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La pandémie, une occasion pour des entrepreneurs de se lancer en affaires

Un homme place des sacs de café sur une étagère.

Le café Opulence est situé sur la rue Dalhousie dans le marché By.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), une entreprise sur six est à risque de fermer ses portes en raison de la pandémie de COVID-19. Si cette donnée peut sembler inquiétante, il ne faut pas oublier que des entrepreneurs continuent de se lancer en affaires, malgré tout.

J’ai ouvert le 23 décembre en 2020, juste avant Noël, deux jours après qu’ils ont annoncé la fermeture de la province de l’Ontario, raconte Jean-Philippe Gorley, propriétaire du nouveau café Opulence à Ottawa.

Celui qui travaillait dans le domaine hôtelier avant que les fermetures s'enchaînent a dû se trouver une autre solution pour gagner sa vie.

Il fallait que je pense à mon avenir. J’ai étudié le café, j’ai vu que la demande de café a monté beaucoup [...] depuis le mois de mars, explique M. Gorley.

Jean-Philippe Gorley en entrevue dans son café.

Jean-Philippe Gorley s'est lancé en affaires le 23 décembre dernier, deux jours après l'annonce du second confinement en Ontario.

Photo : Radio-Canada

L’entrepreneur a profité des mois de mars jusqu’à septembre pour imaginer un concept qui pourrait se marier à la pandémie. Opulence est ainsi devenu un café sans place pour s’asseoir ni table.

Ce n’est pas un café comme on trouve, familiale où on s'assoit, on fait nos études. C’est plus un café style [...] commerce de vente au détail.

Jean-Philippe Gorley, propriétaire du café Opulence

Et ce concept a permis de limiter les investissements. Torréfacteurs et machine à café sont essentiellement les plus grandes dépenses de M. Gorley.

Il n’y a pas le trafic piétonnier habituel à cause des fermetures, mais les clients reviennent presque chaque jour, j'ai de nouveaux clients chaque jour. Il y a des commerces qui sont intéressés à avoir mon café chez eux dans de petites épiceries locales ou dans des restaurants également, se réjouit l’entrepreneur.

Si les affaires vont bien selon le propriétaire, son parcours ne s'est pas fait sans embûches.

Alors que les restaurants ne peuvent offrir que des plats à emporter, les délais sont longs pour se procurer des verres et des sacs à l'effigie de la nouvelle entreprise, admet M. Gorley. L’approvisionnement en café n’est toutefois pas un problème pour le propriétaire.

C’est certain qu’il faut être un peu fou, je crois, conclut Jean-Philippe Gorley. C’est comme quand tu joues au poker et tu dis, all in !

L’entrepreneur est convaincu de pouvoir survivre au cours des prochaines années si tout se passe bien dans les prochaines semaines.

Adapter son concept

Donald Elbatal s'est également lancé dans l'aventure en pleine pandémie. En août dernier, il ouvrait l'épicerie Le Suq et un mois plus tard, une succursale sœur voyait le jour dans le quartier Vanier, à Ottawa.

La devanture de l'épicerie Le Suq. Une porte verte encadrée de deux grandes fenêtres qui laissent entrevoir les rayons.

Le Suq est situé sur l'avenue Beechwood dans Vanier.

Photo : Radio-Canada

Si au départ, Le Suq devait être un restaurant, le propriétaire a rapidement choisi de revoir le concept lorsque la pandémie est arrivée au printemps dernier.

Ça nous a aidés à rester ouverts et opérationnels, indique-t-il en entrevue. Bien que son volume de vente ne soit pas extraordinaire, M. Elbatal juge toutefois qu'il lui permet de rester ouvert. Il ajoute que le voisinage est exceptionnel.

On a beaucoup de clients réguliers.

Donald Elbatal, propriétaire de l'épicerie et café Le Suq

Une dizaine d'employés travaillent dans les deux locaux de l'épicerie qui offre également du prêt-à-manger libanais, une sélection de thé et des produits d'hygiène. La création du site web de l'entreprise permet également de rejoindre une autre clientèle, selon M. Elbatal.

Ça encourage les gens à acheter local à travers nous, soutient-il.

La fibre entrepreneuriale, toujours bien vivante

En juillet 2020, plus de 50 000 nouvelles entreprises ont vu le jour, selon Statistique Canada.

Avec autant de nouvelles entreprises qui se sont créées toute l’année en 2020, on voit que la fibre entrepreneuriale des Canadiens, elle est toujours bien vivante, lance le vice-président aux affaires nationales à la FCEI, Jasmin Guénette.

Selon lui, la pandémie ne freine pas les entrepreneurs puisque se lancer en affaires nécessite des mois de préparation.

Souvent, ce sont des décisions qui sont prises bien des mois d’avance, donc même si des événements comme une pandémie surviennent, souvent, la décision de se lancer en affaires était prise bien longtemps avant, explique-t-il.

Jasmin Guénette en entrevue.

Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales à la FCEI.

Photo : Radio-Canada

Les entrepreneurs canadiens ont continué à être des entrepreneurs malgré la pandémie et il y a des dizaines et des dizaines de milliers d’entreprises qui se sont créées chaque mois depuis mars 2020.

Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales à la FCEI

Pour les nouvelles entreprises, l’accès aux programmes d’aide fédéraux est plus difficile, voire impossible, soutient le vice-président à la FCEI.

C’est un défi supplémentaire alors que beaucoup de leurs compétiteurs ont accès à ces programmes-là pour les aider avec les frais fixes, poursuit-il.

M. Guénette affirme que seulement 47 % des PME canadiennes sont ouvertes actuellement. Mais le vice-président se veut rassurant : ça n’empêche pas les entrepreneurs d’être des entrepreneurs et vraiment de vouloir se lancer en affaires.

Il est normal selon lui de voir des entreprises mettre la clé sous la porte, et d’en voir des nouvelles apparaître. La différence dans le cas de la pandémie, c’est qu’il y a un certain nombre d’entreprises qui sont à risque de disparaître, non pas parce qu’elles ont fait de mauvais choix d’affaires, mais c’est parce que le gouvernement les force à rester fermer.

Avec les informations de Jérémie Bergeron et Rosalie Sinclair

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