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Russes et Américains s'approchent d'une prolongation du traité New Start

Topol M, un missile russe intercontinental.

Topol M, un missile russe intercontinental

Photo : The Associated Press / Alexander Zemlianichenko

Agence France-Presse

Moscou et Washington ont fait un pas vers une prolongation in extremis pour cinq ans du traité clé de désarmement nucléaire New Start, le Kremlin disant vendredi « saluer » la proposition en ce sens de Joe Biden.

Nous ne pouvons que saluer la volonté politique de prolonger ce document à quelques jours de son expiration, le 5 février, a déclaré aux journalistes le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov.

Tout dépendra des détails de cette proposition, qui doivent encore être étudiés, a-t-il toutefois ajouté, la précédente administration américaine, celle de Donald Trump, ayant voulu poser des conditions à la prolongation du traité.

Un certain nombre de ces conditions ne nous convenaient absolument pas, alors prenons d'abord connaissance de ce que les Américains proposent et nous ferons ensuite un commentaire, a insisté M. Peskov.

Le nouveau président américain Joe Biden a proposé jeudi, au lendemain de son entrée dans ses fonctions, de prolonger de cinq ans ce traité clé de désarmement nucléaire conclu entre Washington et Moscou.

Une prolongation nécessaire, selon l'administration Biden

New Start est dans l'intérêt de la sécurité nationale des États-Unis et une telle prolongation est encore plus nécessaire quand les relations avec la Russie sont tendues, a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki au cours d'une conférence de presse.

L'administration Trump n'avait accepté qu'une prolongation conditionnelle d'un an, le temps de négocier un accord plus global incluant la Chine, mais les pourparlers avec Moscou comme avec Pékin n'avaient pas abouti.

Signé en 2010, ce traité est le dernier grand accord de réduction et de limitation du nombre des armements existants entre les anciens rivaux de la guerre froide, qui s'accusent aujourd'hui d'alimenter une nouvelle course aux armements.

Déblocage en vue

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, s'est lui aussi félicité de la proposition de Joe Biden, disant ne pas voir la prolongation du traité comme une fin, mais comme le début d'efforts visant à davantage renforcer le contrôle international des armes nucléaires.

Les accords qui couvrent plus d'armes et qui incluent plus de nations comme la Chine devraient être à l'ordre du jour à l'avenir, a-t-il ajouté dans un communiqué.

À New York, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a aussi salué la disposition des États-Unis et de la Russie à prolonger le traité de cinq ans, selon son porte-parole.

Il encourage les deux États à travailler rapidement pour achever la procédure nécessaire à cette prolongation du traité avant son expiration le 5 février, a ajouté Stéphane Dujarric.

Cette décision ouvre la voie, si la Russie qui s'y est dite favorable confirme son accord, au maintien d'un pilier essentiel de l'architecture internationale de la maîtrise des armements et du désarmement, a fait valoir de son côté le ministère français des Affaires étrangères.

Des irritants demeurent

Élu avec la promesse d'avoir une position plus sévère vis-à-vis de la Russie que son prédécesseur, Joe Biden a néanmoins parallèlement demandé aux services de renseignement américains un examen global de la récente cyberattaque géante imputée aux Russes et d'éventuelles ingérences dans les dernières élections américaines.

Cette analyse doit aussi concerner des informations parues dans la presse américaine selon lesquelles la Russie a versé des primes à des talibans pour tuer des soldats américains.

Répondant aux questions des journalistes, M. Peskov a évacué ces deux sujets et jugé que beaucoup d'argent de contribuables américains avait été dépensé pour accuser, sans succès, la Russie.

La diplomatie russe a affirmé cette semaine espérer un travail plus constructif avec Joe Biden pour la prolongation de New Start, jugeant que l'administration Trump avait quant à elle mené une campagne destinée à mettre fin au contrôle des armements.

Donald Trump a retiré les États-Unis de trois accords internationaux clés : celui sur le nucléaire iranien, le traité INF sur les missiles terrestres de moyenne portée et le traité Ciel ouvert de vérification des mouvements militaires et de limitation des armements.

La Russie a en conséquence quitté ce dernier aussi. Les relations russo-américaines sont au plus bas depuis la fin de la guerre froide, en raison de désaccords persistants sur de nombreux dossiers internationaux, d'accusations américaines d'ingérence russe dans les élections ou de cyberattaques de grande ampleur.

Signé en 2010, le traité New Start sur les armes nucléaires stratégiques (celles ayant la portée la plus longue) limite les arsenaux de la Russie et des États-Unis à un maximum de 1550 ogives déployées pour chacun de ces deux pays, soit une réduction de près de 30 % par rapport au plafond précédent fixé en 2002.

Il limite aussi le nombre des lanceurs et des bombardiers lourds à 800, ce qui reste suffisant pour détruire la Terre plusieurs fois.

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