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Vaste consultation sur la pêche au sébaste

Des sébastes.

Pêches et Océans consulte l'industrie du Québec et des quatre provinces atlantiques (archives).

Photo : Pêches et Océans Canada / Claude Nozères

Pêches et Océans Canada s’apprête à lancer un processus de consultation sur la pêche au sébaste auprès de tous les membres de l’industrie du Québec et des quatre provinces atlantiques.

Cette consultation devrait permettre au ministère de dégager les balises encadrant la relance de cette pêche.

À l’Association des capitaines-propriétaires de la Gaspésie (ACPG), le directeur général, Claudio Bernatchez, souhaite que l’exercice mène à un partage rentable et durable de la ressource. On s’engage activement dans ce processus de consultation, dit-il, avec l’idée de faire quelque chose qui soit durable, qui soit respectueux des communautés côtières aussi. [On veut] créer le maximum de richesse au sein des communautés.

Même si le MPO se prépare et que le sébaste est le poisson de fond le plus abondant dans le golfe, l’industrie est loin d’être prête à se lancer dans cette nouvelle pêche, estime-t-on en Gaspésie.

Toujours pas de marché

Le marché est encore inexistant, même pour la petite pêche expérimentale autorisée par Pêches et Océans. L’an dernier, un pêcheur gaspésien a dû abandonner son projet de pêche au sébaste, faute d’acheteurs pour son poisson, illustre Claudio Bernatchez.

Le conseiller sénior à la commercialisation à GIMXport, André-Pierre Rossignol, fait le même constat.

« Présentement, avec ce qu’on offre pour le sébaste, beaucoup de pêcheurs n’iront pas le pêcher à ce prix-là. »

— Une citation de  André-Pierre Rossignol, conseiller sénior à la commercialisation à GIMXport

D’un autre côté, est-ce que les entreprises de transformation vont investir pour transformer un poisson qui n’est pas rentable? ajoute-t-il. C’est un peu l'œuf ou la poule.

Claudio Bernatchez, qui souhaite que les produits de la mer gaspésiens soient plus présents dans l’assiette des Québécois, croit qu’il pourrait y avoir une place pour le sébaste sur le marché intérieur.

Le marché asiatique est aussi très prometteur, mais à la condition d’être patient.

L'énorme quantité de sébastes a bel et bien la taille commercialement autorisée, mais ça ne lui permettra pas de percer le marché de sitôt. Le gros éléphant blanc là-dedans, c’est que le sébaste est trop petit pour être pêché. Il y en a encore pour au moins cinq ans avant que ça vaille la peine, estime André-Pierre Rossignol.

Du temps de préparation

Ce n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle, selon le directeur de l’ACPG. Ça nous donne du temps pour nous préparer. Ce temps-là, on veut l’utiliser pour bien préparer cette pêche et atténuer les impacts qu’elle pourrait avoir sur d’autres espèces.

Personne, ajoute-t-il, ne veut revivre un moratoire comme celui du début des années 90. Les pêcheurs ne veulent pas non plus d’un poisson pêché pour être transformé en farine animale ou en appâts.

Cependant, la reconstruction du marché n’est pas le seul aspect qui cause problème.

Du poisson pour tout le monde?

La répartition des quotas selon les provinces et les flottilles est toujours en discussion. Chaque province voudrait retrouver sa part historique. Mais une fois que ce serait retrouvé, à qui appartiendraient ces quotas? Comment cela serait-il géré? Pour ça, on n’a pas de réponse, explique Claudio Bernatchez.

Deux bateaux de pêche amarrés au quai de Rivière-au-Renard.

Deux bateaux de pêche amarrés au quai de Rivière-au-Renard (archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Les pêcheurs gaspésiens font valoir qu'il y a dans le golfe suffisamment de flottilles prêtes à assurer la pêche. On voudrait que les ressources qui sont en place présentement soient mises à contribution pour que cette pêche soit un succès quand elle reprendra souligne le directeur de l’ACPG.

« Que ce soit pêché par des Madelinots, des Gaspésiens, des Terre-Neuviens, des gens du Nouveau-Brunswick ou des communautés autochtones, qui vont aussi être impliquées là-dedans, on souhaite juste que cela ait du sens pour tout le monde. »

— Une citation de  Claudio Bernatchez, directeur de l'ACPG

Basée à Rivière-au-Renard, où se débarque au Québec la majorité des crevettes du golfe, l'ACPG se fait aussi vigilante. Si le retour du sébaste devait avoir un impact sur la crevette, les crevettiers devraient pouvoir combiner pêche au sébaste et pêche à la crevette, souligne son porte-parole.

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