•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

1 an déjà depuis le 1er cas de COVID-19 au Canada

Une professionnelle de la santé effectue un test de dépistage du coronavirus dans une clinique mobile du quartier Saint-Michel.

Un homme penche la tête en arrière pour un test de dépistage de la COVID-19. (archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

CBC News

Le premier cas de COVID-19 au Canada a été confirmé il y a un an chez un patient qui s'est présenté à l'hôpital Sunnybrook de Toronto à son retour de Wuhan, en Chine.

Plusieurs leçons tirées de la première vague s’appliquent à la seconde, mais certaines questions persistent. Entre autres, des inquiétudes subsistent en ce qui concerne la situation dans les foyers de soins de longue durée.

Ce sont tous des décès évitables, a déclaré le Dr Nitin Mohan, professeur adjoint à l'Université Western de London, en Ontario, et médecin épidémiologiste au sein de la société de conseil en santé publique ETIO.

La crise des soins de longue durée se poursuit

Le fait que nous soyons à ce point avancés dans la pandémie et que nous voyions encore des éclosions et des décès dans les maisons de soins de longue durée, c'est presque embarrassant, a déclaré le Dr Mohan en entrevue avec CBC News.

Le Dr Isaac Bogoch, spécialiste des maladies infectieuses au sein du Réseau universitaire de santé de Toronto, qualifie de tragique ce qui s'est passé dans les foyers de soins de longue durée de l'Ontario au printemps dernier.

Il aurait certainement pu y avoir des mesures prises entre la première et la deuxième vague pour protéger de façon significative les plus vulnérables parmi nous, a-t-il ajouté, lui aussi en entrevue.

Ce que nous voyons dans les établissements de soins de longue durée est le résultat, malheureusement, d’années et d’années de négligence, a-t-il déclaré. C’était prévisible.

D’abord, l’incertitude

Au cours des deux premiers mois de 2020, les prévisions variaient. Les responsables de la santé publique et les dirigeants politiques semblaient plus enclins à apaiser les craintes concernant la COVID-19 qu'à tirer la sonnette d'alarme.

Ils ont répété que le risque était faible en Ontario. Ils suggéraient d’ailleurs que le grand public devrait s'abstenir de porter des masques. Au début du mois de mars, les autorités ont déclaré qu'il n'y avait aucune preuve de propagation au sein de la communauté.

Ces incertitudes au début de la pandémie étaient réelles parce que nous ne savions rien, a déclaré le Dr Bogoch.

Le système a été lent à reconnaître que le virus n'était pas seulement importé par des voyageurs revenant d'une poignée de pays lointains, ajoute le Dr Zain Chagla, médecin spécialiste des maladies infectieuses à Hamilton et professeur associé de médecine à l'Université McMaster.

Je pense que le passage de cette maladie dite "de voyage" à une maladie endémique s'est fait relativement tard, a-t-il déclaré à CBC News, lui aussi en entrevue.

Selon lui, un point crucial est survenu vers la fin de février lorsque la transmission communautaire a été détectée aux États-Unis et que les médecins canadiens ont vu des personnes revenir des États-Unis avec la COVID-19.

À ce moment-là, l’espoir que la maladie épargne le Canada était nul, a-t-il déclaré. Je pense que c'est probablement à ce moment que nous avons décidé de dire : "OK, il y a un risque pour nous. Nous devons commencer à invoquer des mesures de santé publique."

L'Ontario a déclaré l'état d'urgence le 17 mars, et le gouvernement fédéral a interrompu les voyages non essentiels à la frontière terrestre avec les États-Unis le 20 mars.

Le Dr Mohan estime que les gouvernements ont alors agi de manière décisive. Nous avions affaire à quelque chose de relativement nouveau et inconnu, nous obtenions des données et prenions des décisions en temps réel, a-t-il déclaré. 

Faible capacité de test

Selon ces experts, le secteur de la santé a fait son possible malgré le manque d’équipement de protection personnelle. Cependant, la capacité limitée de l'Ontario à diagnostiquer cette nouvelle maladie a entravé sa capacité à suivre sa propagation.

Jusqu'en mai, les Ontariens ne pouvaient pas librement passer un test de dépistage à moins de répondre à une série de critères stricts.

Ces experts pensent que le nombre réel d'infections au printemps était bien plus élevé que le nombre de cas officiellement déclarés.

Il y avait des limites évidentes dans nos capacités de test qui sont le résultat de modèles de financement médiocres de la santé publique, a déclaré le Dr Mohan. Ce type de pandémie n’arrive qu’une fois par génération et nous étions déjà en difficulté, explique-t-il.

Rapidité de transmission

La transmission du virus SRAS-CoV-2 par des personnes asymptomatiques continue à être problématique.

Très tôt, les autorités ont mis l'accent sur le dépistage des gens présentant des symptômes tels que la fièvre et la toux. Bien que cette stratégie ait permis de repérer une proportion importante de cas, elle a envoyé un message confus à la population.

Si nous avions su clairement qu'il y avait une transmission présymptomatique, je pense que la façon dont nous avons géré les choses aurait été bien différente, affirme le Dr Chagla.

Il ajoute que la quarantaine aurait été imposée aux voyageurs plus tôt et que le traçage des contacts aurait été fait plus vite si ces données avaient été accessibles aux responsables plus rapidement.

Les personnes vulnérables le sont restées

Les Drs Chagla, Bogoch et Mohan affirment que trop peu de choses ont été faites pour protéger les personnes appartenant à des communautés racisées et à faible revenu.

Aujourd’hui, les Noirs et les personnes d'origine sud-asiatique sont toujours surreprésentés parmi les cas de COVID-19 au pays.

Avec les informations de Mike Crawley de CBC News

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !