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Baleine noire de l'Atlantique Nord : déjà 13 nouveau-nés repérés cet hiver

Une baleine noire de l'Atlantique Nord femelle et son baleineau dans l'océan Atlantique au large de la frontière entre la Floride et la Georgie, en février 2009.

Une baleine noire de l'Atlantique Nord femelle et son baleineau dans l'océan Atlantique au large de la frontière entre la Floride et la Georgie, en février 2009.

Photo : Associated Press / Aquarium de Nouvelle-Angleterre

Radio-Canada

Déjà 13 baleineaux de l’espèce de la baleine noire de l’Atlantique Nord, un mammifère en voie de disparition, ont été repérés dans les eaux au large de la côte sud-est des États-Unis cet hiver.

C’est plus de deux fois le nombre de nouveau-nés qui avaient été dénombrés à peu près à pareille date en 2020.

Cette nouvelle est accueillie avec un optimisme prudent par Philip Hamilton, chercheur du centre Anderson Cabot pour la vie marine à l’Aquarium de Nouvelle-Angleterre.

La baleine noire de l’Atlantique Nord est une espèce en voie de disparition dont il ne resterait que 366 individus dans le monde, dont tout au plus 94 femelles en âge de se reproduire.

La saison de la reproduction va du début décembre à la fin mars. M. Hamilton dit qu’il devrait y avoir environ 23 naissances par an avec la population actuelle de baleines noires.

Mais il y a des années qu’on n’a pas compté autant de naissances. En 2018, il n’y avait eu aucune naissance, contre 10 ou plus dans la plupart des années précédentes, rappelle le scientifique.

Une baleine et son petit à la surface de la mer.

Une baleine noire de l'Atlantique Nord et son petit au large de la côte sud-est des États-Unis en février 2020.

Photo : Twitter/NOAA Fisheries

C’est une situation que les experts attribuent au stress constant vécu par les baleines, qui ont de la difficulté à se nourrir. Leur nourriture n’étant plus présente en quantité suffisante là où elles séjournaient habituellement, elles explorent depuis quelques années des eaux qui leur étaient inconnues, et qui s’avèrent plus risquées pour elle.

Plusieurs femelles en âge de se reproduire n’ont pas eu de baleineau depuis des années.

En moyenne, une baleine noire devrait donner naissance tous les trois ou quatre ans, mais certaines femelles qui donnent naissance cette année le font pour la première fois en 10 ou 11 ans, dit Philip Hamilton.

Ce que le chercheur souhaite, c’est que plusieurs de ces femelles, qui auraient normalement dû avoir des petits dans les dernières années, le fassent finalement cette saison, ce qui ferait bondir le nombre de naissances.

Il va vraiment falloir arrêter de tuer ces animaux

Le scientifique fait une mise en garde. Peu importe la manière dont se déroule la saison de la reproduction, la baleine noire de l’Atlantique Nord est vouée à s’éteindre complètement si des individus continuent à mourir en grand nombre.

Il va vraiment falloir arrêter de tuer ces animaux, dit Philip Hamilton. Il y a eu 32 morts confirmées depuis 2017, souligne-t-il, mais il croit qu’une centaine de baleines seraient mortes, car plusieurs de ces morts surviennent sans que les chercheurs n’en constatent les preuves.

Les nécropsies pratiquées sur ces baleines noires ont révélé de nombreux cas de morts consécutives à une collision avec un navire.

Cinq chercheurs examinent la carcasse échouée

La nécropsie d'une baleine noire de l'Atlantique Nord effectuée sur une plage de l'île Miscou, au Nouveau-Brunswick, en 2019.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

L’équipement de pêche est aussi responsable de nombreuses morts, car les baleines s’empêtrent dans ces lignes, cordages, cages et casiers, qu’elles traînent avec elles. Elles sont incapables de se débarrasser de ces équipements, qui leur infligent des blessures mortelles.

Le Canada et les États-Unis ont pris des mesures ces dernières années pour protéger la baleine noire de l’Atlantique Nord, comme des limites de vitesse pour les navires et la fermeture temporaire de certaines zones où la pêche se pratique.

De toute évidence, nous n’en faisons pas assez, déplore cependant Philip Hamilton.

D’après le reportage de Shane Fowler, de CBC

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