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L'industrie du divertissement demande une révision des règles sanitaires

Une salle de cinéma vide.

Le cinéma Dunbar Theater.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Wildinette Paul

Les restaurants sont ouverts en Colombie-Britannique, tout comme les bars et les gyms, mais les spectacles de musique, les galas ou les présentations de films dans les cinémas sont suspendus. Des acteurs du milieu du divertissement et des arts peinent à comprendre pourquoi et demandent au gouvernement d'assouplir les règles sanitaires.

Ken Charko, le propriétaire du Dunbar Theater et un directeur à l’Association des cinémas au Canada, craint que les restrictions soient fatales pour certaines entreprises de son milieu.

Donnez-nous quelque chose, sinon vous allez nous perdre.

Ken Charko, propriétaire du Dunbar Theater

Ken Charko souhaite que le gouvernement offre aux cinémas un plan afin de leur permettre de garder leurs portes ouvertes.

Ken Charko devant une affiche, au pied de l'escalier du Dunbar Theater.

Ken Charko est le propriétaire du Dunbar Theater.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Il avance que ce type de divertissement est bénéfique pour la santé mentale. Peut-être que ce ne sera pas avec 50 personnes, peut-être que ce sera 25 ou 12, mais il faut nous donner quelque chose.

Sentiment d’injustice

En Colombie-Britannique, les restaurants, les bars et les centres de conditionnement physique, par exemple, peuvent rester ouverts. Ces établissements ont le droit d’accueillir des clients s’ils ont mis en place un plan de sécurité lié à la COVID-19 et un plan sanitaire pour leurs employés.

Nous sommes la place la plus sécuritaire pour des sorties de divertissement et nous sommes fermés, croit le propriétaire du Dunbar Theater. Cet auditorium de 5000 pieds carrés ne peut pas avoir 5 personnes assises en train de regarder un film, mais un restaurant de 400 pieds carrés peut. Cela n'a aucun sens pour moi.

De son côté, le comédien et professeur en performance Marc-Anthony Massiah pense qu’il y a une iniquité dans le traitement réservé à l'industrie du divertissement. Les décisions sont nécessaires, indique-t-il. Le problème c’est qu’elles ne sont pas constantes, dépendamment de l’industrie dans laquelle tu te trouves.

C’est un peu frustrant, quand même, parce que pour nous, les acteurs et les artistes, c’est notre vie.

Marc-Anthony Massiah, comédien

Pour la directrice de production Alexia Droz, il est dommage que le feu vert n’ait pas encore été accordé aux théâtres ou aux cinémas.

Il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas mettre 20 ou 30 personnes dans une salle de cinéma pour qu’ils regardent un film pendant une heure et demie, soutient-elle. À condition que les systèmes sécuritaires et sanitaires soient en place.

J’espère que la province peut mettre en place un protocole de sécurité pour permettre à ces établissements d'ouvrir, ajoute-t-elle.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
La salle vide de spectateurs du cinéma Dunbar à Vancouver

Les salles de cinéma souhaitent rouvrir leurs portes

Photo : Radio-Canada

Innovation et annulation

Devant les mesures provinciales, le Rio Theatre, à Vancouver, a décidé de changer de vocation. L’endroit se transformera en un bar sportif.

Le Dunbar Theater, quant à lui, tente de maximiser la vente de maïs soufflé, de bonbons et de beignets. Le cinéma prévoit aussi de créer des espaces privés pour manger tout en regardant un événement sportif, par exemple.

La compagnie de théâtre francophone La Seizième a, pour sa part, été contrainte d'annuler son spectacle Violette.

Diminuer le risque

Les restrictions imposées s'appuient sur le risque d’exposition, souligne le Dr Tom Koch, un professeur adjoint en géographie médicale à l’Université de la Colombie-Britannique.

Le virus aura plus de chance de se transmettre si on a plus de personnes rassemblées dans un petit espace. Le type de système de ventilation fait aussi partie du calcul, mais il n’y a pas de règle absolue, souligne le Dr Koch.

Selon le directeur médical du Centre des maladies infectieuses de Vancouver, le Dr Brian Conway, l’objectif des mesures n’est pas d’exclure un secteur, mais bien de limiter des activités à plus haut risque.

Il croit toutefois que les discussions à propos des restrictions doivent se poursuivre. On prend de grandes décisions qui sont peut-être englobantes et qui ne rendent peut-être pas justice à chaque comportement. Je pense que, surtout si la courbe continue à s'aplatir, il va avoir lieu de revisiter des décisions.

Le docteur Brian Conway devant un étalage de dossiers médicaux

La réduction du nombre de nouvelles infections devrait conduire les autorités à repenser les restrictions, croit le Dr Brian Conway.

Photo : Radio-Canada/Geneviève Milord

Le Dr Conway souligne que la compréhension des restrictions est nécessaire parce qu’à un moment donné, [si] les gens ne comprennent pas, [ils] vont adopter des comportements qui sont, malheureusement, à plus haut risque, dit-il.

Des changements à venir ?

Le ministre provincial de la Santé, Adrian Dix, assure que les décisions ne sont pas prises à la légère. Il reconnaît toutefois que les restrictions imposées à des industries, y compris celles des arts, des théâtres et des spectacles en direct posent des problèmes supplémentaires à des entreprises déjà marquées par la COVID-19.

Adrian Dix devant un lutrin, avec la Dre Bonnie Henry qui le regarde, en arrière-plan.

Le ministre de la Santé et des Affaires francophones de la Colombie-Britannique, Adrian Dix, fait le point sur la COVID-19 dans la province.

Photo : Radio-Canada / MIKE MCARTHUR/CBC

Il soutient que le gouvernement continuera d'écouter les commentaires de la communauté et des intervenants et ajustera sa réponse pour soutenir les entreprises au besoin.

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