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Un ancien agent correctionnel victime de racisme sera bientôt dédommagé

Levan Francis, vu de profil.

En 2019, le Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique a rendu une décision de 106 pages reconnaissant le bien-fondé de la plainte de Levan Francis et décrivant son environnement de travail comme « empoisonné ».

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Radio-Canada

Une arbitre du Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique annoncera bientôt l’ampleur du dédommagement accordé à un ancien agent correctionnel provincial victime de racisme au travail.

La décision que l’arbitre Diana Juricevic rendra le 28 janvier viendra ainsi clore la bataille que Levan Francis a entamée en 2012, dans laquelle le tribunal a déjà reconnu que la plainte était justifiée et que la prison dans laquelle travaillait M. Francis au moment des faits était un milieu empoisonné.

Plus de 800 000 $ d'écart

La province offre 368 491,18 $ à Levan Francis pour pallier sa perte de revenus, rembourser ses dépenses et le dédommager pour les torts subis.

L’avocat de M. Francis soutient toutefois que cette somme est trop petite, arguant que les frais juridiques de 250 000 $ générés par la bataille en consommeront la majeure partie. Ces frais ne sont toutefois pas remboursables en vertu du Code des droits de la personne de la province.

Selon Me Larry Smeets, si l’arbitre accepte le montant proposé par le gouvernement, son client aura été déclaré vainqueur d’une cause qui lui aura coûté sa carrière, sa maison et sa santé mentale.

L’avocat demande plutôt une indemnité de 1 236 465,05 $.

Abandonner une carrière après 15 ans

Levan Francis raconte qu’il aimait son emploi avant d’être transféré au centre de détention préventive North Fraser, à Port Coquitlam. C’est là qu’il dit avoir été la cible d’invectives et d’attaques physiques.

L’homme de 51 ans souffre aujourd’hui de dépression et d’un trouble de stress post-traumatique qu’il impute à ce qu’il a vécu au travail.

Je travaillais bien. Je traitais les détenus comme des personnes humaines, mais tout me tombait dessus jusqu’au jour où j’en ai eu assez, a expliqué M. Francis lors d’une entrevue, l’été dernier.

Selon son avocat, outre les événements qui ont poussé Levan Francis à déposer une plainte, la façon dont celui-ci a été traité après la plainte pose également problème. L’agent aurait notamment été traité de rat.

Sa cause, elle, s’est heurtée à toute sorte d’écueils et de retards, entre autres à cause de sa difficulté à trouver un avocat.

En tout, Levan Francis a rapporté 32 incidents au Tribunal des droits de la personne, dont 9 ont été jugés discriminatoires, 8 ont été considérés comme non discriminatoires et 15 avaient dépassé le délai de prescription.

Établir une juste compensation

Pour l’avocat de la province, Peter Gall, Levan Francis a bien droit à une compensation juste et appropriée [...] pour les incidents discriminatoires survenus au travail, mais que celui-ci tente également d’obtenir une compensation pour les incidents jugés non discriminatoires.

Parmi ces derniers incidents, l’avocat cite un traumatisme causé par la mort d’un détenu et le stress causé par le refus de demandes de paiement d’invalidité après que l’agent eut refusé de participer à une enquête et de se soumettre à une évaluation psychiatrique.

Dans ces cas-là, il a causé son propre malheur en ne suivant pas les recommandations de son médecin et de son syndicat, a soutenu Me Gall lors des audiences visant à déterminer la valeur du dédommagement.

Me Smeet a toutefois rejeté cet argument, soulignant que son client était devenu paranoïaque et qu’il croyait que son employeur faisait tout pour différer le paiement d’indemnités.

Il a ajouté que son client avait été étiqueté comme un Noir lent et paresseux après avoir porté plainte.

Avec les informations d’Yvette Brend

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