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Une campagne pour effacer le père S.A. Dionne du paysage à Tracadie

L'aréna S.A. Dionne, à Tracadie.

L'aréna S.A. Dionne, à Tracadie.

Photo : Facebook - Aréna S.A Dionne

Pascal Raiche-Nogue

Un défenseur des victimes des prêtres agresseurs part en croisade pour effacer le nom du père Stanislas A. Dionne du paysage à Tracadie. Une démarche appuyée par un avocat, qui affirme que deux victimes du père Dionne ont été dédommagées par le diocèse de Bathurst.

Lowell Mallais, qui a été agressé sexuellement par le défunt ancien prêtre Lévi Noël, demande à la Municipalité régionale de Tracadie de renommer son aréna et sa piscine.

Stanislas A. Dionne.

Stanislas A. Dionne est décédé à l'âge de 92 ans à l’Hôpital de Tracadie-Sheila.

Photo : Maison funéraire Robichaud et fils

Ces deux infrastructures portent le nom Rév. S.A. Dionne, en honneur au père Stanislas A. Dionne. L’homme d’Église et bâtisseur bien connu dans la région est décédé en 2013 à l’âge de 92 ans.

Le père Dionne n’a pas fait l’objet d’allégations d’agressions sexuelles jusqu’à maintenant, du moins pas dans la sphère publique. Il n’a pas fait l’objet de poursuites au civil.

Lowell Malais affirme en entrevue avec Radio-Canada qu’il a eu des contacts avec des hommes qui allèguent avoir été agressés sexuellement par S.A. Dionne lorsqu’ils étaient mineurs.

Moi j’en connais deux… trois… quatre… cinq. Mais il y en a deux qui se sont avancés et qui se sont fait indemniser par le diocèse de Bathurst. Les trois autres, ce sont des cas… des itinérants qui sont durs à trouver et durs à convaincre que je suis là pour les aider.

Lowell Mallais, l’une des victimes du prêtre pédophile Lévi Noël du diocèse de Bathurst, au Nouveau-Brunswick.

Lowell Mallais, l’une des victimes du prêtre pédophile Lévi Noël du diocèse de Bathurst, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Office national du film - Julie D'Amour Léger

Il souhaite que l’aréna et la piscine de Tracadie soient renommés, comme l’aréna Père-Camille-Léger à Cap-Pelé en 2012 — pour reconnaître le mal qui a été fait et mettre la pendule juste.

Ces pauvres victimes-là... ils n’ont pas besoin de ça, de se faire rappeler [le nom de leur agresseur], affirme Lowell Mallais.

Cap-Pelé a effacé de son aréna un souvenir douloureux en mars 2012.

Cap-Pelé a effacé de son aréna un souvenir douloureux en mars 2012.

Photo : Radio-Canada

René A. LeBlanc, un avocat de Moncton, appuie cette démarche. Il dit avoir accompagné les deux présumées victimes du père Dionne lors d’un processus hors cour avec le diocèse de Bathurst. Processus qui a pris fin en 2020.

Dans une lettre au maire et au conseil municipal de la Municipalité régionale de Tracadie — dont Radio-Canada a obtenu copie — il indique qu’il a représenté deux victimes du père Dionne qui ont subi des agressions sexuelles lorsqu’ils étaient enfants.

Dans sa missive envoyée le 19 janvier, René A. LeBlanc indique que le diocèse de Bathurst a indemnisé ces victimes et que les deux hommes— qui souhaitent garder l’anonymat et à qui Radio-Canada n’a pas pu parler — appuient la demande de changement de nom de l’aréna et de la piscine de Tracadie.

Le père Dionne ne mérite pas d’être célébré et nous espérons que vous allez agir de façon rapide afin de corriger ce mal, dit René A. LeBlanc dans sa lettre.

Cet avocat n’a pas souhaité nous accorder d’entrevue. Par courriel, il affirme que les abus sexuels allégués se seraient produits dans les années 1970 à Sheila.

Une demande prise au sérieux par le maire

Le maire de la Municipalité régionale de Tracadie, Denis Losier, a pris connaissance de la demande de Lowell Mallais et de la lettre de René A. LeBlanc.

Le dossier a été transmis aux conseillers juridiques de la Municipalité. Le conseil en sera avisé formellement dès lundi. Il pourrait être abordé à huis clos par les élus dès la semaine prochaine.

Denis Losier affirme qu’il prend ce dossier très au sérieux, mais qu’il ne veut surtout pas mettre la charrue devant les bœufs. Avant de prendre position ou de décider quoi que ce soit, il veut vérifier si les allégations ciblant le père Dionne sont fondées.

Denis Losier, maire de la Municipalité régionale de Tracadie

Denis Losier, maire de la Municipalité régionale de Tracadie (archives)

Photo : Radio-Canada / René Landry

Si on peut avoir ces confirmations-là, le conseil et leurs aviseurs vont procéder avec le dossier. On veut protéger la Municipalité, on veut juste être certains de faire les bonnes choses et on prend les moyens pour avancer avec des informations pertinentes, concrètes et confirmées.

Denis Losier affirme qu’il n’avait jamais eu vent d’allégations ciblant le père Stanislas A. Dionne. Il note que dans la communauté, il est vu comme un bâtisseur dont la contribution a été importante.

C’est certain que ça m’a pris par surprise. Ce n’est pas pour dire qu’on ne va rien faire en raison du legs que ce prêtre-là a laissé. S’il y a des mesures à prendre par rapport à des erreurs qui ont été faites dans le passé, on prend ça très au sérieux.

Radio-Canada a demandé une entrevue au diocèse catholique de Bathurst.

Nous lui avons aussi demandé s’il a déjà indemnisé une ou des personnes ayant été agressées sexuellement par le père Stanislas Dionne alors qu’elles étaient mineures.

Le diocèse de Bathurst n’a pas répondu à notre demande.

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