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Le marché de l’immobilier n’en finit plus de battre des records dans Windsor-Essex

Un chantier de construction de nouvelles habitations.

Le marché de l'immobilier pourrait ne pas se calmer de sitôt dans Windsor-Essex.

Photo : Matéo Garcia-Tremblay

Le marché de l'immobilier s'envole dans la région de Windsor-Essex. Le prix moyen des maisons résidentielles est en progression de 35,6 % en décembre 2020 par rapport à décembre 2019.

Cette progression est en partie soutenue par les capitaux injectés par les investisseurs immobiliers, selon Katia Augustin, courtière immobilière à Windsor.

On voit beaucoup de gens de l’extérieur. Je travaille avec des investisseurs de Toronto présentement qui veulent investir à Windsor, parce que le marché est encore abordable. Malgré les augmentations du prix moyen, c’est encore abordable par rapport à d’autres villes de plus grande taille.

Ils viennent ici, veulent investir, sont prêts. Beaucoup arrivent avec du "cash". Ils n’ont même pas besoin de financement.

Katia Augustin

Aussi, il y a des investisseurs locaux qui ont un grand pouvoir d’achat. Et puis en dernier lieu, on voit des gens d’ici qui veulent habiter dans ces maisons-là, explique-t-elle.

Il y a quelques années encore, Windsor-Essex n’attirait pas particulièrement les acheteurs. Des villes telles que Toronto se réservaient leur attention. Désormais, le marché est tel qu’il est de moins en moins à la portée des premiers acheteurs.

Environnement hostile aux premiers acheteurs

Avec ses augmentations soutenues depuis quelques années, Windsor-Essex rattrape progressivement son retard par rapport au marché immobilier des grandes villes de la province.

Cette situation profite allègrement aux vendeurs, mais complique les rêves de nombreux premiers acheteurs, selon Mme Augustin. C’est difficile et ça devient de plus en plus difficile [pour les premiers acheteurs]. Ça ne va pas en s’améliorant. Ça prend du temps [en raison] de la surenchère, explique-t-elle.

Katia Augustin répond à des questions.

Pour Katia Augustin, le marché de l'immobilier est surtout favorable aux vendeurs.

Photo : Matéo Garcia-Tremblay

Selon elle, les batailles d'enchères deviennent courantes dans Windsor-Essex. Il y a quelques jours, je travaillais sur un dossier, une maison dans un quartier prisé qui a été mise en vente à 199 000 $. Elle s’est finalement vendue à 365 000 $. Et dans un quartier moins prisé, une maison de 199 000 $ s’est vendue à 335 000 $. [...] Vous voyez des gens qui veulent acheter leur première maison et qui se disent : "C’est 199 000 $, on va aller voir. Et puis finalement, avec toutes les offres qui entrent, ça monte à 335 000 $ ou 365 000 $, ajoute-t-elle.

Mme Augustin explique que la situation est d’autant plus complexe pour les premiers acheteurs que le marché pourrait ne pas se calmer de sitôt. Personne n’a une boule de cristal, personne ne sait quand ça va redescendre ou se stabiliser, précise-t-elle.

Rupture de stock

Les prévisions faites par les firmes RE/MAX et Royal LePage, expertes dans les questions immobilières, valident les propos de Mme Augustin. Elles indiquent que le marché de l’immobilier restera fort en 2021 dans Windsor-Essex.

De façon globale, les prix dans la région n’ont cessé de croître au fil des mois. Selon l'Association des courtiers en immobilier du comté de Windsor-Essex, le prix moyen d’une maison résidentielle en décembre 2020 était de 453 479 $. Il était de 229 671 $ en avril 2019. En juillet 2020, celui-ci était de 401 465 $.

En attendant d’autres maisons sur le marché, [...] ça va prendre du temps avant que ça ne se stabilise.

Katia Augustin

Si les investisseurs sont, en partie, à l’origine de la flambée des prix, l’inventaire est également problématique, selon Mme Augustin. La demande est beaucoup plus grande que ce qu’on a à offrir. L’inventaire résidentiel en ce moment est minuscule par rapport à tous les gens qui veulent acheter, explique-t-elle.

Une maison neuve à Windsor-Essex.

Les maisons neuves ne sont pas non plus à la portée des tous les premiers acheteurs.

Photo : Matéo Garcia-Tremblay

Il y a beaucoup de construction en ce moment. [...] Quand on parle de maisons neuves, ici, c’est 500 000 $ et plus. Donc je ne sais pas si ça va régler le problème des premiers acheteurs ou des acheteurs locaux qui veulent acheter pour s’installer, ajoute-t-elle.

Un secret désormais bien connu

Partout au Canada, la pandémie a poussé des gens à chercher plus d’espace. Certaines de ces personnes ont opté pour de plus petites villes, puisque l'immobilier y est généralement plus abordable.

Pour Mme Augustin, si ce phénomène a aidé le marché de Windsor-Essex dans sa progression, il est toutefois venu se greffer sur une tendance déjà existante.

Windsor, pendant un très long moment, était le secret le mieux gardé de l’Ontario. Les gens se sont rendu compte que le coût de la vie ici est super abordable par rapport à Toronto, par rapport même à London, explique-t-elle.

Le marché de l’immobilier de Windsor-Essex pourrait donc continuer à grimper pendant des mois encore, selon Mme Augustin : La technologie facilite beaucoup les choses. Maintenant il y a beaucoup de visites qui sont faites virtuellement. On communique avec nos clients virtuellement. Je leur fais signer des documents virtuellement. Je pense que les gens sont tellement habitués maintenant à utiliser la technologie que c’est pas vraiment un gros problème.

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