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Le Kremlin minimise la portée des manifestations, selon Washington

Un homme se fait arrêter par la police en Russie.

De Moscou à Vladivostok, près de 3500 personnes ont été arrêtées samedi lors des manifestations pro-Navalny.

Photo : afp via getty images / NATALIA KOLESNIKOVA

Radio-Canada

Le Kremlin a accusé dimanche les États-Unis « d’ingérence » dans les affaires intérieures russes, tout en minimisant la portée des manifestations à l’opposant emprisonné Alexeï Navalny, qui ont réuni des dizaines de milliers de personnes partout en Russie. Moscou s'est toutefois dite ouverte à discuter avec l'administration Biden.

De Moscou à Vladivostok, près de 3500 personnes ont été arrêtées samedi, dont 1360 à Moscou et 523 à Saint-Pétersbourg, selon le groupe de surveillance OVD-Info.

Quelques jours avant les événements, certains proches de l’opposant russe avaient également été arrêtés.

Une ingérence absolue

Des dizaines de milliers de personnes partout en Russie scandant Navalny, on est avec toi! et Liberté pour les prisonniers politiques! sont descendues dans les rues à l’appel de cet ennemi juré du Kremlin et pourfendeur de la corruption pour exiger sa libération.

Ces manifestations non autorisées ont donné lieu à des arrestations parfois brutales et à des affrontements entre les protestataires et la police.

Des manifestants à Moscou.

À Moscou, les manifestants brandissent des affiches où on peut lire «Je n'ai pas peur!» et «Liberté à Navalny».

Photo : afp via getty images / VASILY MAXIMOV

Le porte-parole du Kremlin Dimitri Peskov a de son côté minimisé la portée des manifestations.

Peu de gens sont sortis, beaucoup de gens votent pour [le président russe Vladimir] Poutine, réélu avec plus de 76 % des voix en 2018, a-t-il souligné, en dénonçant une tentative d’ébranler la situation dans le pays.

Il a ainsi critiqué la représentation diplomatique américaine, qui avait appelé sur son site les Américains à ne pas se rendre à ces rassemblements samedi, mais en précisant les lieux où ils se déroulaient.

Ce geste, déjà interprété par la diplomatie russe comme une tentative de promouvoir une marche contre le Kremlin, a été qualifié par M. Peskov, samedi, comme étant d’une ingérence absolue dans nos affaires intérieures.

Une porte-parole de l’ambassade américaine à Moscou a toutefois déclaré que de tels avertissements sont diffusés aux citoyens américains dans tous les pays du monde. C’est une pratique de routine, a-t-elle déclaré à l’AFP.

Condamnations internationales

Les États-Unis avaient condamné fermement l’emploi de méthodes brutales contre les manifestants et les journalistes lors des manifestations de samedi.

Nous appelons les autorités russes à libérer toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits universels, a déclaré le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, dans un communiqué samedi.

Le chef de la politique étrangère de l’Union européenne Josep Borrel a déclaré dans un tweet qu’il déplorait le recours disproportionné à la force des autorités.

Dimanche, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Drian a quant à lui déclaré que la vague d’arrestations la veille en Russie constituait une dérive autoritaire et une atteinte insupportable à l’État de droit.

Ouverture d’une enquête

De son côté, le Comité d’enquête russe, qui est chargé des principales investigations criminelles dans le pays, a annoncé samedi soir l’ouverture d’une enquête sur un recours à des violences contre les forces de l’ordre et à l'hooliganisme lors des manifestations pro-Navalny.

Le parquet de Saint-Pétersbourg a indiqué, lui, enquêter non seulement sur des violences envers la police, mais aussi sur celles de la part des forces chargées de faire respecter la loi.

Le parquet a publié son communiqué samedi soir après la diffusion par les médias locaux d’une vidéo d’une femme qui tombe au sol après avoir été frappée à coups de pied par des policiers antiémeutes.

Identifiée comme Margarita Loudina, elle a été hospitalisée samedi soir et reste dans un état grave, a fait savoir à l’AFP un représentant de l’hôpital Djanelidze à Saint-Pétersbourg.

Alexeï Navalny a été arrêté dimanche dernier et emprisonné pour violation présumée de sa liberté conditionnelle, après être rentré en Russie pour la première fois depuis son empoisonnement par un agent neurotoxique.

Son équipe avait appelé les Russes à protester samedi dans 65 villes pour exiger sa libération.

Dialogue Moscou-Washington?

Avant même l'affaire Navalny, les relations diplomatiques entre Moscou et Washington étaient déjà à leur plus bas depuis la guerre froide, avec deux gros points de tension : l'intervention de la Russie en Ukraine et l'ingérence présumée de la Russie dans les élections américaines, ce que cette dernière dément.

Plus tôt dimanche, Dimitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a néanmoins adopté un ton plus conciliant, assurant que la Russie était prête à ouvrir le dialogue avec la nouvelle administration de Joe Biden.

« Bien sûr, nous espérons que la mise en place d'un dialogue se fera avec succès », a-t-il déclaré à la télévision, selon l'agence de presse Interfax.

« Ce serait un dialogue où les points de divergence devront être nommés dans une large mesure. Mais en même temps, dans un dialogue, il y a toujours la possibilité de trouver des éléments, aussi petits soient-ils, qui peuvent nous rapprocher », a-t-il dit.

Et si l'administration actuelle des États-Unis est favorable à cette approche, je ne doute pas que notre président y répondra aussi favorablement.

Dimitri Peskov, porte-parole du Kremlin

Vladimir Poutine a été l'un des derniers chefs d'Éat à féliciter Joe Biden pour son élection.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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