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Atteinte d'effets de la COVID à long terme, elle se fait refuser des indemnisations

Chantale Renaud, assise à sa table de cuisine, regarde l'écran de son ordinateur portable et a les doigts de la main gauche posés sur sa tempe.

Chantale Renaud ressent toujours les symptômes de la COVID-19 qu'elle a contractée en avril dernier et son assureur refuse de l'indemniser.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Après le refus de sa demande d'indemnisation de longue durée, une femme de Rockland a décidé d'intenter une poursuite judiciaire contre son assureur, qui refuse de reconnaître son mal. Chantal Renaud soutient faire partie des personnes infectées par la COVID-19 qui ressentent des symptômes à long terme.

Les effets de la COVID-19 sont de mieux en mieux cernés par la communauté médicale. Toutefois, les conséquences à long terme du coronavirus ne sont pas encore bien connues.

Au Canada, ils seraient plusieurs à souffrir de ce qu'on appelle la longue COVID, des symptômes qui perdurent des mois après avoir contracté le virus. Certaines études soutiennent même que 10 % des personnes ayant contracté le virus continueraient d'en ressentir les effets des semaines plus tard.

Chantale Renaud, qui habite à Rockland, affirme être atteinte de la longue COVID et avoir ressenti des symptômes s'apparentant au coronavirus au printemps dernier, mais sans jamais en avoir eu la confirmation ou de diagnostic positif. C'est pour cette raison que son assureur ne veut plus l'indemniser.

Elle pense avoir contracté le virus de son mari.

Bien que Mme Renaud n'ait jamais obtenu de résultat positif au test de dépistage de la COVID-19, c'est un cas suspecté, car elle a été diagnostiquée de façon clinique par des médecins.

Au début de juin, j’ai dû arrêter de travailler, je n'étais plus capable, dit-elle en entrevue. Les six ou sept semaines qui ont suivi ont été les pires de ma vie. Je pensais mourir dans mon lit, je n’étais pas capable de respirer.

À ce moment-là, Mme Renaud recevait l'indemnité de courte durée de son employeur. À l'automne, son retour en télétravail s'est soldé par une aggravation de ses symptômes.

J'ai été alitée avec de la fatigue et des symptômes respiratoires pendant 11 jours, pour avoir travaillé une journée.

Chantale Renaud, habitante de Rockland

Comme elle avait épuisé ses semaines d'indemnisation de courte durée, elle a fait une demande pour invalidité à long terme qui lui a été refusée par son assureur. Celui-ci juge qu'elle n'y a tout simplement pas droit.

Je n’aurais jamais pensé que l’assurance puisse être refusée, surtout pour une maladie qui affecte tellement de personnes, déclare-t-elle. Son mari et elle sont toujours malades et ne peuvent travailler. Mme Renaud a intenté une poursuite contre son assureur.

En attendant que les procédures judiciaires avancent, le couple vit de son épargne mais, selon Mme Renaud, il faudra peut-être attendre encore deux ans pour obtenir un règlement. Là, je suis rendue à un point où je dois vendre ma maison parce que je n’ai pas de revenus, ajoute-t-elle.

Pas un cas isolé

Selon l'avocat qui a pris le dossier, Me David Brannen, il est de plus en plus clair que des gens doivent composer avec des symptômes à long terme. Il a lui-même quelques autres clients qui l'ont contacté pour un refus d'indemnisation.

Bien des gens recevaient de l'aide comme la PCU, indique-t-il en entrevue. Maintenant que cette aide a pris fin, ils ne peuvent toujours pas travailler et se tournent vers les assureurs.

Ce qui m’inquiète avec les gens souffrant de symptômes post-COVID qui perdurent, c’est qu’ils tombent entre les craques.

Me David Brannen, avocat

Dans ce type de dossier, une chose est particulièrement importante, selon lui : il faut prouver que la longue COVID existe, mais aussi que les symptômes dont souffre Mme Renaud sont causés par celle-ci.

David Brannen travaille à son ordinateur. Derrière lui, une bibliothèque couvre les deux murs.

David Brannen est l'avocat de Mme Renaud.

Photo : Radio-Canada

Me Brannen explique que les assureurs veulent surtout savoir si un traitement est efficace pour éviter de devoir indemniser leurs assurés sur une longue période.

L'avocat aimerait d'ailleurs que le gouvernement fédéral investisse des fonds pour la recherche concernant les symptômes post-COVID. Une fois la maladie mieux connue, il serait plus simple pour les assurés d'obtenir une indemnisation.

Une étude en cours à Ottawa

Curtis Cooper, spécialiste des maladies infectieuses à l'Hôpital d'Ottawa, mène un projet de recherche auquel Mme Renaud participe. Le but du projet est d'étudier l'immunité de 1000 personnes qui ont été vaccinées et des personnes qui ont attrapé la COVID-19.

Ces personnes n'ont plus la COVID-19, l'infection est partie, mais il reste des symptômes.

Curtis Cooper, spécialiste des maladies infectieuses à l'hôpital d'Ottawa

On ne comprend pas encore très bien pourquoi certaines personnes restent malades des mois après avoir contracté le virus, selon lui. C'est pourquoi son équipe et lui récoltent des données au moyen de questionnaires.

J'espère que ce sera utile pour aider les gens qui souffrent de ces symptômes, a-t-il indiqué. En attendant, les personnes aux prises avec des symptômes qui perdurent doivent contacter leur médecin pour recevoir des soins, a recommandé M. Cooper.

Avec les informations de Rémi Authier

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