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Un Vancouvérois prêt à passer des mois dans un arbre pour s'opposer à Trans Mountain

Depuis le 21 décembre, Timothé Govare mène aussi une autre lutte, plus personnelle, contre la solitude.

Timothé Gavore dans son arbre.

Timothé Gavore n'a pas posé les pieds au sol depuis un mois jour pour jour au moment de prendre cette photo.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Suspendu à 15 mètres du sol, dans une cabane de fortune construite dans les arbres à Burnaby, en banlieue de Vancouver, un militant lutte contre les changements climatiques en s’opposant aux travaux d'expansion du pipeline Trans Mountain.

Ouuuuh! Ouuuuh! Ouuuuuuh!, c’est le cri de hibou que pousse Tim Takaro, professeur de santé publique et militant anti-oléoduc, aux abords de la tente suspendue sur une plateforme de bois qu’occupe le jeune québécois d’origine.

Il est là pour ravitailler Timothé Govare et s’assurer qu’il est en sécurité.

La police nous envoie la sécurité, leur but est de m'arrêter, en fait. Ils ne veulent pas que je reste ici parce que ça complique beaucoup les choses, soutient-il, suspendu à trois mètres du sol pour l’entrevue.

Quelles choses complique-t-il?

Les arbres dans lesquels le militant a construit sa cabane en 24 heures, peu de temps après qu’une précédente construction aérienne ait été détruite, se trouvent sur le tracé du projet d’expansion de l’oléoduc et sous le coup d’une injonction de la Cour fédérale de la Colombie-Britannique.

Bien que nous respections l’expression pacifique et dans le respect de la loi d’opinions diverses, écrit une porte-parole de TC Energy, propriétaire du projet énergétique, il est important de rappeler qu’une injonction [...] interdit à quiconque de bloquer les sites de construction du pipeline.

Or, pour le membre du groupe Stop TMX - Save the Planet, qui a étudié en sciences de l’environnement, son geste de désobéissance civile est nécessaire.

Je suis prêt à mettre ma vie sur la ligne, je suis prêt à aller en prison. Je suis prêt à ce qu'on m'arrête. Ce n’est pas grave parce que les changements climatiques vont avoir un impact tellement plus grand que ce que je pourrai vivre.

Une citation de :Timothé Govare, militant, Stop TMX - Save the Planet

Quand la solitude prend de l’ampleur

Pendant Noël et le jour de l’an, des militants sont venus porter au militant des plats chauds et du réconfort, mais la vie en hauteur comporte son lot de défis.

D’abord, le bruit. Coincée entre une autoroute et un chemin de fer, la plateforme n’est pas insonorisée. Ce n’est pas l’idée romantique qu’on se fait d’être dans les bois, ricane-t-il.

Ensuite, le confinement. Timothé Govare passe le plus clair de son temps seul, mais aussi confiné physiquement.

On est un peu comme dans une navette spatiale. On est vraiment coincé, on ne peut aller nulle part.

Une citation de :Timothé Govare
Un gardien parle à notre journaliste.

Un gardien de sécurité surveille le terrain qui appartient à Trans Mountain.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Enfin, l’intimidation. Puisqu’il a élu domicile en terrain privé, les agents de sécurité et les policiers le visitent parfois plusieurs fois par jour.

Une fois, ils sont arrivés avec des tronçonneuses, ils ne m'avaient pas dit. J'ai entendu un bruit et je vois des gars avec des tronçonneuses au pied de l'arbre, raconte-t-il. J'ai eu très peur.

Un agent de sécurité était d’ailleurs présent sur place pendant le reportage, prenant des photos pour les dossiers internes de Trans Mountain. La compagnie n’a pas confirmé l'occurrence des visites au manifestant.

Timothé Govare s’inspire de Julia Butterfly Hill, une Américaine qui a passé 738 jours dans un arbre pour protéger une forêt ancienne du nord de la Californie, en décembre 1997.

Julia Hill sur son perchoir.

La militante environnementaliste Julia 'Butterfly' Hill lors d'une manifestation de 2006 contre le développement d'un jardin urbain à Los Angeles. Elle a fait les manchettes dans les années 1990 après avoir passé plus de deux ans dans un arbre.

Photo : Getty Images / Robyn Beck

Un tour sur le site Internet de cette célébrité du mouvement environnemental fait état d'un autre défi qui attend le manifestant perché : l’épuisement qui suit un tel geste d’abnégation.

Ça prend beaucoup de courage, soutient-il, avant de reprendre de la hauteur.

Le tracé de Trans Mountain s'étend de Burnaby jusqu’à Edmonton, en Alberta. Le projet d’expansion devrait être complété d’ici décembre 2022.

Carte montrant le tracé entre Edmonton et Burnaby.

Le tracé du projet d'expansion de l'oléoduc TransMountain.

Photo : Radio-Canada

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