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Il y a 100 ans, la première femme était élue au conseil municipal d'Edmonton

Une photo en noir et blanc d'Izena Ross.

Izena Ross est la première femme à avoir été élue au conseil municipal d'Edmonton, en 1921.

Photo : Edmonton Public Schools Archives and Museum

Il y a 100 ans, Izena Ross est devenue la première femme à être élue au conseil municipal d’Edmonton. Pour commémorer l’événement, le YWCA d’Edmonton lance un balado qui retrace l’histoire de cette pionnière et met en lumière l’héritage des femmes qui ont siégé au conseil municipal de la capitale albertaine au cours du dernier siècle.

Il aura fallu deux mois à Katherine O’Neill et son équipe pour retrouver une photo originale d’Izena Ross.

Pourtant, Izena Ross a marqué l'histoire de la ville en devenant, en décembre 1921, la première femme à être élue au conseil municipal d'Edmonton.

J’ai trouvé très peu d'informations sur elle dans les archives de la Ville, raconte Katherine O’Neill, la présidente-directrice générale du YWCA d’Edmonton et la co-présidente du projet Searching for Izena.

En continuant ses recherches, Katherine O’Neill dit cependant avoir réussi à déterrer l’histoire oubliée de la pionnière.

C’était une suffragette. Elle croyait que les femmes devaient s’asseoir à la table de décision. Elle a travaillé très fort pour que ce soit le cas et elle a fait partie de comités dont l’objectif était d’encourager les femmes à se présenter aux élections et faire en sorte qu’elles soient élues, raconte-t-elle.

En plus de raconter l’histoire d’Izena Ross, le balado de neuf épisodes retrace l’histoire des 30 autres femmes qui ont siégé au conseil municipal d’Edmonton au cours du dernier siècle.

L'affiche du balado qui illustre Izena Ross qui cherche avec une loupe.

Le balado « Searching for Izena » retrace l'histoire des femmes qui ont siégé au conseil municipal d'Edmonton.

Photo : YWCA Edmonton

La sénatrice albertaine Paula Simons fait partie des personnes interviewées dans le balado.

Quand j’étais journaliste à l'Edmonton Journal, j’avais fait un reportage sur Margaret Crang, la deuxième femme à siéger au conseil municipal, raconte la sénatrice.

Elle n’avait que 23 ans [...] Elle était une femme pleine d’idées radicales et révolutionnaires pour le temps. Elle s’est battue pour le droit des femmes, les droits des immigrants chinois et des juifs, c’était une antifasciste avant l’arrivée d’Hitler.

Encore beaucoup de barrières pour les femmes

Actuellement, seuls deux des douze conseillers municipaux d’Edmonton sont des femmes.

La ville n’a également élu qu’une seule femme au poste de mairesse, Janice Reimer, en 1989.

Selon Katherine O’Neill, beaucoup de facteurs expliquent la sous-représentation des femmes en politique municipale. Elle croit d’abord que beaucoup d’entre elles craignent le manque de sécurité d’emploi associé au travail d’élu.

Il n’y a pas de fonds de pension et très peu de sécurité d’emploi, ce qui peut rebuter les femmes, car pour beaucoup d’entre elles, la sécurité financière est un problème, explique-t-elle.

Elle ajoute qu’un des objectifs du balado est de trouver des pistes de solutions.

Paula Simons, une femme aux cheveux courts noirs et bouclés, porte des lunettes noires.

La sénatrice albertaine Paula Simons a été interviewée pour le balado «Searching for Izena».

Photo : Facebook

Selon Paula Simons, le harcèlement et la conciliation travail-famille font également partie des principaux défis auxquels font face les femmes qui se lancent en politique.

C’est difficile d’être une femme dans le monde public de nos jours parce qu’il y a tellement de gens fâchés qui ont le pouvoir de dire des choses horribles tout le temps, dit-elle.

Karen Leibovici, qui a siégé au conseil municipal d’Edmonton de 2001 à 2013, a, elle aussi, été interviewée dans le cadre du projet.

Elle croit que les femmes en politique sont encore considérées comme moins compétentes que leurs collègues masculins.

Elles ont plus de difficultés à trouver des gens pour former leur équipe. Elles doivent trouver l’argent nécessaire pour mener leur campagne électorale. Certaines n’ont pas le soutien de leur partenaire, ce qui est difficile lorsqu’elles ont une famille, explique-t-elle.

Un lègue important

Karen Leibovici précise toutefois que les femmes qui ont siégé au conseil municipal de la ville ont contribué de manière significative au développement d’Edmonton.

On s’est attaqué à des dossiers difficiles comme le budget et les finances de la Ville, l’itinérance et la violence. [...] Est-ce qu’il est arrivé que des hommes lèvent les yeux au ciel et m'ignorent? Bien sûr. Mais j’ai été capable de prouver que j’étais une force à ne pas négliger, se souvient-elle.

Quand les anciennes conseillères municipales nous parlent de leur lègue, elles mentionnent la préservation de la Vallée de la rivière, la création de parcs et d’avoir fait d’Edmonton une ville plus agréable. Sans ces femmes, Edmonton ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui, ajoute Katherine O’Neill.

Élections municipales en 2021

En plus de faire la lumière sur l’histoire de ces femmes, Katherine O’Neill et son équipe espèrent que le balado Searching for Izena inspirera davantage de femmes et de personnes issues des minorités culturelles à se présenter aux prochaines élections municipales, en 2021.

Jusqu’à maintenant, seulement une femme a été élue mairesse d’Edmonton et aucune personne de couleur n’a siégé au conseil municipal. C’est pourquoi il est important de parler de l’histoire de ces femmes, mais aussi de parler du travail qui reste à faire, dit-elle.

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