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Le second procès en destitution de Trump débutera dans la semaine du 8 février

Chuck Schumer, la bouche couverte d'un masque.

Le leader de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a annoncé l'échéancier convenu avec le camp républicain en vue du procès en destitution de l'ex-président américain Donald Trump.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Radio-Canada

Les premiers arguments en faveur de la destitution de Donald Trump, qui est accusé « d’incitation à l’insurrection », devraient être entendus par le Sénat américain dans la semaine du 8 février.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, en a fait l’annonce vendredi, au terme de discussions avec le chef des républicains à la chambre haute, Mitch McConnell.

Selon l’échéancier convenu, l'acte d'accusation sera transmis au Sénat lundi soir prochain. Les sénateurs prêteront serment le lendemain. Les deux parties auront par la suite le temps de se préparer en vue du procès.

Le 2 février, l'ex-président devra présenter sa réponse à l'acte d'accusation, tandis que les représentants devront dévoiler les éléments de preuve qu'ils comptent évoquer.

Viendra ensuite le tour des avocats de M. Trump, le 8 février. Le même jour, la Chambre des représentants devra présenter sa réplique à la réponse de l'ex-président.

Et le 9 février, les plaidoiries d'ouverture pourront s'amorcer.

Le procès se trouve donc repoussé d'au moins deux semaines, ce qui doit donner le temps à la chambre haute de confirmer les nominations de Joe Biden au sein de son administration. Un argument qu'avait évoqué Mitch McConnell afin de retarder le début des débats. Le républicain avait ainsi fait valoir qu'il était dans l'intérêt de l'administration Biden d'attendre.

La mise en accusation par la Chambre a été plus rapide et minimaliste que jamais. L'étape suivante ne peut pas être un procès insuffisant au Sénat, avait-il insisté, plaidant pour que le procès ne débute pas avant la mi-février.

Les républicains voulaient s'assurer que les prochaines étapes entreprises par le Sénat se fassent dans le respect des droits de l'ex-président Trump, de cette institution qu'est le Sénat et du bureau de la présidence. Notre objectif a été atteint.

Doug Andres, porte-parole de Mitch McConnell

Joe Biden, qui a indiqué à maintes reprises que les modalités du procès étaient entre les mains du Congrès, a réagi vendredi au consensus trouvé par les deux camps. Plus nous avons de temps pour nous préparer, mieux c'est, a-t-il indiqué aux journalistes.

Un peu plus tôt dans la journée, la cheffe de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, avait fait savoir que les neuf procureurs du camp démocrate étaient prêts à défendre leur dossier devant les 100 sénateurs qui serviront de juges pendant le procès.

Ces procureurs, qui sont en réalité des élus démocrates de la Chambre menés par Jamie Raskin, traverseront donc les couloirs du Congrès, lundi, pour apporter l'acte d'accusation dans l'hémicycle du Sénat, où ils le liront aux sénateurs.

Les démocrates se sont dits déterminés à boucler ce procès rapidement, jugeant qu'il ne serait peut-être même pas nécessaire d'appeler des personnes à témoigner, les procureurs ayant été eux-mêmes témoins de la tentative d'insurrection au Capitole.

L'un des procureurs, le représentant de la Californie Ted Lieu, a expliqué vendredi que les démocrates auraient préféré concentrer leurs énergies à faire adopter de nouvelles lois. Mais nous ne pouvons pas ignorer ce qui s'est produit le 6 janvier dernier, a-t-il déclaré.

Donald Trump est accusé d'avoir encouragé ses partisans à se lancer à l'assaut du Capitole, au moment où les élus du Congrès certifiaient la victoire de son rival démocrate à la présidentielle.

Vous ne reprendrez jamais notre pays en étant faibles. Vous devez montrer de la force et vous devez être forts, avait-il lancé à ses partisans quelques instants avant qu'ils n'envahissent le Capitole. Cinq personnes sont mortes dans cette attaque.

Butch Bowers contre les démocrates

Butch Bowers pose en tenue officielle de la Garde nationale aérienne, un drapeau américain derrière lui.

L'avocat de la Caroline du Sud, Butch Bowers, de son vrai nom Karl S. Bowers fils, représentera l'ex-président Donald Trump dans son deuxième procès en destitution.

Photo : U.S. AIR FORCE via Reuters / U.S. AIR FORCE

L'ex-président américain a choisi l'avocat Butch Bowers pour assurer sa défense. Spécialisé en processus électoral et en éthique, M. Bowers est une figure connue des cercles républicains.

Traiter un dossier d'une telle envergure constituera une première dans sa carrière.

Lors de son premier procès en destitution, M. Trump s'était entouré d'une foule d'avocats, dont Alan Dershowitz, Kenneth Starr et Jay Sekulow, qui le représentaient dans l'enquête sur la Russie.

Selon ce dernier, Butch Bowers peut compter sur des années d'expérience durant lesquelles il a représenté nombre d'élus et de personnalités politiques dans la tourmente.

Parmi les causes qu'il a défendues, on trouve celle de l'ancien gouverneur de la Caroline du Sud Mark Sanford, qui a échappé à une procédure de mise en destitution.

C'est un excellent avocat avec une excellente réputation qui comprend le droit et la politique, a assuré M. Sekulow, vendredi.

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Donald Trump est devenu le premier président de l'histoire des États-Unis à être mis en accusation deux fois par la Chambre des représentants.

Le premier de ces procès avait été lancé à la fin de 2019, après que M. Trump eut été accusé d'avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur le fils de Joe Biden. Le Sénat, contrôlé par les républicains, l'avait rapidement acquitté.

Or, cette fois-ci, des élus républicains se sont montrés très critiques à l'égard de Donald Trump. Même Mitch McConnell, qui avait été l'un de ses plus solides alliés pendant sa présidence, a indiqué qu'il n'excluait pas de le juger coupable.

Selon les règles stipulées dans la Constitution, un seuil des deux tiers des voix est requis pour qu'un président soit condamné. Il faudrait donc que 17 sénateurs républicains se rallient aux 50 démocrates pour que cette majorité soit atteinte.

Si le Sénat venait à déclarer Donald Trump coupable, ce dernier ne pourrait être destitué, mais il deviendrait alors inéligible au poste de président des États-Unis; un nuage qui viendrait assombrir son projet potentiel de briguer l'investiture de la Maison-Blanche une nouvelle fois, à la présidentielle de 2024.

Avec les informations de Agence France-Presse

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