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Tandem et la confusion des genres inquiètent les journalistes de Radio-Canada

Un téléphone, une tablette et un ordinateur affichent du contenu de Radio-Canada.

Le service promotionnel Tandem, de CBC/Radio-Canada, suscite des inquiétudes parmi les journalistes.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le service publicitaire de contenu de CBC/Radio-Canada, Tandem, crée un « un malaise profond » et « menace la crédibilité du diffuseur public », a déploré le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Radio-Canada (STTRC), qui représente près de 3000 travailleurs au Québec et à Moncton.

Les menaces à la crédibilité de la Société Radio-Canada sont bien réelles et les engagements de la direction, insuffisants, a expliqué le président du syndicat, Pierre Tousignant, en cette dixième journée d'audience devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Il a cité l'exemple du Collège Universel. En cherchant sur Internet de l'information sur son campus de Gatineau, un usager pourra consulter des publireportages diffusés sur les plateformes de Radio-Canada et des textes de journalistes d'enquête du même média sur les méthodes de recrutement d’étudiants étrangers.

Cette confusion des genres est problématique, selon la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC) et le STTRC.

L’usager moyen ne fait pas toujours la différence entre un texte provenant du service de l’information et un texte de nature publicitaire, a expliqué M. Tousignant. On doit réglementer cet espace qui, à certains égards, a des allures de Far West.

Cette confusion est extrêmement dangereuse.

Pierre Tousignant, président du STTRC

La semaine dernière, la direction du diffuseur public a défendu ce service en assurant que des mesures avaient été prises pour éviter la confusion.

La FNCC et le STTRC ont aussi soulevé des préoccupations au sujet de l'application des Normes et pratiques journalistiques (NPJ). La direction de l'information de Radio-Canada soutenait la semaine dernière que ces règles, qui régissent le travail des journalistes, sont en place pour assurer la confiance du public.

Par contre, les syndicats disent constater une application déficiente sur les plateformes numériques, comparativement à ce qui s’observe à la radio, à la télévision ou sur la chaîne [ICI] RDI.

Ils expliquent que les journalistes sont soumis, peu importe la plateforme, à l’intégralité des NPJ. Par contre une bonne partie du personnel en ondes ou qui écrit sur les plateformes numériques n’est soumise qu’à une version allégée des NPJ.

Les auditeurs et auditrices n’ont pas la possibilité de savoir lesquels des contenus sont produits et édités en vertu d’une application intégrale des NPJ et lesquels le sont en vertu d’une application partielle des NPJ, a soutenu M. Tousignant.

Une caméra de reportage portant le logo de Radio-Canada.

Des producteurs veulent que Radio-Canada ait une obligation pour la production en région québécoise.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Plus de contenu produit au Québec, mais hors Montréal

La Table de concertation de l’industrie du cinéma et de la télévision de la Capitale-Nationale, qui regroupe une quarantaine de maisons de production, d’associations et d’organismes situés dans la région de Québec, a demandé au CRTC de mettre en place une nouvelle obligation pour la production en région québécoise.

Elle demande d’ajouter, aux conditions de licence de Radio-Canada, une exigence de dépenses auprès des producteurs indépendants d’au moins 12 % dans les régions du Québec, hors Montréal.

Nous méritons, tout comme les producteurs des communautés de langue officielle en situation minoritaire, de pouvoir bénéficier du soutien du diffuseur public national, a soutenu Nancy Florence Savard, coprésidente de la Table.

Elle explique que 20,75 % des budgets de production d’émissions d’intérêt national (EIN) de Radio-Canada ont été affectés à l'extérieur de Montréal, dont 6,4 % au Québec et 14,35 % hors Québec.

Le déséquilibre aux dépens des producteurs des régions du Québec est flagrant et difficilement justifiable.

Nancy Florence Savard, coprésidente de la Table de concertation de l'industrie du cinéma et de la télévision de la Capitale-Nationale

Elle a aussi appuyé les demandes faites jeudi par l'Association québécoise de la production médiatique.

Le financement public de 1,2 milliard de dollars que lui accorde le gouvernement doit permettre à Radio-Canada d’investir dans la production d’émissions de genres diversifiés et de projets innovants, et de les offrir au plus large public, a affirmé Mme Savard.

Selon elle, le CRTC doit établir les exigences historiques de diffusion d’EIN aux heures de grande écoute à au moins 10 heures par semaine. Actuellement, la chaîne généraliste de Radio-Canada doit en diffuser au moins sept heures. Elle demande toutefois de réduire cette obligation à six heures.

La Table demande aussi que les licences soient renouvelées, mais seulement pour un an ou deux, notamment parce que le gouvernement modifiera bientôt la Loi sur la radiodiffusion, ce qui donnera plus de pouvoir au CRTC pour réglementer les plateformes en ligne.

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