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Analyse

Le projet de tramway fait du surplace. À qui la faute?

Régis Labeaume, maire de Québec

Régis Labeaume, maire de Québec

Photo : Radio-Canada / Marc Andre Turgeon

Le mécontentement à l'égard de la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault, commence à poindre chez les décideurs.

Le maire est frustré et tanné des nombreux rebondissements qui retardent son projet de réseau structurant. L'enthousiasme qu'il affichait dans les derniers jours de décembre a complètement disparu pour faire place à l'exaspération.

Le ton a monté pour la première fois, vendredi, depuis que le gouvernement Legault a exigé des changements au tracé en novembre.

Qu'est-ce qui retarde le projet ou qui empêche le feu vert d'être donné?

Le maire Labeaume semble avoir sa petite idée sur le sujet. Tout est dans sa façon de dire les choses ou de ne pas les dire directement.

Après avoir fait connaître ses états d'âme, il a pris soin de rappeler que ses relations sont excellentes avec son principal interlocuteur dans le dossier, le ministre des Transports, François Bonnardel.

Il s'est arrêté là. Il n'a pas retourné le compliment à la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault, l'autre porte-parole du dossier.

C'est un indice.

Le discours de Mme Guilbault n'a pas changé depuis des mois. Elle veut que le projet desserve mieux les banlieues. On ne sait pas si, à ses yeux, les discussions en cours ont permis de faire progresser le projet.

Geneviève Guilbault devant les caméras en mêlée de presse.

La ministre responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Et impossible de tâter le pouls des autres députés de la région. Ils n'ont pas l'autorisation de se prononcer publiquement. Il existe au sein du caucus de la région une solidarité très hermétique.

Des sources confirment à Radio-Canada qu'en coulisse, il y a de la résistance au caucus. Des discussions vives et intenses se déroulent depuis plusieurs mois.

Est-ce que cette opposition vise à améliorer le projet ou à le faire dérailler? Ils n'en sont pas là, nous assure une autre source près du dossier.

Rivalité

Autre indice.

Le maire se plaint du nombre de projets de transport en commun qui voient le jour à Montréal, pendant qu'à Québec, le projet de tramway fait du surplace.

Son objectif ici n'est pas de remettre au goût du jour la rivalité Québec-Montréal, au contraire. C'est sa façon de renvoyer la balle à la ministre responsable de la région à qui il demande des comptes. Le maire s'inquiète de voir que sa Ville a perdu sa place.

Mme Guilbault reste inébranlable.

Coup de pouce

Même le président du Conseil du Trésor et député de Québec, Jean-Yves Duclos, en a profité vendredi pour mettre, lui aussi, un peu de pression sur la ministre Guilbault.

Le gouvernement fédéral laisse entendre que le financement du réseau structurant ne sera pas réservé pour l'éternité. L'argent est convoité par d'autres municipalités. Le député de Québec ajoute que tous ces retards vont finir par faire gonfler la facture.

Dans les faits, l'entente signée en 2018 avec le gouvernement du Québec est valide pour 5 ans. M. Duclos le sait.

Renfort

Dans ce contexte, le maire Labeaume vient peut-être de se trouver une alliée. La nouvelle porte-parole des libéraux pour la région affiche déjà ses couleurs. Marwah Rizqi, qui est reconnue pour son franc-parler, s'inquiète du retard qu'a pris le projet et se demande si la ministre Guilbault peut être tenue responsable.

L'étau se resserre.

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