•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa réélu au premier tour

Sans surprise, les Portugais ont reconduit dimanche leur président, le conservateur modéré Marcelo Rebelo de Sousa, à l'issue d'un scrutin marqué par une importante percée de l'extrême droite.

Marcelo Rebelo de Sousa porte un masque chirurgical et joint les deux mains devant lui. À côté de lui se trouve une boîte de vote dans un bureau de scrutin.

Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa, un ancien professeur de droit de 72 ans, a été réélu aisément.

Photo : afp via getty images / MIGUEL RIOPA

Agence France-Presse

L'actuel chef de l'État, un ancien professeur de droit de 72 ans, devenu célèbre en tant que commentateur politique à la télévision, a obtenu 60,7 % des voix, selon des résultats partiels portant sur la quasi-totalité des circonscriptions.

Dans son discours de victoire, il a promis de faire de la lutte contre la pandémie sa première priorité, en remerciant les électeurs pour leur confiance renouvelée dans des conditions tellement plus difficiles que celles d'il y a cinq ans, lors de sa première élection.

Avec 13 % des suffrages, l'ex-eurodéputée socialiste Ana Gomes est arrivée en deuxième position, devançant in extremis le candidat d'extrême droite André Ventura, qui a engrangé 11,9 % des voix.

Percée de l'extrême droite

Grâce à ce résultat, le fondateur du parti antisystème Chega (ça suffit) confirme l'assise de la droite populiste dans un pays qui a connu une longue dictature fasciste, mais semblait jusqu'ici passer à côté d'une mouvance qui a fait des émules ailleurs dans le monde.

Ce juriste de 38 ans avait d'abord créé la surprise en entrant au Parlement lors des élections législatives de fin 2019, avec un score de 1,3 %, soit près de 70 000 voix.

Pour la première fois, un parti ouvertement antisystème a rompu le champ de la droite traditionnelle, avec près d'un demi-million de voix, s'est félicité dimanche cet allié de la Française Marine Le Pen et de l'Italien Matteo Salvini.

Il n'a toutefois pas atteint l'objectif qu'il s'était fixé de battre la socialiste Ana Gomes, qui a fait campagne sans le soutien de son parti ni du premier ministre Antonio Costa qui le dirige, en promettant de faire barrage à M. Ventura.

Si je n'avais pas été candidate, nous aurions encore plus à regretter la progression de l'ultra-droite.

Ana Gomes, candidate socialiste

Le taux d'abstention s'est élevé à 60,6 %, un record historique pour une élection présidentielle depuis l'avènement de la démocratie, en 1974.

Mais candidats et analystes redoutaient une abstention bien plus importante, pouvant même dépasser les 70 %, en raison de l'explosion des cas de coronavirus que connaît actuellement le Portugal, dont les dix millions d'habitants sont soumis depuis une dizaine de jours à un deuxième confinement général.

Une employée nettoie alors que les gens votent pour l'élection présidentielle du Portugal.

Un bureau de vote dans une école de Lisbonne sous le signe de la pandémie de COVID-19.

Photo : afp via getty images / PATRICIA DE MELO MOREIRA

Selon les données collectées par l'AFP, il s'agit du pays du monde ayant signalé au cours des deux dernières semaines le plus grand nombre de contagions et de décès de la COVID-19 en rapport avec sa population, dépassé seulement par l'enclave britannique de Gibraltar.

Après les commerces et les restaurants, le gouvernement s'est résolu à fermer les écoles vendredi. Un nouveau record de décès quotidiens a encore été battu dimanche, portant le bilan total depuis le début de la pandémie à près de 10 500 morts.

Toute la journée, de nombreux électeurs ont dû faire de longues files d'attente devant les bureaux de vote, en se tenant à distance, avant de pouvoir y entrer un par un.

Même si c'est important de venir voter alors qu'on est en confinement, cela n'a aucun sens de sortir de la maison et de se regrouper avec des milliers de personnes.

Luis Araujo, un électeur

En fin de campagne, le candidat sortant avait demandé aux électeurs de se mobiliser pour éviter un second tour et épargner aux Portugais le prolongement de l'élection pendant trois semaines cruciales pour freiner l'épidémie.

Cohabitation sans heurts

Au cours de son premier mandat, Marcelo Rebelo de Sousa a cohabité sans accroc majeur avec le gouvernement socialiste minoritaire du premier ministre Antonio Costa.

Au Portugal, le chef de l'État n'a aucun pouvoir exécutif, mais joue un rôle d'arbitre en cas de crise politique, et il peut dissoudre le Parlement pour convoquer des élections législatives anticipées.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !