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Quand son emploi est jugé non essentiel : témoignage d'un entraîneur d'hockey

Tous les travailleurs ne sont pas égaux devant la pandémie. La deuxième vague de la pandémie rend ces écarts entre industries encore plus grands. Radio-Canada braque les projecteurs sur les travailleurs qui ont un emploi jugé non essentiel.

Un homme avec une paire de patin et bâton de hockey dans les mains.

L'entraîneur de hockey, Sheldon Reasbeck, doit user d'imaginiation afin de trouver des sources de revenues.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Radio-Canada

Après avoir obtenu son diplôme en enseignement, le Kapuskois Sheldon Reasbeck avait mis tous ses œufs dans le même panier pour réaliser son rêve: développer de jeunes hockeyeurs dans le nord de l’Ontario avec son école de hockey. Le Franco-Ontarien remet maintenant en question son avenir dans le sport.

Le premier confinement a été difficile pour M. Reasbeck, mais le passionné de hockey affirme que le deuxième est encore plus pénible à affronter.

La première [vague] , il y avait une lumière au bout du tunnel. La deuxième, on ne le sait pas, dit-il alors que la saison pourrait abruptement prendre fin, et reprendre seulement en septembre.

On ne sait pas ce qui va arriver la semaine prochaine, le mois prochain. Est-ce qu’on sera encore en confinement ? On ne le sait pas. Il faut que je pense à comment je vais survivre. Peut-être que je devrais changer de carrière.

Sheldon Reasbeck, entraîneur des Flyers de Kapuskasing

En plus d’être entraîneur des Flyers de Kapuskasing, une équipe de niveau midget AAA, le hockeyeur de 34 ans est propriétaire d’une école de hockey.

PowerPlay Hockey développe de jeunes athlètes nord-ontariens sur la glace et dans les gymnases de la région.

Je ne peux plus aller dans les gyms, ni dans les arénas pour travailler. C’est avec ces établissements que je fais mon argent, déplore-t-il.

Trois hommes dans un aréna.

En 2019, Sheldon Reasbeck, en arrière-plan, a remporté la médaille d'or avec l'équipe serbe aux championnats du monde des moins de 18 ans Division II B en tant qu’entraîneur adjoint.

Photo : Avec la permission de Sheldon Reasbeck

Le Franco-Ontarien doit donc jouer d'ingéniosité afin de payer ses factures. Il fait un peu de remplacement dans les écoles de Kapuskasing.

Je pense que je suis né pour entraîner de jeunes hockeyeurs. Mais, je dois payer mes factures. Des fois, tu dois prendre la décision. Oui, ma passion c’est le hockey, mais si je ne peux pas travailler sur mon école de hockey, je devrai trouver quelque chose d’autre, s'émeut le passionné de hockey.

En attendant l'ouverture des gymnases, M. Reasbeck a développé un programme d’entraînement en ligne que ses jeunes pourront pratiquer sur leur patinoire.

Un avenir incertain pour les hockeyeurs du Nord

Sheldon Reasbeck espère former des joueurs et joueuses qui suivront les traces des Claude Giroux de Hearst, capitaine des Flyers de Philadelphie ou de Jonathan Cheechoo de Moosonee, meilleur marqueur de la LNH en 2005-2006.

Sheldon Reasbeck sur la glace interagit avec un jeune hockeyeur.

Sheldon Reasbeck rêve de former le prochain Claude Giroux du Nord de l'Ontario.

Photo : Avec la permission de Sheldon Reasbeck

L’avenir est cependant incertain pour bien des jeunes joueurs de hockey qui n’ont même plus la flamme pour s’entraîner, alors que la saison est encore mise sur pause.

Les jeunes n’ont pas la chance de se développer et ils ne veulent pas vraiment parce qu’on ne joue presque pas. C’est difficile de travailler sur des habiletés à la maison quand tu ne sais pas si tu vas pouvoir finir l’année.

Sheldon Reasbeck, entraîneur des Flyers de Kapuskasing

M. Reasbeck cherche donc l’idée pour que les 22 joueurs de son équipe retrouvent la motivation. Un défi de taille alors qu’il est plus difficile pour les hockeyeurs du nord de l’Ontario de se faire remarquer par les recruteurs.

Habituellement, les Flyers de Kapuskasing participent à trois ou quatre tournois dans le sud de la province afin que les joueurs se fassent remarquer par les recruteurs.

Ce fut le cas pour le Kapuskois Brendon Clavelle, ancien capitaine des Islanders de Charlottetown dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Je dois faire des vidéos de chaque jeune pour les envoyer aux recruteurs, relate-t-il alors qu'il fait tout en son pouvoir pour amener ses joueurs à atteindre leur rêve.

Alors que Sheldon Reasbeck pourrait s’apitoyer sur son sort en voyant les portes de son entreprise se fermer devant lui, il garde la tête haute comme il n’est pas seul dans le bateau.

Les jeunes sont aussi dans la même situation que moi. Au début du mois, je me disais : ‘’pourquoi moi ?‘’ Oui je suis fermé, mais ça pourrait être pire, conclut Sheldon Reasbeck faisant référence à l’éclosion de COVID-19 qui sévit toujours dans un foyer de soins de longue durée de Kapuskasing, à quelques pas de l'aréna.

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