•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Deux policiers déclarés coupables d’inconduite 10 ans après les faits

Deux jeunes hommes de dos devant le journaliste de CBC News.

Deux des plaignants avaient accordé une entrevue au journaliste Dwight Drummond, de CBC News, en 2016.

Photo : Radio-Canada / CBC News

CBC News

Deux policiers impliqués dans un incident entourant l’arrestation de quatre adolescents noirs qui s’est déroulé il y a 10 ans ont finalement été reconnus coupables d’inconduite.

Les quatre adolescents, qui se rendaient à un programme de mentorat de quartier à Toronto, ont été arrêtés illégalement, selon le tribunal de la déontologie du Service de police de Toronto.

La décision a été publiée vendredi. Sharnil Pais et Adam Lourenco ont été reconnus coupables d'arrestation illégale. M. Lourenco a également été reconnu coupable de conduite déshonorante. 

En novembre 2011, trois adolescents qui avaient 15 ans à l’époque et un quatrième qui en avait 16 ont été arrêtés sur Neptune Drive, dans le quartier de Lawrence Heights. MM. Lourenco et Pais conduisaient une camionnette banalisée. Ils ont arrêté les quatre jeunes hommes et leur ont demandé de s'identifier, une pratique connue sous le nom de fichage, ou carding en anglais, qui est maintenant interdite.

Dans une interview accordée à CBC News en 2016, l'un des plaignants a déclaré avoir demandé aux agents si ses amis et lui étaient en état d'arrestation. 

La réponse étant négative, il a tenté de quitter les lieux.

C'est alors que l'officier Lourenco a décidé de m'isoler et m'a attaqué physiquement. Il m'a agrippé. Puis il m'a isolé. Il jurait et disait beaucoup de choses provocantes pour essayer de m’irriter et je n'ai pas répondu à ses provocations, a déclaré le plaignant. 

Depuis lors, l'un des quatre adolescents a abandonné la procédure, tandis qu'un autre, Yohannes Brhanu, a été tué en 2018 dans le contexte d'un homicide qui n'a toujours pas été résolu. Les trois plaignants ne peuvent être identifiés puisqu’ils étaient mineurs au moment de l’incident.

Des images vidéo des logements communautaires avoisinants témoignent de ce qui s'est passé dans les minutes qui ont suivi. On y voit un des agents frapper l'adolescent. Lorsque le jumeau de ce dernier et deux amis s'approchent pour tenter de freiner le policier, celui-ci sort son arme et la pointe vers eux.

Selon M. Pais, lorsque M. Lourenco tente de mettre un des jeunes en état d’arrestation, l’un deux lui crie une insulte, puis lui crache au visage. C’est ce que M. Pais avait expliqué lors d’une audience qui s’est déroulée en 2018. Le plaignant nie avoir craché sur l'officier. 

Les quatre adolescents ont été mis en état d’arrestation puis fouillés à nu dans un poste de police.

Les accusations ont finalement été retirées.

Alors que M. Lourenco a été reconnu coupable de deux des accusations portées contre lui, il a été déclaré non coupable d'un chef d'accusation de conduite déshonorante. 

Dans une déclaration, l'avocat des plaignants, Jeff Carolin, a déclaré que ses clients étaient déçus que l'agent d'audience n'ait trouvé aucune indication d'actions racistes de la part d'une des parties.

À mon avis, cela fait partie d'un schéma plus large qui démontre que la justice dans les affaires de racisme systémique ne se trouve pas facilement dans les salles d'audience, peut-on lire dans la déclaration. 

Néanmoins, les faits de l'affaire montrent la manière dont le racisme anti-Noir systémique et les préjugés inconscients se manifestent dans les rencontres individuelles avec la police, selon Me Carolin.

[Les plaignants] sont en général déçus du résultat, a ajouté Me Carolin. Ils affirment croire fermement que leur origine ethnique a joué un rôle dans cette affaire.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !