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Pointe-à-la-Croix ne veut pas de test obligatoire pour entrer au N.-B.

Le pont J.C. Van Horne est opéré par le gouvernement fédéral.

En temps normal, les résidents de Pointe-à-la-Croix et de Listuguj traversent régulièrement le pont J.C. Van Horne pour se rendre à Campbellton (archives).

Photo : Radio-Canada

Le maire de Pointe-à-la-Croix, Pascal Bujold, envisage de contester l'imposition par le Nouveau-Brunswick d'un test de dépistage à la COVID-19 avant de pouvoir entrer dans le nord-ouest de la province, qui est en confinement total depuis dimanche.

On est en train d'élaborer un plan, advenant un refus du Nouveau-Brunswick, pour [rejeter ses mesures], affirme Pascal Bujold, en entrevue à l'émission Bon pied, bonne heure!

Le maire de Pointe-à-la-Croix invite le député provincial de Bonaventure, Sylvain Roy, ainsi que la députée fédérale d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia, Kristina Michaud, à agir.

Principalement, ce serait aux politiciens de trouver une solution avant que ça dégénère, avance M. Bujold.

Un homme dehors avec une tuque rouge.

Pascal Bujold ne digère pas la nouvelle restriction imposée par le Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Il déplore que le Nouveau-Brunswick impose à nouveau des mesures insensibles et cruelles qui compliquent la vie des résidents de sa communauté, où les liens économiques et familiaux avec le Nouveau-Brunswick sont nombreux.

Depuis le début, c'est toujours des mesures radicales qu'ils nous imposent, et là, c'est la goutte qui fait déborder le vase.

Pascal Bujold, maire de Pointe-à-la-Croix

On veut faire vivre ça aux enfants en garde partagée, aux travailleurs essentiels, à l'ensemble de la population qui a des besoins bancaires, médicaux, etc. C'est la même chose pour les gens du Nouveau-Brunswick qui travaillent à Pointe-à-la-Croix, déplore le maire.

Il affirme d'ailleurs avoir été interpellé par de nombreux citoyens choqués au cours de la fin de semaine.

Une décision sans fondement scientifique

Le CISSS de la Gaspésie a ouvert une clinique mobile de dépistage dès dimanche matin à Pointe-à-la-Croix.

Même si le Dr Yv Bonnier Viger, directeur régional de la Gaspésie et des Îles, admet que le Nouveau-Brunswick est souverain, il doute de l'efficacité d'une telle mesure. Il n'y a pas de raison scientifique très valable en arrière de ça, explique-t-il.

C'est de la fausse réassurance.

Dr Bonnier Viger, directeur régional de santé publique

Québec va payer

La facture de ces tests de dépistage reviendra à Québec, ce que déplore Pascal Bujold.

C'est une décision du Nouveau-Brunswick qui, encore une fois, est aux frais du Québec. S'ils nous imposent quelque chose, c'est à eux de payer, avance-t-il.

Il y a une rencontre lundi avec la santé publique du Nouveau-Brunswick pour voir s'il n'y a pas moyen de rapatrier les tests de Campbellton, même si on n'est vraiment pas d'accord avec la procédure, ajoute le maire.

À Québec, le gouvernement regrette la décision du Nouveau-Brunswick, mais rappelle le contexte de pandémie dans lequel cette décision a été prise.

Chaque gouvernement prend les décisions qu’il juge appropriées pour protéger sa population, explique par courriel Florent Tanlet, attaché de presse de la ministre responsable des Relations canadiennes, Sonia LeBel. Cela dit, nous sommes en lien avec le gouvernement du Nouveau-Brunswick pour voir comment ils pourraient accommoder les Québécois qui doivent entrer sur leur territoire.

Le député Sylvain Roy estime pour sa part qu'il y a peu de chance qu'un accord soit conclu en ce sens. C'est sûr qu'on paie, on n'a pas le choix, lance-t-il.

Est-ce qu'on entre dans un processus judiciaire avec le Nouveau-Brunswick pour lui faire payer les frais (on n'en verrait jamais le bout) ou est-ce qu'on assume les frais pour le moment afin de satisfaire les gens qui doivent aller travailler au Nouveau-Brunswick?

Selon le député, c'est plutôt à Québec de faire pression sur le gouvernement de Blaine Higgs et sur Ottawa.

Si le gouvernement du Québec portait plainte, le gouvernement fédéral serait obligé de réagir parce que, selon la Constitution, on n'a pas le droit d'empêcher les gens de se promener au Canada.

Sylvain Roy, député de Bonaventure

M. Roy croit par ailleurs que l'imposition de ce qu'il qualifie de passeport santé pourrait nuire au Nouveau-Brunswick à long terme.

Sylvain Roy est en plein débat à l’Assemblée nationale, en juin 2019.

Le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy, estime que le gouvernement de Blaine Higgs s'acharne sur la population d'Avignon (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

On se pose de sérieuses questions sur le transport interprovincial. Les camionneurs qui viennent de l'Ontario, de partout au Canada et qui entrent au Nouveau-Brunswick, comment ils vont gérer ça? Les camionneurs qui ne sont pas avertis vont virer de bord avec leur marchandise, avance le député.

Puis, les habitudes de consommation se tournent vers le local et je pense que Campbellton va être boudé pendant des années parce que les gens de notre coin n'en reviennent pas de l'attitude qu'ils ont envers les Québécois, ajoute M. Roy.

Le député dit avoir contacté le gouvernement du Nouveau-Brunswick à ce sujet, sans succès.

De son côté, la députée fédérale Kristina Michaud estime que les discussions à ce sujet doivent avoir lieu entre le gouvernement de François Legault et celui de Blaine Higgs.

Il est difficile d’interférer dans les décisions de la santé publique d’une province voisine, même si elles ont de malheureux impacts de notre côté de la frontière, écrit-elle par courriel.

Elle rappelle d'ailleurs s'être déjà buté à la rigidité du gouvernement Higgs lors dela mise à l'écart des élèves de Listuguj de leur école secondaire à Campbellton.

Avec les informations de Joane Bérubé et de Jean-François Deschênes.

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