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Le manque de transparence sur la vaccination érode la confiance des Manitobains

Une infirmière tient une dose de vaccin.

La province pourrait expliquer davantage aux Manitobains ce qu'elle envisage de faire pour la suite de la vaccination.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Radio-Canada

Alors que le déploiement du vaccin au Manitoba se poursuit en queue de peloton parmi les provinces, la plupart des Manitobains restent dans l'ignorance quant à leur place dans le plan de vaccination en général.

D’autres provinces, dont la Saskatchewan, la Colombie-Britannique, l'Ontario et le Québec, ont indiqué l'ordre dans lequel elles ont l'intention de vacciner les différents groupes de leur population, avec des délais approximatifs s'étendant sur plusieurs mois.

Six semaines après le début de la campagne de vaccination au Manitoba, le gouvernement provincial n'a toujours pas annoncé comment il compte étendre l'accès aux vaccins contre la COVID-19 au-delà des groupes prioritaires de la première phase. Selon les experts en santé, l'information est essentielle pour gagner la confiance du public.

Il faudrait dire aux gens ce que vous savez et ce que vous ne savez pas. Et lorsque vous en saurez plus, vous les tiendrez informés, a déclaré la professeure à l'Université de Colombie-Britannique et experte en communication sur la santé, Heidi Tworek.

Ce genre de transparence peut être très utile pour établir cette confiance.

Le Manitoba a commencé à progresser dans la vaccination de trois des quatre groupes prioritaires identifiés par le Comité consultatif national sur l'immunisation (CCNI) mais n'a pas spécifié quand les personnes âgées vivant dans la communauté deviendront admissibles.

La Saskatchewan et l'Ontario, quant à eux, prévoient le déploiement de la vaccination auprès de la population générale dès le mois d'avril.

Un approvisionnement imprévisible

Les membres du groupe de travail du Manitoba sur la vaccination ont déclaré en début de semaine qu'ils avaient prévu de publier plus d'informations concernant l’admissibilité. 

Toutefois, ils ont fait face à un ralentissement d'approvisionnement causé par le fabricant de vaccins Pfizer. Ce dernier a fermé temporairement une usine en Belgique afin d'étendre sa production à long terme.

Les deux principaux centres de vaccination de la province, à Winnipeg et à Brandon, ont cessé de prendre de nouveaux rendez-vous.

Avec ces changements, tout le travail de l'équipe était concentré sur la mise en place d'un plan qui répondrait aux besoins de nos travailleurs de la santé qui avaient pris des rendez-vous, a expliqué mercredi la médecin en chef du ministère de la Santé et des Aînés et membre du groupe de travail du Manitoba sur la campagne de vaccination, Dr Joss Reimer.

Les gouvernements savent depuis des mois que l'approvisionnement en vaccins pourrait être imprévisible, affirme le professeur de sciences de la santé communautaire à l'Université du Manitoba, James Blanchard

Ce qui n’empêche pas la planification du déploiement, ajoute-t-il. 

Vous pouvez faire avancer les choses sur deux fronts, plutôt que séquentielles.

La transparence est essentielle

La transparence concernant les personnes admissibles pourrait également aider les gens à se rallier aux restrictions de santé publique visant à limiter la propagation du virus, soutient M. Blanchard

Jusqu'à présent, le Manitoba se classe à l'avant-dernier rang des provinces concernant le pourcentage de doses administrées à la population par rapport à l'approvisionnement reçu du gouvernement fédéral.

Vendredi dernier, le Manitoba avait administré 46 % de son approvisionnement. La Saskatchewan voisine a administré 96 % de ses doses de vaccin.

Doses administrées par rapport aux doses distribuées

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a répliqué que le fait de consulter les dirigeants des Premières Nations et de s’assurer d’un approvisionnement pour administrer les deuxièmes doses aux travailleurs de première ligne et aux personnes âgées en foyer, a fait ralentir tout le processus.

Je pense que si les Manitobains comprennent cela, et j'espère que vous le ferez, vous comprendrez que nous allons faire passer la sécurité avant tout, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse jeudi.

Le professeur de santé communautaire et d'épidémiologie à l'Université de Saskatchewan, Dr Nazeem Muhajarine, a reconnu que l'objectif de la Saskatchewan de faire vacciner la population générale d'ici avril est ambitieux.

Mais le besoin de procéder par étapes et de prioriser certains groupes avant d'autres n'empêche pas les gouvernements de déterminer qui seront les prochains groupes.

Il y a encore un long chemin à parcourir pour vacciner les personnes de 40 ans, sans condition préalable, a-t-il ajouté. Mais cela n’empêche pas une mise en place.

Avec les informations de Cameron MacLean

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