

À cause de la COVID-19, beaucoup de gens ont peur. Il y avait jusqu'à 55 tentes avant. Il y a maintenant 25 à 30 structures. Nous sommes une communauté. Nous nous soutenons mutuellement, raconte-t-il.

En plus de vivre dans la rue, Domenico a perdu son père de la COVID-19 il y a six mois et sa fiancée est morte d'une surdose récemment. Malgré tout, il est un leader de sa communauté et inspire d'autres personnes dans la même situation.

Une communauté vulnérable

En un an, plus de 710 sans-abri ont contracté la COVID-19 dans les refuges de la Ville.

Les sans-abri sont 2,5 fois plus susceptibles d'être déclarés positif à la COVID-19. Ils sont 20 fois plus susceptibles d'être hospitalisés, 10 fois plus susceptibles d'être aux soins intensifs et cinq fois plus susceptibles d'en mourir, explique le Dr Naheed Dosani, qui les soigne.

Selon lui, certaines personnes en situation d'itinérance ne font pas confiance aux institutions gouvernementales même si elles sont reconnaissantes des options temporaires offertes. De plus, les hôtels qui les accueillent pendant la pandémie sont souvent à l'extérieur du centre-ville et certains sans-abri ne veulent pas s'éloigner.

Vendredi, Toronto a ouvert quatre centres de réchauffement. Selon Rafi Aaron, les centres étaient pleins en 20 minutes, ce qui témoigne du besoin criant de cette communauté.

Domenico Saxida est très reconnaissant de l'aide qu'il a reçue jusqu'à présent. Il y a beaucoup de bonnes personnes dans cette ville, croit-il. Les membres du groupe Encampment Support Network sont des anges. Ils apportent des tentes, des sacs de couchage, des vêtements, des manteaux d'hiver et des bottes, poursuit Domenico.

Même des gens de l'extérieur de la ville viennent nous aider, conclut-il.

Avec les informations d'Alison Chiasson, de CBC News

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