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Avec l’entrée en fonction de Biden, c’est le temps de verdir votre portefeuille

Une éolienne se dresse alors que des cheminées d'une centrale nucléaire crachent leur fumée au loin.

Les investissements dans le secteur éolien, contrairement à ceux dans l'industrie pétrolière, répondent généralement aux exigences en matière d'environnement, d'impact social et de gouvernance (ESG).

Photo : iStock / acilo

Les intentions de la nouvelle administration américaine pourraient influencer votre façon d’investir dans les prochaines années. C’est que le programme du président Joe Biden, plus égalitaire et plus respectueux de l'environnement, risque bien d’accélérer l’attrait pour les investissements dits « ESG ».

Les trois lettres font référence à des exigences quant au bilan environnemental, social et de gouvernance des entreprises. L’évaluation des critères est repérable de plusieurs façons grâce aux informations fournies par les organisations elles-mêmes et par des bases de données élaborées par des firmes spécialisées ou tout simplement par votre conseiller financier.

L’arrivée de Joe Biden au pouvoir est positive pour les investissements ESG, explique François Campeau, gestionnaire de portefeuille chez Giverny Capital. Beaucoup des politiques de M. Biden sont favorables aux stratégies ESG.

Il n'y a qu’à penser au retour des États-Unis dans l’Accord de Paris sur le climat et à la révocation du permis pour l’oléoduc Keystone XL, et ce, dès le premier jour du mandat de Joe Biden. Un plan de 2000 milliards de dollars pour une économie verte est aussi attendu en février, et la lutte contre les inégalités sociales sera l’un des fers de lance de sa politique.

M. Campeau rappelle que Donald Trump a mis des bâtons dans les roues des critères ESG. Le département du Travail des États-Unis a récemment adopté une réglementation en vertu de laquelle les fiduciaires doivent prendre leurs décisions d’investissements dans un objectif de rendement pécuniaire avant tout, et reléguer au second plan des critères non financiers comme le respect de l’environnement.

Avec la nouvelle administration, cette réglementation pourrait bien être modifiée. Le régulateur financier américain, la Securities and Exchange Commission, sera aussi appelé à favoriser la divulgation d’informations relatives aux ESG, aux dires de M. Campeau.

Cela dit, les valorisations des titres ESG sont déjà importantes. Le marché a parfois trop anticipé cette nouvelle tendance dans les deux dernières années.

Pour bien performer à long terme en bourse, il ne faut pas payer trop cher pour les profits futurs. Malheureusement, dans certains secteurs liés aux stratégies ESG, comme les voitures électriques, les prix sont très élevés et donc comprennent déjà les profits de plusieurs années à venir.

François Campeau, gestionnaire de portefeuille, Giverny Capital

Pensons simplement à la capitalisation boursière de Tesla, qui surpasse celle des grands constructeurs automobiles réunis. Pourtant, le fabricant de voitures électriques d’Elon Musk ne représente que 1 % du marché. Bien que ce soit moins séduisant, les entreprises qui fabriquent des composantes électroniques pour ces véhicules devraient davantage susciter l'intérêt de l'investisseur averti.

La Caisse de dépôt et placement sollicitée

Lors d'un récent panel sur la politique américaine du Réseau Capital, le premier vice-président et chef de CDPQ mondial, Marc-André Blanchard, disait envisager une multiplication des fonds ESG qui misent sur la lutte contre les changements climatiques et les inégalités.

Ça va être un gros changement sous le gouvernement Biden, a souligné l’ex-ambassadeur et représentant du Canada aux Nations unies.

Il y a plus du tiers des Américains qui boycottent une marque pour une raison ou une autre. C’est souvent lié aux critères ESG. [...] Les milléniaux veulent acheter des services financiers alignés avec le développement durable.

Marc-André Blanchard, premier vice-président et chef de CDPQ mondial

M. Blanchard a insisté sur l'idée que cette lutte ne se fera pas qu’avec les gouvernements. Il a noté que la Caisse a entrepris ce virage en 2017 et qu'elle a depuis réduit de plus de 20 % l’intensité carbone de son portefeuille.

Tout le monde nous appelle pour savoir ce qu’on a fait et comment ça s’est passé, s’est-il félicité. C’est devenu pour nous une marque de commerce et une façon de se différencier des autres fonds d’investissement.

La pression se fait aussi de plus en plus forte sur l’investisseur institutionnel pour qu’il montre patte blanche en la matière.

Au Québec, le Fondaction de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est devenu une référence, avec 100 % de ses investissements qui respectent les critères ESG. Son rendement a atteint 11 % l’année dernière.

Selon le Forum for Sustainable and Responsible Investment, le total des actifs sous gestion qui intègrent les questions environnementales, sociales et de gouvernance aurait atteint plus de 17 000 milliards de dollars en 2020 chez nos voisins du Sud.

Au Canada, le Rapport de tendances de l’investissement responsable canadien révèle que ce type d’actif a doublé, depuis 2018, à 3,2 milliards de dollars.

Millani, une firme spécialisée dans ce domaine, soutient cependant que 90 % des entreprises dans l’indice S&P 500 à New York ont divulgué un rapport de développement durable, contre 66 % pour celles du S&P/TSX à Toronto.

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