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Les enfants solitaires plus susceptibles d'être rejetés par les autres

Un enfant dont on ne voit pas le visage est assis par terre

Les enfants qui préfèrent la solitude éprouvent davantage de difficulté à développer des relations saines avec leurs pairs.

Photo : iStock / KatarzynaBialasiewicz

Les enfants qui préfèrent la solitude sont plus susceptibles de subir le rejet de leurs pairs, selon une étude menée à l’Université Laval et récemment publiée dans la revue Developmental Psychology.

Geneviève Morneau-Vaillancourt, candidate au doctorat de psychologie à l’Université Laval et principale auteure de l’étude, s’intéresse aux comportements de retrait social.

Pour mener à bien sa recherche, elle a d’abord identifié deux causes d’isolement chez les enfants, soit la méfiance envers les autres et la préférence pour la solitude.

Méthodologie

  • Un peu plus de 1000 enfants, tous jumeaux, ont contribué à l’étude réalisée par Geneviève Morneau-Vaillancourt.
  • Pour identifier les enfants victimes de rejet, elle a utilisé un procédé appelé la nomination par les pairs.
  • Les enfants devaient déterminer quels camarades se faisaient pousser, frapper et crier après le plus fréquemment. Ils devaient aussi indiquer avec qui ils avaient le moins envie de jouer.
  • Les enseignants ont aussi été mis à contribution pour déterminer les enfants éprouvant de la méfiance envers les autres.
  • Ils devaient notamment identifier qui, parmi leurs élèves, avaient éprouvé de la difficulté à approcher un enfant inconnu.

La chercheuse a constaté que les enfants à tendance solitaire souffrent davantage de rejet.

Les enfants seraient en mesure de comprendre que ceux qui se méfient sont prêts à jouer avec eux, mais que les autres ne le sont pas, analyse Geneviève Morneau-Vaillancourt.

Les résultats de son étude, tient-elle à préciser, ne signifient pas que tous les enfants qui préfèrent la solitude vont connaître du rejet.

Toutefois, les données montrent une corrélation entre un comportement d’isolement volontaire et la victimisation par les pairs.

L’étude montre également que le désintérêt social devient davantage perçu négativement vers la fin de l’enfance, explique Geneviève Morneau-Vaillancourt.

Un cercle vicieux

Le rejet subit par les autres ne favorise pas l'intégration des victimes au sein du groupe, souligne aussi la chercheuse.

Les petits solitaires le deviennent de plus en plus devant la discrimination de leurs pairs, ce qui est susceptible d’entraîner des problèmes plus criants à l’adolescence, période où l’appartenance à un groupe devient primordiale.

Les comportements de retrait social observés en bas âge risquent, par ailleurs, de marquer aussi l’âge adulte, précise la chercheuse, qui souligne l’importance de briser cette logique de rejet le plus tôt possible.

Les études antérieures ont montré que des expériences négatives avec d’autres enfants ou d’autres adolescents exacerbent la préférence pour la solitude et l’isolement.

Geneviève Morneau-Vaillancourt, candidate au doctorat de psychologie à l’Université Laval

Toutefois, ce n'est pas uniquement à l'enfant solitaire qu'il revient de changer son sort parmi le groupe.

Le fardeau ne repose pas uniquement sur les épaules de l’enfant, indique Michel Boivin, professeur à l’École de psychologie de l’Université Laval qui a accompagné la doctorante dans ses recherches.

La victimisation, le rejet : ce sont des phénomènes de groupe, analyse-t-il.

On peut penser qu’il y a aussi un travail à faire sur les groupes eux-mêmes, conclut M. Boivin, pour que les caractères individuels soient mieux acceptés.

Une étude menée sur 20 ans

La recherche menée par Geneviève Morneau-Vaillancourt s’appuie sur les données recueillies dans le cadre d’une étude menée depuis 20 ans.

Cette dernière, centrée dans la région de Montréal, mais à laquelle participent des équipes de recherche du monde entier, analyse le développement social, cognitif et scolaire de plus d’un millier de jumeaux, suivi depuis l’âge de cinq mois.

Pourquoi des jumeaux?

  • L’avantage d’étudier des jumeaux est qu’ils évoluent au même moment au sein de leur famille, explique le professeur Michel Boivin.
  • Ils partagent également un bagage génétique commun, utile pour la recherche sur les déterminants biologiques des comportements.

Cette longue recherche a notamment mis en lumière l’importance de la petite enfance, souligne Michel Boivin.

L’étude n’a d’ailleurs pas fini d’aider à mieux comprendre le développement des enfants, puisque malgré une centaine d’articles écrits, les chercheurs ont exploité à peine 15 % des données recueillies jusqu’à présent.

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