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Rassemblements dans des lieux de culte : une dizaine d'infractions de plus

Une dizaine de policiers dans une rue enneigée d'Outremont.

La police a dû intervenir plus d'une dizaine de fois vendredi soir et samedi pour empêcher des rassemblements illégaux dans des lieux de culte d'Outremont et du Plateau-Mont-Royal.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Wagner

Après avoir signalé trois rassemblements illégaux dans des lieux de culte de la communauté juive hassidique vendredi soir et samedi matin à Outremont, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) indique qu’une dizaine d’autres infractions du même genre ont nécessité son intervention dans le secteur samedi après-midi et samedi soir.

Au total, le SPVM a dénombré 12 rassemblements illégaux depuis vendredi soir.

Refusant de nommer explicitement les contrevenants, le SPVM affirme dimanche matin qu'à la suite des rassemblements illégaux survenus depuis vendredi soir […] le SPVM est intervenu dans 11 lieux pour des infractions alléguées aux décrets de la santé publique, dans les arrondissements d'Outremont et du Plateau-Mont-Royal samedi après-midi et samedi soir.

Des infractions ont été constatées à neuf de ces endroits, précise le service de police.

À la suite de ces violations, 15 constats d’infraction ont été remis pour rassemblement intérieur illégal et un pour non-respect du couvre-feu.

Par ailleurs, 223 personnes ayant été identifiées lors de ces événements feront l’objet d’un rapport d’infraction général, qui sera soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), les exposant aux mêmes conséquences que l’émission d’un constat d’infraction.

Les organismes responsables de chacun des neuf établissements concernés feront également l’objet d’un rapport d’infraction général soumis au DPCP, à titre de personne morale, précise le SPVM.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Dialogue de sourds entre les hassidiques d’Outremont et le SPVM

Trois autres rassemblements illégaux

Toute cette affaire a débuté vendredi soir avec une intervention de la police dans un lieu de culte hassidique rue Durocher, près de la rue Lajoie, à Outremont.

Des dizaines de personnes étaient présentes et se sont enfuies à l’arrivée du SPVM, comme le montre une vidéo filmée à ce moment.

En sortant, certaines d'entre elles ont foncé sur les agents. À la suite de cette intervention, quatre policiers ont été victimes de voies de fait, a spécifié le SPVM, mais personne n’a été blessé.

Seuls trois constats d’infraction ont été remis aux contrevenants sur les lieux, mais là encore, un rapport général d’infraction sera remis au Directeur des poursuites criminelles et pénales concernant l’organisme responsable des lieux et les personnes identifiées, soit 35 au total.

Le SPVM souligne cependant que de nombreux autres contrevenants sont partis avant d'avoir été identifiés.

Selon la version de la communauté hassidique recueillie dimanche, les personnes présentes lors du rassemblement ont été obligées de rester à l’intérieur de la synagogue pendant deux heures, parce qu’il n’y avait qu’un seul policier pour les identifier.

Lorsque l’heure du couvre-feu est arrivée, les gens auraient tous voulu sortir en même temps. Ils n’auraient jamais eu l’intention de foncer sur les policiers, selon un porte-parole hassidique.

Un homme en état d'arrestation.

Un homme a été arrêté samedi à la suite d'un rassemblement illégal dans une synagogue d'Outremont.

Photo : Radio-Canada

Deux autres rassemblements illégaux se sont également tenus samedi matin, donnant lieu à de nouveaux constats généraux d’infraction et à deux arrestations.

Une personne a été arrêtée pour entrave au travail des policiers, une autre pour avoir menacé un homme qui filmait les événements.

Le Conseil des juifs hassidiques condamne certains gestes

Samedi soir, dans un communiqué, le Conseil des juifs hassidiques du Québec a dit regretter que certains membres des communautés n'aient pas respecté les directives de la santé publique.

Il a cependant dénoncé une certaine confusion dans la compréhension du décret gouvernemental concernant les lieux de culte.

Ce décret, qui interdisait depuis le 8 janvier toute activité dans les lieux de culte du Québec, sauf pour les cérémonies funéraires, a été modifié jeudi pour permettre aux lieux de culte d'admettre une assistance de 10 personnes au maximum.

Le Conseil des juifs hassidiques du Québec croyait pour sa part que les nouvelles directives permettaient l'ouverture de plusieurs salles de prières dans un même édifice en autant que ce même édifice ait des entrées séparées sur la rue.

Il y a beaucoup de confusion avec le décret. […] Maintenant c’est maximum 10 personnes, mais la consigne a été diffusée tard vendredi. Nous ne savions pas si ce maximum était pour une salle ou un édifice, a déclaré samedi soir Mayer Feig, l'un des représentants du Conseil.

Questionné à nouveau dimanche matin, M. Feig s’est dit déçu de la façon d’agir du SPVM, d’abord en raison des forces qu’il a mobilisées pour contenir les rassemblements et ensuite pour la lenteur de ses réponses devant les questions de la communauté.

Il y avait à peu près 20, 25 personnes ici [dans une synagogue] et ils avaient 40 voitures de police, déplore-t-il.

Il prétend avoir envoyé une demande de clarification du décret au SPVM vendredi matin et s’être fait répondre que le service étudiait la demande, pour finalement recevoir une réponse samedi soir.

Selon le SPVM, ce genre de clarification doit normalement être envoyé à la santé publique.

M. Feig assure maintenant que l’intention de la communauté est de respecter les mesures sanitaires et que tous les représentants des synagogues ont été contactés à ce sujet et sont au courant des nouvelles mesures.

Par ailleurs, le Conseil des juifs hassidiques a condamné fermement l'utilisation de termes disgracieux de certains membres de leur communauté envers les policiers. Certains agents se sont fait traiter de nazis lors de leurs interventions.

Le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville de Montréal, Lionel Perez, lui-même juif, a aussi exprimé [son] horreur que des policiers aient été qualifiés de nazis, jugeant que les agents de la paix méritent le respect et que ces paroles banalisent la mémoire des victimes de la Shoah. Pour lui, les événements survenus en fin de semaine sont déplorables. Il insiste sur le fait que tout le monde doit respecter les règles sanitaires.

Avec les informations de Marie Isabelle Rochon

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