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Les policiers d’Edmonton seront tous formés sur les préjugés inconscients

De nombreux Edmontoniens avaient décrit des situations où ils s’étaient sentis discriminés par la police lors d’audiences municipales, cet été.

Dale Mcfee s'adresse aux médias devant une murale à l'effigie du service de police d'Edmonton.

Le chef Dale McFee promet de former tous ses agents sur les risques des préjugés inconscients.

Photo : Radio-Canada / Richard Marion

Radio-Canada

Une formation sur les préjugés inconscients est désormais obligatoire pour tous les employés du Service de police d’Edmonton (EPS). Il s’agit d’une des premières étapes dans une série de mesures contre la discrimination promises par le corps policier.

Le nouveau module d’apprentissage en ligne vise à inciter les employés à réfléchir sur leurs préjugés et la façon dont ceux-ci influent sur leur travail, ainsi qu’à leur donner des stratégies pour les gérer.

L’EPS veut s’assurer que tous ses agents suivent la formation, qui sera parla suite offerte à tous les employés civils.

Il est impossible d'éliminer tous les préjugés, mais il est essentiel que les gens comprennent leurs effets pernicieux et les conséquences involontaires qu’ils peuvent produire, explique Matthew Cheung, analyste de méthodes dans la division Équité, inclusion et droits de la personne à l’EPS.

C’est particulièrement important pour ceux qui travaillent dans les services de police, qui ont un pouvoir dans la société et la capacité de prendre des décisions discrétionnaires.

Devant la commission de police, mercredi, Matthew Cheung a expliqué que les préjugés inconscients peuvent, par exemple, influer sur la perception du danger que représente un individu, les questions qui lui seront posées et le fait qu'il sera arrêté ou non.

Il a cité de nombreuses études qui prouvent que ce phénomène touche particulièrement les personnes noires, autochtones ou faisant partie d'une autre minorité visible.

Des changements exigés

L’été dernier, lorsque le conseil municipal d’Edmonton a tenu des audiences sur la question du financement de l’EPS, des dizaines de particuliers et d’organisations ont dénoncé des pratiques jugées racistes et dépassées au sein du service.

Plusieurs plaintes concernaient les contrôles d’identité. La police se défend de les faire sans raison légitime, mais selon ses propres données, les personnes noires et autochtones sont les plus souvent visées, et ce, d'une façon disproportionnelle.

D’autres ont soulevé le fait qu'il y a peu de diversité au sein des hauts rangs de l’EPS.

En mai 2020, 11 % de ses 1849 agents déclaraient appartenir à une minorité visible.

Une étape d'une stratégie plus large

Une formation sur les préjugés existe depuis 2012 à l’EPS, mais seulement pour les nouvelles recrues. Le nouveau module, qui est obligatoire pour tous, a été créé avec la participation d’organisations à but non lucratif qui travaillent particulièrement avec des personnes appartenant à une minorité.

L’EPS dit par ailleurs que ces formations ne sont qu'une étape d’une stratégie plus vaste pour améliorer ses relations avec les populations marginalisées.

Cette stratégie comprend entre autres la création d’un guide sur le langage inclusif et la publication de nombreuses ressources informatives sur l’inclusion, les questions autochtones et la communauté LGBTQ.

Cela ne se fera pas en une seule fois en se disant que le travail est accompli. Cela doit être au centre de nos activités et ça restera une priorité , dit le chef de police d’Edmonton, Dale McFee.

Avec des informations d'Andrew Jeffrey

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