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Des progrès, mais pas assez pour lever les restrictions à Montréal

Une femme masquée marche sur un trottoir quasi-désert à Montréal.

Malgré les progrès, la santé publique de Montréal prévient qu'il y a hausse des éclosions dans certains quartiers chauds.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Les efforts des citoyens de la région montréalaise pour endiguer la progression de la COVID-19 commencent à porter fruit, mais il est encore trop tôt pour relâcher les mesures sanitaires. Le confinement se poursuivra donc au moins jusqu’au 8 février, comme prévu.

Les mesures "populationnelles" mises en place semblent faire effet dans le Grand Montréal et à Montréal, a déclaré la directrice régionale de santé publique de Montréal, Mylène Drouin. Il y a une baisse constante des nouveaux cas [de COVID-19].

Je suis heureuse de voir que les efforts que l’on fait – dont le couvre-feu, la fermeture des commerces et la diminution des contacts – portent fruit. Nous avons encore quelques semaines à faire des efforts.

La Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal

Bien que les nouveaux cas d’infection diminuent dans tous les groupes d’âge, la Dre Drouin précise que la situation demeure préoccupante au sein de la population de 85 ans et plus. C’est ce qui explique le nombre élevé de nouveaux décès cette semaine. La rentrée scolaire entraîne aussi son lot de contaminations.

Gros plan de la Dre Mylène Drouin.

La directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ainsi, ce sont 23 écoles – primaires et secondaires – qui vivent de petites éclosions, précise la Dre Drouin. Elle entend intensifier le dépistage des 12-17 ans en raison de leur taux élevé de positivité. Elle demande également aux parents de ne pas attendre 24 heures après l’apparition des symptômes pour faire passer un test à leur enfant, mais de le faire dès l’apparition des premiers symptômes.

Pas de répit pour les travailleurs de la santé

La présidente et directrice générale du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, Sonia Bélanger, souligne que 696 patients sont toujours hospitalisés dans la grande région de Montréal, dont 112 occupent des lits aux soins intensifs. C’est une légère diminution d’une quarantaine de patients par rapport à la semaine dernière, explique-t-elle.

Ce n’est pas terminé, malgré les bonnes nouvelles que l’on entend. La tension est toujours très présente dans les hôpitaux.

Sonia Bélanger

Les hôpitaux sont à pleine capacité présentement, poursuit Mme Bélanger. On a réduit le nombre de chambres afin que les patients COVID-19 soient isolés. Le réseau hospitalier est encore assez congestionné.

Un taux d’infection trop élevé

Le taux de nouveaux cas par 100 000 habitants était de 46 au début du mois de janvier; il est par la suite tombé à 37. Cette semaine, la tendance se maintient, et nous devrions descendre sous la barre des 30 cas [par 100 000 habitants], a poursuivi la Dre Mylène Drouin.

Les taux de nouveaux cas par 100 000 habitants demeurent très élevés même sous la barre des 30 cas. On est bien au-delà d’une situation confortable.

La Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal

La directrice de santé publique de Montréal rappelle que le seuil de la zone rouge est fixé à 10 nouveaux cas par 100 000 habitants.

Tout en refusant de se prononcer sur une éventuelle prolongation de la période de confinement (qui doit prendre fin le 8 février), la Dre Drouin souligne que le nombre de nouveaux cas est encore très élevé. Elle explique devoir attendre les données des prochaines semaines avant de prendre une décision, mais elle prépare le terrain pour une prolongation du confinement en insistant sur le nombre élevé de nouveaux cas par 100 000 habitants.

Au cours des sept derniers jours à Montréal :

  • 4651 nouveaux cas
  • 93 nouveaux décès
  • 8,8 % pour ce qui est du taux de positivité
  • 1 % pour ce qui est du taux de reproduction
  • 50 000 tests de dépistage

La Dre Mylène Drouin note que le nombre de quartiers avec un taux de positivité supérieur à 10 % est passé de 25 au début du mois de janvier à 12 la dernière semaine. Elle entend intensifier la lutte contre la COVID-19 dans les quartiers chauds en mettant les tests de dépistage rapide à contribution. Ces tests sont performants lorsque les patients sont symptomatiques.

La direction de santé publique souhaite collaborer avec les milieux communautaires afin de diffuser l’information sur la disponibilité des tests de dépistage, de démystifier les craintes face aux tests et de transmettre l’information dans la langue de la population.

Les facteurs environnementaux [dans les quartiers chauds] rendent plus difficile le respect des mesures sanitaires.

La Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal

Ce n’est pas une surprise : ce sont les mêmes [quartiers] que lors de la première vague, et on s’est préparés tout l’été. Il clair que ce n’est pas parce que les gens ne veulent pas respecter les mesures sanitaires, explique la Dre Drouin. Elle souligne que les gens de ces quartiers sont souvent plus nombreux dans une même résidence, comptent de nombreux travailleurs essentiels et utilisent les transports en commun.

Les éclosions à Montréal au cours des sept derniers jours :

  • 400 éclosions
  • 179 en milieu de travail
  • 23 écoles primaires et secondaires
  • 35 milieux de garde
  • 140 dans le réseau de la santé

Le virus et l’itinérance

Nous avons été bouleversés par la fin tragique de Raphaël André, décédé dans un contexte difficile, a déclaré Mylène Drouin en faisant référence à cet itinérant d’origine innue mort de froid au centre-ville de Montréal. L'homme a tenté de se réchauffer dans une toilette chimique parce que le refuge qu’il avait l’habitude de fréquenter a été fermé en raison d’une éclosion de COVID-19.

Raphaël André, décédé dans la nuit de samedi à dimanche.

Raphaël André, décédé dans la nuit de samedi à dimanche

Photo : Courtoisie John Tessier/The Open Door

La santé publique déplore 192 nouveaux cas de COVID-19 au sein de la population itinérante et 82 chez les travailleurs travaillant auprès de ces personnes. Mme Drouin souligne que les enquêtes épidémiologiques sont toujours en cours et qu’elles sont plus difficiles à faire en raison de la mobilité de la clientèle.

Un nouveau centre sera ouvert la semaine prochaine afin d’accueillir les personnes en situation d’itinérance pour qu’elles puissent réussir à se confiner pendant les 14 jours de leur quarantaine.

En dépit des problèmes d’approvisionnement en vaccin – Pfizer ne livrera aucune dose à Montréal la semaine prochaine –, la vaccination se poursuit au sein de cette population et dans le milieu de la santé. Plus de 1000 doses ont été réservées pour la population itinérante, au sein de laquelle 397 personnes ont déjà été vaccinées; 206 travailleurs qui œuvrent auprès de cette clientèle ont également reçu leur vaccin.

Une travailleuse de la santé tient une seringue contenant le vaccin.

Les résidents et les travailleurs des CHSLD ont été vaccinés.

Photo : Rogers/Radio-Canada

La vaccination est terminée dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Résidents et travailleurs de la santé ont reçu leurs doses de vaccin. Les travailleurs de la santé qui sont en contact avec des patients atteints du coronavirus sont les prochains sur la liste des priorités de la santé publique. Ainsi, ce sont 65 000 infirmières, préposés, docteurs et membres du personnel de soutien qui seront vaccinés dans les prochaines semaines.

La santé publique précise qu'elle vaccinera les gens la semaine prochaine malgré l'absence de vaccins livrés, mais que la vaccination sera ralentie au cours de la semaine suivante. Nous allons nous ajuster en fonction des livraisons de vaccins, a conclu Mylène Drouin.

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