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Compressions à CBC : toujours une possibilité pour les conservateurs

Le chef du parti convervateur Erin O'Toole.

Pendant la course à la direction du Parti conservateur, Erin O'Toole accusait CBC d'être hors de contrôle.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Privatiser la télé et mettre fin aux services numériques de CBC font toujours partie des plans du chef conservateur Erin O'Toole en vue de la prochaine campagne électorale. Il assure toutefois qu'il n'a pas l'intention de toucher à la radio de CBC, ni aux services de Radio-Canada.

Pendant la course à la direction du Parti conservateur, Erin O'Toole accusait CBC d'être hors de contrôle et promettait de complètement privatiser les services de télévision d'ici la fin de [son] premier mandat.

Il soutenait qu'en augmentant le financement de CBC/Radio-Canada, les libéraux de Justin Trudeau ont affaibli les médias privés et les journaux locaux, ce qui a rendu nécessaire la création d'un plan d'aide de 600 millions de dollars.

Dans le cadre des audiences du CRTC sur les licences du diffuseur public, Radio-Canada a voulu savoir si cette promesse était toujours à l'ordre du jour.

La directrice des communications d'Erin O'Toole a expliqué par courriel que le Parti conservateur devra, une fois la pandémie terminée [...] reprendre le contrôle des finances du pays.

Nous le ferons de façon pragmatique et responsable, a écrit Mélanie Paradis. Cela inclut CBC. M. O'Toole a toutefois été très clair que Radio-Canada joue un rôle important et sera préservée.

En entrevue, le porte-parole conservateur Alain Rayes a quant à lui précisé que la plateforme électorale n'était pas encore présentée, mais qu'avant de se rendre aux urnes les Canadiens sauront à quoi s'attendre .

Je ne suis pas dans le secret des dieux de la plateforme, a-t-il admis. Je vais laisser le temps au chef et à son équipe de prendre ces décisions. On voit une volonté de graduellement privatiser CBC. Je tiens à souligner que c'est vraiment pour CBC et le volet anglophone. 

Il ajoute que Radio-Canada joue un rôle essentiel à travers le pays. Il se demande si dans des secteurs où elle est en compétition avec le privé, elle devrait se servir des subventions si elle a accès à la publicité ou si on devrait simplement dire qu'elle n'a pas accès à la publicité.

C'est le genre de réflexion qu'on est dû pour avoir, a-t-il ajouté.

Par contre, les conservateurs peuvent-ils assurer que ces compressions n'affecteront pas les services de Radio-Canada, d'autant plus que la semaine dernière, les directions des salles de rédaction de CBC et Radio-Canada expliquaient qu'elles partageaient beaucoup leurs ressources afin d'économiser?

Le partage des ressources va faire partie de l'analyse, c'est clair, a indiqué M. Rayes.

Des audiences caduques

Alain Rayes s'en est aussi pris aux audiences du CRTC, qui sont tout simplement caduques parce que la Loi sur la radiodiffusion n'a pas encore été modifiée afin de donner davantage de pouvoir au CRTC pour réglementer les plateformes en ligne.

Le problème c'est que les libéraux se sont traîné les pieds, a-t-il affirmé. On voit que même les [dirigeants] de CBC/Radio-Canada parlent de cette volonté de se moderniser, mais le gouvernement n'a pas prévu les changements [législatifs].

Il a aussi soutenu que le service de publicité de contenu Tandem était à son avis questionnable, mais qu'il n'était pas nécessairement contre.

Des malaises avec l'Extra et Tandem

Radio-Canada a aussi demandé aux autres partis politiques leur opinion sur le renouvellement des licences de CBC/Radio-Canada.

Le Bloc québécois s'en est pris à la section payante de Tou.tv et au service publicitaire Tandem.

Il est loin d'être évident que ce type de contenu publicitaire aux allures de reportages ou d’émissions d’information soit approprié pour une organisation comme Radio-Canada, a déclaré Martin Champoux, porte-parole du Bloc québécois en matière de patrimoine.

Il est normal à mon avis que des contribuables remettent en question le fait de devoir payer un surplus pour l’Extra de Tou.tv, alors que Radio-Canada bénéficie déjà de financement public, a-t-il ajouté.

Pour Alexandre Boulerice du Nouveau Parti démocratique (NPD), Tandem est un non-sens absolu puisque le service va carrément à l'encontre du mandat de Radio-Canada.

Nous, ce qu'on demande, c'est un financement adéquat, stable et prévisible pour assurer le bon fonctionnement de Radio-Canada et que ses activités numériques soient dorénavant soumises à son mandat, a-t-il ajouté.

D'ailleurs, il a envoyé une lettre au ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault, au sujet de Tandem.

Malheureusement, au lieu de ramener à l'ordre la PDG de CBC/Radio-Canada, il préfère lancer la balle dans la cour du CRTC, a expliqué M. Boulerice.

Dans une déclaration, le bureau du ministre a écrit à Radio-Canada qu'en tant que radiodiffuseur public, CBC/Radio-Canada est une société d'État autonome.

Nous croyons qu'il faut établir une distinction claire entre la publicité et le contenu d'information, a ajouté la directrice des communications du ministre Guilbeault, Justine Lesage, et qu'il ne peut y avoir aucun doute dans l'esprit des Canadiens quant à la différence entre les deux, si nous voulons préserver la confiance envers notre radiodiffuseur national.

En ce qui a trait à l'Extra de Tou.tv, Mme Lesage écrit que le radiodiffuseur public est indépendant et gère ses plateformes.

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