•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les tests par gargarisme pour garder l’adhésion des travailleurs de la santé

Test de salive pour la COVID-19

La méthode consiste à se gargariser avec de l’eau, avant de la recracher dans une éprouvette.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

À partir de cette semaine, le CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal offrira à ses employés la possibilité de recourir à des tests par gargarisme pour dépister la COVID-19.

Alors que trois des quatre quartiers affichant les pires taux d'infection de la province se trouvent sur le territoire montréalais et que deux urgences ont été touchées par des éclosions dans les derniers jours, le dépistage demeure une des clés pour freiner la propagation.

L'option des tests par gargarisme vise à convaincre les travailleurs de la santé, lassés de se faire tester avec l'écouvillon inséré dans le nez, à poursuivre leurs efforts, puisque le dépistage des employés n'est pas obligatoire.

Ce type de test consiste à se gargariser quelques secondes avec une gorgée d'eau de source, avant de la recracher dans un gobelet. Le mélange de salive et d'eau permet alors de déceler la COVID-19.

Certains employés ont eu à faire ces prélèvements maintes et maintes fois depuis le mois de mars, donc il peut y avoir une certaine fatigue qui est tout à fait compréhensible, explique la Dre Annie-Claude Labbé, microbiologiste infectiologue à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Il y a des employés qui n'ont pas envie de se faire dépister toutes les semaines et je les comprends. Avec le gargarisme, on espère pouvoir augmenter l'adhésion au dépistage.

Dre Annie-Claude Labbé, microbiologiste et infectiologue

Des infirmières, des médecins, des préposés aux bénéficiaires, mais aussi des employés d'entretien ménager doivent subir des tests de dépistage préventifs chaque semaine, même ceux qui travaillent en zone froide ou ultrafroide, puisqu'ils sont en contact avec des patients vulnérables.

La Dre Labbé n'est pas en mesure de nous indiquer si l'adhésion des employés au dépistage a diminué dernièrement, mais une équipe d'experts travaille depuis des mois au Québec pour offrir cette nouvelle option.

Le résultat ne sera pas disponible plus rapidement. C'est exactement la même analyse de laboratoire qu'on va effectuer sur les prélèvements obtenus par le gargarisme à l'eau de source que sur les prélèvements obtenus par écouvillonnage, poursuit la Dre Labbé.

La technique est cependant beaucoup plus confortable et moins invasive.

Des cliniques mobiles offrant des tests par gargarisme se déplaceront vers les lieux de travail des employés de la santé. Des travailleurs pourront aussi les obtenir dans des sites de dépistage fixes. Ils pourraient même être offerts directement à l'intérieur de certains établissements.

On va y aller à partir de lundi de façon progressive, ajoute la Dre Labbé.

Les tests seront d'abord offerts par des cliniques mobiles, puis ce sera déployé de façon plus large dans les prochains jours ou dans les prochaines semaines, afin de permettre au plus grand nombre possible d'employés d'avoir accès à ce mode de prélèvement là, résume-t-elle.

Bientôt dans presque tous les établissements du Québec

Le CHU de Québec et le CISSS de Chaudière-Appalaches ont aussi implanté les tests par gargarisme dernièrement. Selon nos informations, la technique connaît beaucoup de succès auprès des employés qui peuvent l’obtenir.

Par contre, ces tests ne peuvent pas être offerts dans toutes les situations, puisqu'ils offrent une sensibilité légèrement inférieure aux tests réalisés avec l'écouvillon.

Des membres du Laboratoire de santé publique du Québec se rencontrent régulièrement pour partager des informations sur ce mode de prélèvement. Plusieurs CISSS et CIUSSS dans la province ont déjà manifesté leur intérêt pour implanter ce mode de dépistage auprès de leurs employés.

Une étude réunissant 3000 volontaires à travers le Québec, en cours depuis quelques semaines, s'avère prometteuse.

L'un des obstacles au déploiement pourrait même être levé sous peu. C'est que plusieurs laboratoires au Québec ne possèdent pas les mêmes plateformes pour valider ou analyser les tests. Même si ces plateformes fonctionnent indépendamment les unes des autres, le fait que l'analyse se fasse différemment peut ralentir le déploiement de nouvelles techniques.

Je crois que l'implantation des tests par gargarisme va s'accélérer dans les prochaines semaines parce que l'équipe au Laboratoire de santé publique du Québec travaille à rendre disponible une plateforme de validation pour l'ensemble des laboratoires. Ça va permettre une conformité, indique la Dre Labbé.

Elle pense que d'autres établissements vont vouloir aller de l'avant.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !